HISTORIQUE. — FORMATION
Ce corps prend naissance dans la réaction de l’acide sulfurique concentré sur l’alcool et sur l’éther ainsi que dans les équilibres qui s’établissent de 0° à 100° dans les mélanges d’acide sulfurique et d’alcool. La matière décrite par Paracelse et Yalérius Cordus sous le nom d’huile douce de vitriol, le produit accessoire de la préparation de l’éther appelé huile douce ou huile pesante de vin, sont des mélanges d’éther sulfurique neutre et de carbures polyéthy léniques. Son existence dans l’huile douce de vin paraît avoir été démontrée par Sérullas, qui en retira un carbure ayant la composition du gaz oléfiant et une huile solidifiable par un refroidissement énergique qu’il représente par de l’acide sulfovinique uni à du gaz oléfiant : C*H4-)-C*H4S2H208, combinaison qu’il incline à regarder comme un véritable éther composé formé par l’union d’un oxacide et d’un carbure d’hydrogène, suivant la théorie ayant cours à cette époque. Toutefois il ne l’a point isolé. Il a été réellement préparé pour la première fois par Wetherill en 1848. Il est bien connu surtout depuis les travaux de Claesson et de Yilliers.
PRÉPARATION
1. On entoure d’un mélange de glace et de sel marin un ballon contenant de l’éther pur, et l’on y fait arriver les vapeurs de l’anhydride sulfurique, telles que les dégage l’acide sulfurique de Nordhausen. Lorsque le liquide a pris une consistance sirupeuse, on l’agite avec une fois son volume d’éther et quatre fois son volume d'eau. Le mélange se sépare en deux couches : la couche inférieure fort acide renferme de l’acide sulfurique et de l’acide iséthionique ; la couche supérieure renferme le sulfate d’éthyle dissous dans l’éther. On sépare ce liquide éthèré et on l’agite d’abord avec un lait de chaux pour enlever l’acide sulfureux et l’acide sulfurique, puis avec de l’eau ; ensuite, on chasse l’éther par distillation, on lave le résidu avec une petite quantité d’eau qu’on enlève avec des bandes de papier à filtre et on le sèche dans le vide sur l’acide sulfurique. (Wetherill.) Ce mode de préparation donne naissance aux acides éthionique et iséthionique ainsi qu’à leurs éthers éthyliques, en proportion assez consi-
dérable (Erlenmeyer) ; de plus le rendement est faible et la purification de l’éther difficile.
2. On mélange molécules égales d’acide sulfurique et d’alcool absolu : le produit est dilué d’abord au moyen de glace pour éviter toute élévation de température, puis d’eau : ce liquide est épuisé par agitation avec du chloroforme qui abandonne le sulfate neutre d’étliyle par évaporation. En employant 400 grammes d’alcool on peut obtenir environ 25 grammes d’éther neutre (Claesson).
3. On chauffe l’acide éthylsulfurique à 140° degrés dans le vide; le rendement est très faible, car l’acide sulfurique mis en liberté détruit l’éther neutre formés
(Claesson.)
4. On verse goutte à goutte de l’alcool absolu dans du chlorure éthylsulfurique ou éther chlorosulfurique *. La réaction se passe ainsi théoriquement (le rendement est d’environ 20 pour 100) :
C4H4(S2HC106) + C4H4(11202) = (C4H4)2S2H208 ■+- HCl :
Éther Alcool. Éther Acide
chlorosulfurique. sulfurique neutre, chlorhydrique.
Il se forme en outre de l’éther éthylique, du chlorure d’éthyle et de l’acide sulfovinique. (Behrend.)
Si, au contraire, on versait le chlorure dans l’alcool, l’inverse aurait lieu : la production du sulfate neutre d’éthyle serait presque nulle :
2 [C4H4 (S2HC106)] + 3 [C4H4 (H202)] = C4H4 (C4H602) -+- C*H* (HCl)