ÉTHER DE L'ALCOOL SECONDAIRE OU IS0PR0PYLIQUE
Syn. : Chlorure d’isopropyle.
11 prend naissance en même temps que son isomère dans l’action du chlorure de mercure sur le propylène iodé.
Il bout à 56°-38° ; sa densité à 10° est égale à 0,874. (Linnemann.)
Le chlore à la lumière solaire engendre deux isomères de formule (G6fl6Cl2) : il se forme principalement de l’acétone chlorée ou méthylchloracétal bouillant à 70°, et secondairement du chlorure de propylène bouillant à 96°. Avec le
342 EKCÏCLOPÉDIE CHIMIQUE.
chlorure d’iode à 120°, on n’obtient que du chlorure de propylène. (Friedel et Silva.)
ÉTHERS PROPYLBROMHYDRIQUES
Form.
Éq. : C6H6(HBr).
At. : C5H7. Br.
ÉTHER DE L’ALCOOL PRIMAIRE NORMAL
Syn. : Bromure de propyle normal. Hydrure de propylène monobromé.
Préparation. — 1. Ou chauffe l’alcool propylique normal avec de l’acide bromhydrique concentré à 120°.
Il bout à 70°, 8. Densité à 0°= 1,388; à 16°= 1,3577 ; à 20° = 1,352. (Linnemann.)
2. On mélange 100 p. d’alcool propylique normal et 15 p. de phosphore rouge ; on ajoute peu à peu 140 p. de brome et on distille.
Le produit recueilli est précipité par l’eau, lavé, et séché comme l’éther éthylbromhydrique. (Pierre et Puchot.)
Propriétés. — Liquide très mobile d’une odeur éthérée et alliacée à la fois. Il bout à 70°, 82 (Linnemann) à 72° (Pierre et Puchot). Densité à 0°= 1,3497; à 30*= 1,301.
Il donne avec le brome du propylène bromé C6H6Br2. (Linnemann.)
Chauffé à 100° en vase clos avec 30 vol. d’eau, il donne de l’alcool isopropylique. Chauffé en tubes scellés à 280° pendant dix heures, il se transforme presque totalement en bromure d’isopropyle bouillant à 60°-63°. (Aronstein.) Soumis à l'ébullition dans un appareil à reflux en présence du bromure d’aluminium bien exempt de brome, il donne lieu à la même transformation isomérique. (Kékulé et Schrôtter.)
Dans toutes ces expériences, le bromure de propyle normal, se dissociant en propylène et acide bromhydrique, fournit par la combinaison de ces deux corps du bromure d’isopropyle qui, au bout d’un temps suffisamment long, devient le seul produit de la réaction. C’est pour cette raison que l’on obtient le même cumène, la même propylbenzine, en faisant agir la benzine en présence du bromure d’aluminium sur le bromure de propyle normal ou secondaire. (Gustavson.)
ÉTHER DE L’ALCOOL SECONDAIRE
Syn. : Bromure d'isopropyle.
I prend naissance comme on vient de le voir lorsqu’on chauffe à 280° l’éther normal, ou lorsqu’on fait bouillir ce dernier au réfrigérant ascendant avec du bromure d’aluminium.
II prend encore naissance lorsqu’on fait agir avec précaution le brome, en
présence du bromure d’aluminium, sur le cymène. La réaction se passe en deux phases : il se forme d’abord une combinaison, par simple addition, du bromure d’aluminium avec le cymène, combinaison qui a pour formule 2AI2Br3. 3C20HU et qui se transforme sous l’influence du brome en toluène pentabromé et bromure d’isopropyle. Le bromure d’aluminium mis en liberté peut alors se combiner à de nouvelles quantités de cymène et recommencer le même cycle de réaction. (Gustavson.)
Il bout à 60°-63°. Densité à 13°= 1,320. (Linnemann.)
ÉTHERS PROPYLIODHYDRIQUES
Form.
Éq. : G6H6(1I1).
At. :
ÉTHER DE L’ALCOOL PRIMAIRE NORMAL
Syn. : Iodure de propyle. Hydrure de propylène monoiodé.
Il prend naissance, en même temps que le chlorure de propyle normal, dans l’action de l’acide iodhydrique gazeux sur l’épichlorhydrine (Silva).
Préparation. — On le prépare comme l’éther bromhydrique.
Propriétés. — Il bout à 102°, 2 (corr.). Densité à 0°= 1,784; à 16° = 1,747. (Linnemann.)
Il se transforme en iodure d’isopropyle lorsque on le chauffe à 280° (Silva).
Chauffé à 100° avec 6 volumes d’eau, il se dédouble partiellement (36 %) en acide iodhydrique et alcool propylique normal. Chauffé au bain-marie avec de l’oxyde de mercure ou d’argent, il fournit de l’éther propylique normal bouillant à 82°-86°, accompagné d’un peu d’alcool propylique normal et de propylène. (Linnemann.)
Chauffé à 80° en présence d'un élément zinc-cuivre, il se change en zinc-propyle bouillant à 146° (Gladstone et Trife).
Traité par un alliage renfermant 95 pour 100 d’étain et 5 pour 100 de sodium, il donne naissance à un mélange d’iodure de stannopropyle et d’iodure de stannotripropyle (Cahours) (V. Radicaux organo-métalliques).
ÉTHER DE L’ALCOOL SECONDAIRE
Syn. : Iodure d'isopropyle.
Il se forme : dans la distillation du propylglycol avec l’acide iodhydrique (Wurtz) ; par l’union directe du propylène avec l’acide iodhydrique (Berthelot) ; par la réaction de l’acide iodhydrique sur l’iodure d’allyle (Simpson), sur le chloroiodure de propylène (Sorokin), sur l’acétone, sur le chlorure d’isopropyle. (Silva.)
Préparation. On le prépare en faisant réagir l’acide iodhydrique naissant sur la glycérine. (Erlenmeyer.) Pour cela on mélange 300 grammes d’iode, 200 grammes de glycérine (D=l,25) et 160 grammes d’eau; on y ajoute peu à peu 55 grammes de phosphore ordinaire; on distille aussi longtemps qu’il passe un liquide huileux; on cohobe et on distille de nouveau. Finalement, on lave le produit distillé avec une liqueur alcaline, on le dessèche sur du chlorure de calcium fondu et l’on rectifie.
Propriétés. — Il bout à 89°, 5 (corr.) (Linnemann) ; à 88°,7 sous la pression de 737 millimètres (Brühl). Densité à 15° = 1,7109 ; à 20° = 1,703.
Chauffé en tubes scellés avec 15 p. d’eau, à 100°, pendant soixante-dix heures, il se décompose presque complètement en acide iodhydrique et alcool isopropylique. (Niederist.) Chauffé au réfrigérant ascendant avec un excès d’oxyde d’argent, il fournit un mélange de propylène, d’alcool isopropylique et d'éther isopropylique bouillant à 60°-62°. (Erlenmeyer.) Traité par l’hydrogène naissant (couple zinc-cuivre à 50°), il donne du propylène, de l’hydrure de propyle etun liquide qui paraît être du zinc-isopropyle. (Gladstone et Tribe.) Le sodium le décompose en plusieurs corps, parmi lesquels dominent le propylène, l’hydrure de propyle et le diisopropyle. (Silva.)
ÉTHERS PROPYLSULFHYDRIQUES ACIDES
Form.
J Éq. : C6II6(H2S2).
/At. : CffP.HS.
Syn. : Mercaplans propyliques.
On les prépare en distillant soit l’iodure, soit le chlorure de propyle normal ou celui d'isopropyle avec une solution alcoolique de sulfhydrate de potassium, précipitant le produit distillé par l’eau et enfin rectifiant, après dessiccation sur du chlorure de calcium fondu, l’huile qui se sépare dans cette précipitation.
Le mereaptan propylique normal bout à 67°-68°; il forme avec l’oxyde de mercure le composé (C6H6)IlHgS2, cristaux fusibles à 68°. (Rœmer.)
Le mereaptan isopropylique bout à 57°-60° ; oxydé par l’acide azotique, il donne l’acide isopropylsulfonique (C6H6)H2S206. (Claus.)
ÉTHERS PROPYLSULFIIYDRIQUES NEUTRES
C Éq. : (C6H6)2H2S2.
( At. : (C3H’)2S
Syn. : Morosulfures de propyle.
L’éther de l’alcool primaire et celui de l’alcool secondaire se préparent comme les mercaptans correspondants en substituant le sulfure neutre de potassium au sulfhydrate.
Le sulfure de propyle normal bout à 130°-135°; sa densité à 17° est de
0 814; traité par l’iodure de propyle, il donne l’iodure de tripropylsulfine (C6H7)3S2I. (Cahours.)
Le sulfure d’isopropyle bout à 120°-121° sous la pression de 763 millimètres. Oxydé avec ménagement au moyen du permanganate de potasse, il donne l’isopropylsulfone (G6H6)2S2H20*, corps cristallisé fusible à 36° et très soluble dans l’eau. (Beckmann.)
ÉTHERS PROPYLAZOTEUX
Form.
Éq. : C6H6(Az03H0).
At. : C3H7.Àz02.
ETHER DE L’ALCOOL PRIMAIRE NORMAL
Syn. : Azotite de propyle.
Préparation. — On fait passer dans l’alcool propylique bien refroidi un courant de gaz nitreux provenant de l’action de l’acide azotique sur l’amidon ; on arrête le courant avant que les vapeurs cessent d’être absorbées, afin de maintenir l’alcool en excès. On ajoute de l’eau, il se sépare un liquide éthéréqu’on lave avec une liqueur alcaline, puis avec de l’eau, et qu’on rectifie entre 40 et 50p après l’avoir séché sur du chlorure de calcium fondu.
Propriétés. — Liquide incolore, très mobile, doué d’une odeur de pommes deréinette, bouillant à 43-46°; densité à 21°= 0,935. Il est isomérique avec le nitropropane. (Cahours.)
ÉTHER DE L’ALCOOL SECONDAIRE
Syn. : Azotite d'isopropyle.
Préparation. — Dans un ballon entouré d’un mélange réfrigérant on mélange peu à peu des quantités équivalentes d’iodure d’isopropyle et d’azotate d’argent, tous deux préalablement refroidis. La réaction terminée on distille, on lave le produit distillé au moyen d’un lait de chaux et on le dessèche sur de l’azotate de calcium fondu ; on ne pourrait employer ni le carbonate de potasse ni le chlorure de calcium fondu, qui le décomposent.
Propriétés. — C’est un liquide légèrement ambré, d’une odeur nitreuse,, bouillant à 45° sous la pression de 762 millimètres. Densité à 0° = 0,856, à 25°= 0,844; il est très inflammable. Il est isomériqfie avec le pseudonitropropane. (Silva.)
ÉTHER PROPYLAZOTIQUE
Form.
Éq. : G6H6(AzOs.HO). At. : C3H7.Az03.
Syn. : Azotate de propyle.
On ne connaît que l’éther isopropylazotique ou azotate d’isopropyle.
On prépare ce corps en versant peu à peu de l’iodure d’isopropyle sur du nitrate d’argent fondu et pulvérisé. L’affusion terminée, on distille au bain d’huile avec beaucoup de précautions et à température aussi basse que possible.
On lave le produit distillé avec une solution de carbonate de potassé et on le dessèche sur du chlorure de calcium ou mieux sur de l’azotate de chaux fondu.
C’est un liquide incolore, mobile, doué d’une odeur d’éther azotique. Il bout à 101°-102°; sa densité est de 1,054 à 0° et de 1,036 à 19°. Il est inactif sur la lumière polarisée; son indice de réfraction pour la raie du sodium = 1,591. Sa vapeur surchauffée détone violemment comme celle de l’éther éthylnitrique. (Silva).
Les éthers propylsulfureux ne sont pas connus.
Les éthers propylsulfuriques n’ont pas été préparés à l’état de pureté.
En chauffant au réfrigérant ascendant molécules égales d’hyposulfite de soude et d’iodure de propyle normal, Spring et Legros ont obtenu un propylhyposulfite de sodium auquels ils assignent la formule 2[C6H6(S4HNa06)]5H202 ; ce sont des cristaux très solubles dans l’eau et l’alcool.
En appliquant cette réaction à l’iodure d’isopropyle ces auteurs n’ont obtenu que du bisulfure d’isopropyle bouillant à 174°, 5.
ÉTHERS PROPYLCARBONIQUES
Éq. : (C6H6)2C2H20°.
! At. : (C3H7)2G03
Syn. : Carbonates de propyle.
ÉTHER DE L'ALCOOL PRIMAIRE NORMAL
Préparation. — L’éther de l’alcool propylique normal se prépare : 1° en faisant réagir le sodium shr l’éther propyloxalique normal en opérant comme pour le carbonate d’éthyle (Cahours) ; 2° en laissant tomber goutte à goutte une solution éthérée de chlorocarbonate de propyle normal dans de l’alcool propylique sodé. (Rœmer.)
CeH6(C2HC104) C6fl7K02 = (C6H6)2C2H206 -f- KC1.
Propriétés. — C’est un liquide incolore qui possède l’odeur du carbonate d’étliyle. Son point d’ébullition varie avec les auteurs qui l’ont étudié ; ainsi on a donné : lo6°-160° (Cahours); 168°, 2 (Bruno Rœse); 160°-165° (Rœmer). Sa densité est de 0,949 à 17° (B. Rœse) et de 0,968 à 22° d’après Cahours. Son indice de réfraction = 1 ,398 à 22°.
La potasse alcoolique le dédouble en carbonate alcalin et alcool propylique normal ; l’ammoniaque aqueuse le cliange lentement en uréthane propylique cristallisable en beaux prismes, l’ammoniaque alcoolique agit immédiatement. (Cahours.)
ÉTHER MÉTHYLPROPYLCARBONIQUE (C2H2)(C8H8)C2H208.
En faisant réagir soit l’alcool méthylique sodé sur le chlorocarbonate de propyle, soit l’alcool propylique sodé sur le chlorocarbonate de méthyle, on obtient dans les deux cas, un corps identique bouillant à 130°, 8, dont la densité à 27°= 0,978, et l’indice de réfraction = 1,386 — 1,388. (Bruno Rœse.) ( Voy . à l’alcool méthylique).
ORTHOCARBONATE DE PROPYLE (C6H8)*C*0*.4H0.
Ce corps se prépare comme l’orthocarbonate d’éthyle, ou en faisant réagir l’alcool propylique sodé sur la chloropicrine.
Il distille à224°,2 (corr.) ; densité à 8° = 0,911 . (Bruno Rœse.)