VIII. ÉTHERS DU MATÉZO-DAMBOSE
MATÉZITE C20H20018 = C18H16(C2H402)016.
On rencontre dans les cavités dont est parsemé le caoutchouc de Madagascar (mateza roritina) un suc laiteux, qui n’est autre chose qu’une partie de la sève primitive ayant échappé à la coagulation. Ce sue renferme une matière sucrée qu’on a appelée matézite.
La matézite cristallise en mamelons très solubles dans l’eau, un peu moins solubles dans l’alcool. Elle fonda 181°, et se sublime lentement, vers 200°-210\ en gouttelettes qui se solidifient peu à peu. Elle possède les propriétés de la dambonite, à part le pouvoir rotatoire : celui-ci est de 79° à droite pour la raie D.
Chauffée avec l’acide iodhydrique fumant, elle se dédouble en iodure de méthyle et matézo-dambose C13Hl8018, substance fusible à 255°, et possédant un pouvoir rotatoire de 6° à droite, tandis que le dambose est inactif sur la lumière polarisée.
Q20JJ20Q18 | ni = CMH -I- C18H18018.
(A. Girard.)
IX. — X. On ne connaît pas encore les éthers de l 'encalyne ni ceux de Yarabinose, substances qui rentrent dans la catégorie des glucoses.
GLUCOSIDES NATURELS
A la suite des ètliers des glucoses vient se ranger un groupe assez hétérogène de corps qui existent à l’état naturel dans les végétaux, et qui sont formés par l’union d’une ou de plusieurs molécules d’un glucose avec un ou plusieurs composés très différents : alcools, aldéhydes, acides, etc.... Leur constitution est très compliquée et en général fort peu connue. Ils se dédoublent sous des
influences très diverses : alcalis ou acides étendus comme les glucosides artificiels, ferments figurés ou non figurés (c’est là une de leurs propriétés distinctives). On les nomme glucosides naturels. \On les classe suivant qu’ils dérivent de tel ou tel glucose, ou qu’ils donnent telle ou telle matière sucrée comme produit principal de dédoublement.
Leur histoire fera l'objet d’un article spécial ; c’est là que seront étudiés les glucosides qui donnent parmi leurs produits de dédoublement : la phlorose (Hesse), laptyalose (Nasse), le dulcitose (Carlet), le mannitose (Gorup-Bezanez) ; le sucre neutre (Horsin-Déon), le phénose (Carius), le quercitose (Scheibler), etc. Ces substances sont parfois rangées à côté des glucoses ; mais leur étude, et surtout celle de leurs éthers, est fort peu avancée : on ne connaît d’eux aucuns dérivés éthérés artificiels, mais seulement des dérivés à fonction mixte qui existent dans la nature et qui seront étudiés à l’article Glucosides *.
g II
ÉTHERS DES SACCHAROSES
L’étude des saccharoses vient après celle des glucoses dont ils sont les éthers mixtes. Mais, pour les raisons développées au commencement du chapitre, elle a été faite à la suite de celle des glucoses. (Voir Encyclopédie chimique : Alcools et phénols p. 386 et suiv.).
Nous ne traiterons ici que des éthers des saccharoses ; ces éthers ne sont à proprement parler que des éthers dérivés de plusieurs molécules de glucose-
Les saccharoses 11e se combinent qu'avec les acides organiques, mais comme cette combinaison s’effectue à chaud et met de l’eau en liberté, les saccharoses se trouvent placés dans des conditions où leur molécule se dédouble; de sorte que les éthers ainsi obtenus peuvent se rattacher à l'un ou à l’autre des glucoses qui résultent de leur dédoublement, ou à tous les deux à la fois. Comme ces composés sont pour la plupart très instables, amorphes, et mal définis en tant que propriétés physiques ou chimiques, il est difficile de les comparer aux éthers des glucoses correspondants.
Nous décrirons donc ici, pour suivre l’usage, les combinaisons des saccharoses avec les acides organiques, bien que leur constitution ne soit pas connue, et que, théoriquement, ils puissent être considérés comme des éthers des glucoses, élhers à fonction complexe renfermant des acides et des alcools pentatomiques à fonction mixte.
L. Voir Encyclopédie chimique : Glucosides. Voir aussi : Alcools et phénols , p. 364, 565,698.