DE HARDY AU CID (1628-1636) LE RETOUR DE LA TRAGÉDIE
I. Hardy seul, ou à peu près, soutient l'Hôtel de Bourgogne jusqu'en 1628.
[Presque pas de tragédies qu'on sache ou qu'on puisse supposer avoir été jouées à l'Hôtel de Bourgogne avant le Pyrame de Théophile. Un prologue pour une tragédie de Phalante (vers 1610). Doutes sur la Perfidie d'Amant 1622; la Madonte de la Charnaye, 1623; le Théâtre français imprimé chez P. Mansan, 1623.]
Hardy a fait de la troupe de Valleran la Ie troupe de France .
Il a attiré vers le théâtre les poètes raffinés, protégés des grands seigneurs.
Théophile de Viau, et son Pyrame et Thisbé, écrit et joué sans doute entre 1621-1623, impr. 1623.
[Cf. K. Schirmacher (3610).]
Pour la structure, c'est la tragédie de Hardy, avec moins de souci de la distinction des genres.
Pyrame mêle la pastorale, la tragi-comédie, et la tragédie. Théophile est tout à fait libéré des anciens.
Sujet pathétique, exposant la destinée funeste de deux amants. Mais, avec la fatalité, concourent des volontés humaines, hostiles.
Œuvre de style: lyrisme précieux. Mais tendresse passionnée. Naturel relatif, ton humain et couleur actuelle du dialogue: influence de la vie contemporaine.
La personnalité du poète anime les personnages. La pièce exprime son point de vue sur la vie.
Tout cela est plein d'avenir.
Effet de Pyrame à la scène.
[Cf. frères Parfaict, (no. 63) t. iv, p. 271.]
Mais Pyrame demeure sans influence.
Les poètes délicats vont alors à la pastorale. C'est le genre à la mode.
[Racan, Arthenice ou les Bergeries, impr. 1625 (joué entre 1623-1625). — Cf. Arnould (3443).
Mairet, Silvie, 1626. Cf. Marsan (4769).]