ÉTHERS FORMÉS PAR LES ALCOOLS
On les obtient par double décomposition entre un éther de la glycérine et l’alcool sodé correspondant. On les isole soit en soumettant le produit de la réaction à la distillation fractionnée, soit en le traitant par l’eau. Dans ce dernier cas, ou bien on recueille l’éther mixte qui se sépare, ou bien s’il est soluble dans l’eau, on sature la dissolution de carbonate de potasse et alors il vient surnager ce liquide dans lequel il est insoluble.
M0N0IY1ÉTHYLGLYCÉRINE C6H2(H202)(H202)(G2H402).
On chauffe à 100° la monochlorhydrine avec l’alcool méthylique sodé.
C6H!(H202) (H202) (HCl) + C2fI3Na02 == C6H2(H202)(H202) (C411402) -+- NaCl .
Elle est soluble dans l’éther, peu soluble dans l’eau. Elle bout vers 215°, sa densité à 20° est de 1,10.
(Prunier.)
MONOÉTHYLGLYCÉRINE C6H2(H202)(H202)(C4H602).
On fait réagir en vase clos, à 200°, l’alcoolate de sodium sur la monochlorhydrine glycérique.
C6H2(H!02)(H202)(HC1) -+- C4H5Na02 = C6H2(1P02)(H202)(C4H602) H- NaCl.
Ce composé bout à 225°-2300.
(Reboul.)
DIËTHYLGLYCÉRINE CeH2(H202) (C4H602) (CHPO2) .
On la prépare comme l'éther précédent en partant de la dichlorhydrine.
CeH2(H2Oa) (HCl) (HCl) + 2C4H3Na02 = C6H2(H202) (C4H602) (C4H602) H- NaCl .
(Reboul.)
On peut encore chauffer à 100° la glycérine avec le bromure d’éthyle et la potasse. (Berthelot.)
Elle bout à 191°-193°; sa densité est de 0,92.
TRIÉTHYLGLYCÉRINE C6H2(C4H602)3.
On chauffe à 120°, pendant quelques heures, la chlorhydrodiéthyline avec l’alcoolate de sodium ; on distille pour enlever l’alcool, on lave le résidu à l’eau, on rectifie l’huile qui vient surnager.
C6H2(HC1)(C4H602)2 -+- C4H3Na02 = C6IP(C4Hli02)3 -f- NaCl.
Elle bout à 185° environ. (180M900.)
(Reboul et Lourenço.)
Ces éthers servent à préparer les éthers chlorhydroétliyliques au moyen du perchlorure de phosphore.
IS0AIYIYLGLYCÉR1NE C6H2(H202)2(C‘°H1202) .
Elle prend naissance parla réaction de l'eau à 100° sur l’éther monoamylique du glycide.
C6II?( — )(tP02)(C10H1202) 4- H202 = CGH2(H202)s(Cl0H2202).
Elle bout à 260°-262° ; sa densité à 20° est de 0,98.
(Reboul.)
DIISOAIYI YLGLYCÉRINE C6Hs(H202)(C10H1202)2.
On traite la dichlorhydrine par l’alcool amylique sodé.
Elle bout à 272°-274°; densité à 9° = 0,907.
(Reboul.)
ÉTHYLAMYLGLYCÉRINE CGH2(H2O2)(C*HGO!)(C10H12O2).
Elle prend naissance dans l’action de l’amylchlorhydrine sur l’alcoolate de sodium.
C6H2(H202) (HCl) (C10H1202) H- C‘HsNa02 = CG[I2(H202)(CiRG02)(C1°H1202) + NaCl.
Elle bout à 238°-240G.
(Reboul.)
IYI0N0ALLYLGLYCÉRINE CGI12(H!02)2(CGHG02).
Elle se forme lorsqu’on additionne d’acide chlorhydrique le mélange d’acide ■oxalique et de glycérine destiné à la préparation de l’alcool allylique; on l’extrait alors des résidus de la préparation de cet alcool.
Elle bout vers 240° avec décomposition partielle ; elle se dissout dans 2 à 5 fois son volume d’eau; sa densité à 0° est de 1,1160.
(Tollens.)
TRIALLYLGLYCÉRINE C6H2(CGHG02)3.
On fait réagir l’iodure d’allyle sur la glycérine en présence de potasse.
Elle bout vers 232°.
(Berthelot et de Luca.)
ÉTHER GLYCÉRIQUE CGH2(CGH80G) .
Syn. : Éther glycérylique.
Ce composé remarquable, découvert par Berthelot, représente de la glycérine dans laquelle les trois molécules d’eau sont remplacées par une molécule de glycérine triatomique. 11 est comparable à l’éther ordinaire dérivé de
l’alcool éthylique et prend naissance en vertu du même mécanisme par l’action de la potasse sur un éther haloïde de la glycérine.
Formation. — Préparation. — 1 . Rappelons que l’éther éthylbromhydrique chauffé en vase clos pendant un mois à 125° avec de la potasse aqueuse, ou pendant 8 à 10 heures avec la potasse alcoolique, donne naissance à l’éther «étliyléthylique.
2C*H4(HBr) -+- 2K1I02 = CiHl(CTI602) + 2KBr -+- H202.
C*H*(HBr) + C4H602 -+- KHO2 = C4I14(C4H602) + KBr + IPO2.
De même ici, l’iodhydrine chauffée en vase clos pendant 120 heures à 100°, «donne l’éther glycérique ; sa formation s’explique d’une manière semblable, soit par l’action directe de la potasse, soit par la formation initiale de la glycérine, puis par la réaction simultanée de la potasse et de cette glycérine sur le restant de l’iodhydrine.
L’iodhydrine employée par Berthelot était le composé obtenu en chauffant à 100°, pendant 40 heures, la glycérine saturée de gaz iodhydrique : elle avait pour formule C12IIuI06. On peut l’envisager soit comme une combinaison de monoiodhydrine avec la glycérine G6112(I1I)(H202)2 + CTPO6 — 2H302 = C^ffUO0 . soit comme une combinaison d’épiiodhydrine et de glycérine C6H2(HI)(H202( — ) -J— G6H806 — H202 = C12H“I06. La réaction peut se représenter par l’équation suivante :
G“H“IQ* 4- KHO2 = C6H2(C6H806) + Kl -4- H202.
(Berthelot.)
L’éther glycérique prend aussi naissance :
2. Dans la déshydratation de la glycérine, lorsqu’on la distille sur du chlorure de calcium fondu. (Zotta.)
3. Dans la préparation de l’alcool allylique au moyen de la glycérine et de l'acide oxalique; c’est un produit secondaire de la réaction. (Gegerfeldt- Tollens.)
Propriétés. — C’est un liquide incolore, visqueux, miscible en toutes proportions à l’eau, l’alcool, l’éther. Il bout à 170°-172° (Gegerfeldt), à 171°-172° (Zotta.) Densité à 16° = 1,16.
Un contact prolongé à 0° avec l’acide iodhydrique fournit de la glycérine et de l’iodure d’isopropyle. (Silva.) 11 se combine violemment au brome pour former de la dibromhydrine. (Zotta.)