I. Origines de la tragi-comédie
[H. Carrington Lancaster, 2940.]
Elle vient d'Italie.
[Fr. Ogier, Préf. de Tyr et Sidon, 1628. Mareschal, Préf. de la Généreuse Allemande, 1631 (achevé d'imprimer: le 18 novembre, 1630).]
Hésitation, d'abord, sur le sens du mot, dont voici les trois applications premières:
[Plaute, Prologue d'Amphitryon (dieux et rois dans une action comique).
Verardi, Ferdinandus Servatus (action tragique à dénouement heureux).
La Célestine, que diverses éditions et traductions appellent tragi-comédie (action comique ensanglantée).]
Giraldi, sous la pression de la règle qui impose à la tragédie le dénouement funeste, détermine la définition de la tragicomédie: c'est une tragédie qui finit bien.
[Préfaces d'Arrenopia et (1545) d'AUile.)
Introduction en France du nom,
[Serlio, 2e livre de Perspective, traduit par Jean Martin.] puis de la chose.
[A. de la Croix, Tragi-comédie de Daniel, 1561 (sujet biblique, fin heureuse). Genièvre, pièce perdue, jouée à Fontainebleau, 1564 (sujet romanesque, fin heureuse, 2959)-]
Essai curieux d'une tragi-comédie qui eût été une forme de la comédie (à la manière de la Célestine).
[L. Le Jars, Lucelle, 1576 (situation pathétique au IVe acte dans une action comique; l'amant reconnu pour prince; prose, forme préférée de la comédie italienne).]
1580. Le genre est définitivement organisé par la Bradamante de Garnier:
(a) la fin heureuse,
(b) le sujet romanesque et l'intérêt d'amour,
(c) la péripétie,
(d) le ressort psychologique.
Ebauche d'un drame animé, pathétique, sans horreur inhumaine, attachant.
Mais les tragi-comédies demeurent rares au xvie siècle: le développement de ce genre a été entravé par la tragédie irrégulière dont on a parlé plus haut (9e leçon).