Macquer, loco cilato
6. « Désirant savoir si... nous aUâmes trouver le citoyen Pelletier, dont la grande habitude
agouster les éthers lui permet de reconnaître facilement la plus petite différence entre ces sortes de liqueurs, pour le prier de refaire chez lui ces opérations. » (Fourcroy et Vaucruelim Annales de Chimie, t. XXXIV, p. 318 à 350, chap. vin. que )
tiques, quel que fût l’acide qui eût servi à les former. Fourcroy 1 lui-même était pénétré de l’idée que tous les éthers étaient de la même nature et que l’action de l’acide sulfurique sur l’alcool expliquait celle de tous les autres acides.
C’est à partir de Scheele seulement que des notions plus exactes commencèrent à s’introduire dans la science. L’absence d’acide sulfurique dans l’éther improprement appelé sulfurique fut bien constatée (Val. Rose), et l’on commença à faire une classe à part des éthers formés au moyen des autres acides, éthers qui retiennent à l’état latent dans leur composition une partie de l’acide qui a servi à les former (Thénard).
L’étude des éthers entre alors dans une voie nouvelle, et, pour plus de clarté, nous devons dès à présent scinder en deux cet historique, afin d’exposer séparément les travaux et les doctrines qui se rapportent : 1° aux- éthers formés par l’union des alcools entre eux ; 2° aux éthers formés par l’union des acides avec les alcools.
De toutes ces théories surannées, nous ne développerons que celles qui, sous le couvert d’un nom illustre, ont fait époque dans la science, avant d’être détrônées par celles qui sont admises actuellement.
Éthers formés par l’union des alcools entre eux.
( Éthers mixtes.)
L’éther éthylique fut, jusqu’aux travaux de Williamson, le seul représentant connu de cette classe d’éthers. L’histoire chimique de ce groupe de corps est donc celle des travaux qui, depuis les alchimistes jusqu’à 1852, ont eu pour but de jeter quelque lumière sur l’action qui s’exerce entre l’alcool et les acides appelés autrefois fixes, tels que l’acide arsénique, l’acide phosphorique et l’acide sulfurique. L’action de ce dernier surtout a principalement fixé l’attention des savants.
Rouelle, Macquer, considéraient l’éther comme de l’alcool privé de son eau principe; l’acide sulfurique s’emparant des parties les plus épaisses de l’alcool, permettait aux plus légères de s’échapper. Scheele le regardait comme de l’alcool déphlogistiqué ; Pelletier, comme de l’alcool oxygéné aux dépens de l’acide sulfurique ; aussi ce dernier recommandait-il d’ajouter un peu de manganèse pour faciliter l’opération : l’oxygène ainsi formé se combinait à l’hydrogène de l’alcool, ce qui expliquait la formation de l’eau.
Fourcroy et Vauquelin 2 attribuaient la formation de l’éther à une déshydratation partielle de l’alcool, et leur théorie, bien des fois combattue, a régné pour ainsi dire jusqu’aux travaux de Williamson. Pour eux, l’acide sulfurique