‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. EthersChapitre 5 sur 419 · Boullay, Dissertation sur l'éther. Paris · texte numérisé non relu

Boullay, Dissertation sur l'éther. Paris

faites par de Saussure et Gay-Lussae, dans le travail desquels on trouve pour la première fois l’analyse exacte de l’alcool.

Suivant de Saussure \ l’alcool est représenté par du gaz oléfiant uni à environ la moitié de son poids d’eau, l’éther par du gaz oléfiant uni seulement à environ le quart de son poids d’eau ; on conçoit dès lors facilement l’action de l’acide sulfurique sur l’alcool : suivant les proportions et la température, il peut lui enlever le quart de son poids d’eau et il se forme de l’éther; la moitié, et il se forme du gaz oléfiant.

Un peu plus tard, Gay-Lussac1 2 confirma ces résultats, en y apporfant toutefois une légère modification qui consistait à doubler la formule de l’étlier.

Ramenant la composition de l’alcool et de l’éther à des volumes de vapeur d’eau et de gaz oléfiant qui fussent en rapports simples entre eux, il fit voir que : en considérant l’alcool comme formé d’un volume de gaz oléfiant et d’un volume de vapeur d’eau, l’éther comme formé de deux volumes de gaz oléfiant et d’un volume de vapeur d’eau, les densités de vapeur théoriques étaient identiques avec celles données par l’expérienee, à cela près que les formules alors admises de ces deux corps devaient être doublées ; rien n’infirmait donc la théorie de Fourcroy et Vauquelin.

Cependant les expériences de Dabit avaient été répétées et confirmées en Allemagne par Sertuerner et Yogel3 4, en France par Gay-Lussac h Elles mettaient hors de doute l’existence d’un acide nouveau précédant la formation de l’éther et ressemblant à de l’acide hyposulfurique combiné à une huile essentielle.

Dumas et Boullay5 reprirent cette étude. Dans leur premier mémoire sur les éthers ils adoptent l’ancienne théorie de l’éthérification en ce qu’elle a d’essentiel ; et, pour expliquer la formation de l’acide sulfovinique, ils supposent, en s’appuyant sur des chiffres, que l’acide et l’alcool se partagent en deux parties : l’une produit l’huile douce de vin et, l’acide hyposulfurique dont la combinaison constitue l’acide sulfovinique, l’autre donne naissance à de l’éther et à de l’acide affaibli. Interprétant alors la relation découverte par Gay-Lussac entre le gaz oléfiant, l’éther et l’alcool, ils furent conduits à considérer l’hydrogène bicarbonè comme un alcali analogue à l’ammoniaque, qui se combinerait avec les hydracides, sans fixer d’eau, pour former des éthers comparables au chlorhydrate d’ammoniaque, et avec les oxacides en fixant de l’eau, pour former des éthers comparables à l’acétate d’ammoniaque : l’éther serait alors à l’hydrogène bicarbonè ce que l’oxyde d’ammonium est à l’ammoniaque 6. Dumas7 va plus loin encore: s’appuyant sur la théorie des substitutions chlorées, il' démontre que la vraie formule de constitution de l’alcool est

1. Ann. de chimie, [1], LXII, p. 223 et suiv. (1807), et LXXXIX, p. 273 et suiv. (1814).

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