‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. EthersChapitre 8 sur 419 · J. deph. et chim., [2], XXII, p · texte numérisé non relu

J. deph. et chim., [2], XXII, p

2. J. de ph. et chim., [3], XVIII, p. 123 (1850), Mémoire la à la Société médicale de Londres en 1850.

3. Journal of the Chimical Society, IV, p. 106. 229, 350. — Philosoph. Magazine, XXXVII, p. 330. — Ann. chim. etphys. [3], XL, p. 98 et suiv. (1854).

ce ne sont donc pas deux molécules d’éther qui prennent naissance, mais bien une seule provenant de deux molécules d’un même alcool dans le premier cas, et de deux molécules d’alcools différents dans le deuxième ; tandis que si l’ancienne théorie était vraie, la réaction, au lieu de donner naissance à un seul et même corps C6H802, eût fourni un mélange d’éther méthylique C2H°0 et d éther éthylique C*H50 dont les formules eussent dû être doublées. Il obtint par des réactions analogues l’éther amyléthylique et l’éther amylméthylique.

La question était donc tranchée : l’éthérification est le produit d’une double décomposition. Il se forme d’abord de l’acide éthylsulfurique, éther acide de l’alcool, et celui-ci, réagissant sur une deuxième molécule d’alcool, donne naissance à de l’éther et à de l’acide sulfurique ; les réactions suivantes rendent compte de ces deux doubles décompositions successives :

C4H4(H202) -I- S2H208 = C4H4(S2H208)+H202 C‘H4(S2H208) -t- C4II4(H202) = C4H4(C4H60!) + S2H20\

Pour démontrer d’une façon plus probante que les choses se passaient bien ainsi dans la préparation ordinaire de l’éther, Williamson fit chauffer de l’alcool éthylique et de l’alcool amylique pris en proportions équivalentes avee de l’acide sulfurique, et il obtint de l’éther éthylamylique.

Enfin, pour établir sous une autre forme le fait fondamental sur lequel repose sa théorie, c’est-à-dire le renouvellement constant de l’acide sulfovinique, lequel se reproduit à chaque instant par l’action de l’alcool sur l’acide sulfurique, il fit les deux expériences suivantes :

1° En chauffant de l'acide amysulfurique et en y faisant arriver un courant continu d’alcool éthylique, il passe à la distillation d’abord de l’éther amyléthylique, puis de l’éther éthylique ; à ce moment le résidu acide de la cornue ne renferme plus que de l’acide éthylsulfurique.

2° En chauffant des proportions équivalentes d’acides éthylsulfurique et amylsulfurique, et en y versant peu à peu un mélange des deux alcools pris également en proportions équivalentes, on obtient une liqueur distillée qui, soumise à des fractionnements méthodiques, se scinde en trois éthers : l’éther éthylique f/H4(C4H602), l’éther éthylamylique C4H4(Ct0H1202) et l’éther amylique C10H10(C10H1202).

Berthelot ajouta encore une preuve à l’appui de ces expériences: en chauffant 1 équivalent d’éther bromhydrique avec de la potasse dissoute dans 1 équivalent d’alcool, il obtint non pas les produits de saponification ordinaire de cet éther, mais de F éther éthylique ; ce qui prouve bien que l’alcool employé entre en réaction et que la molécule d’éther est formée aux dépens de deux molécules d’alcool :

C4H»(HBr) -+- C4H602 -+- KHO2 = C4H4(C4H602) -+- KBr -h H202.

Enfin, en chauffant ce même éther bromhydrique avec de la potasse dissoute dans l’esprit de bois, il obtint l’éther méthyléthylique en vertu du même mécanisme :

C4H4(HBr) 4- C2H402 -+- KHO2 = C4H4(C2H402) -+- KBr + H202.

La question est donc restée résolue en faveur de la théorie de Williamson,

qui fait rentrer l’éther ordinaire et ses analogues dans la classe générale des combinaisons éthérées : c’est à ce point de vue que nous allons dorénavant envisager l’étude des éthers formés par l’union des alcools entre eux, ou oxydes des radicaux alcooliques.

La théorie générale de cette classe de composés sera exposée plus loin.

§ II-

Ét tiers formes par l’union des alcools et des acides.

(Ëthers composés.)

Les premières notions exactes relatives aux éthers composés remontent à Scheele1. Il est le premier, avec Tromsdorf2 et Basse de Hammeln3 * 5 6, qui ait observé d’une façon précise que l’acide ayant servi à les former entrait dans leur composition, et que les propriétés de cet acide, devenues latentes par le fait de sa combinaison avec l’alcool, reparaissaient dans certaines conditions : par exemple, qu’ après avoir enflammé l’éther chlorhydrique, on pouvait y déceler l’acide par les moyens ordinaires.

Mais ce furent les travaux de Gehlen* sur l’éther muriatique publiés en 1804, et surtout ceux de Thénard sur les éthers muriatique, nitreux et acétique lus en 1807 à la Société d’Arcueil s, qui jetèrent les premières bases de la véritable théorie des éthers composés, et qui fixèrent définitivement leur mode de formation et de décomposition. Thénard démontra que ces éthers, bien lavés à l’eau, ne rougissent plus la teinture de tournesol et ne présentent plus les caractères des sels de l’acide correspondant ; mais que, bouillis avec de la potasse, ils régénèrent d’une part l’alcool et d’autre part l’acide avec tous ses caractères primitifs. Il étudia plus particulièrement l’éther chlorhydrique, et montra que les produits de sa décomposition par la chaleur rougissent le tournesol et précipitent les sels d’argent dissous. Les relations générales qui lient les éthers à leurs générateurs ainsi que le caractère propre des combinaisons éthérées se trouvaient établis, mais non leur composition pondérale : la formule de l’alcool n’était point encore exactement connue.

Quelques années après, Gay-Lussac 8 reconnut que l’alcool pouvait se représenter par 2 volumes de gaz oléfiant et 2 volumes de vapeur d’eau, l’éther chlorhydrique par 2 volumes de gaz oléfi ant et 2 volumes de gaz acide chlorhydrique.

C’est Ghevreul7 qui, le premier, précisa le rôle que joue l’eau dans la décomposi-

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