‹ Esquisse d'une histoire de la tragédie françaiseChapitre 39 sur 88 · V. Du Cid à Pertharite · texte numérisé non relu

V. Du Cid à Pertharite

[Sur l'histoire des pièces, les dates, les acteurs, cf. Marty- Laveaux.]

1640, Horace: sujet antique. Achève de rétablir la tragédie.

Sujet pathétique, incomplètement réduit à la tragédie active.

Unité incomplète: deux périls du héros.

1640, Cinna. Unité : un seul péril. Tous les faits se passent dans les cœurs. Dénouement heureux.

Sujet non sanglant, à peine pitoyable. La politique.

Vers 1642 (date traditionnelle, 1640; selon Rigal, 1641; selon Marty-Laveaux, 1643), Polyeucle. (Certainement postérieur à la représentation, et antérieur à l'impression du Saiil de du Ryer, dont l'achevé d'imprimer est du 31 mai 1642).

Sujet chrétien. — Perfection de l'art cornélien: fusion du pathétique et de l'action. Félix: caractère bas; élargissement du cadre tragique.

A partir de ce moment, Corneille cherche à se renouveler et tâte les limites de son art.

1642 ou 1643 (avant le 31 décembre), Pompée. Sujet de la Cornêlie de Garnier. Pathétique et épique: malaisément réduit à l'action, à la politique et à la galanterie.

1644 ou 1645, Rodogune. Triomphe de l'art de l'intrigue: situation terrible d'incertitude au 5e acte, préparée pendant 4 actes.

Première application de la psychologie de la volonté à un caractère scélérat (Cléopâtre).

Fin 1645, Théodore. Une vie de saint: naïveté de Corneille. Erreur sur son public. — Théodore condamnée par les principes de l'art cornélien.

1647, Héraclius. Intérêt d'intrigue: incertitude tragique créée avec art. Seule tragédie cornélienne comportant des déguisements d'identité et des reconnaissances.

1650, Don Sanche: comédie héroïque.

Sujet romanesque espagnol, traité en comédie psychologique. Essai pour séparer l'intérêt dramatique et psychologique de l'intérêt pathétique.

1651, Nicomède: même tentative dans un sujet antique et historique.

Minimum de péril et d'émotion: histoire, psychologie, politique. Le ressort de l'admiration.

Nicomède est le terme et l'épanouissement de la tragédie cornélienne: type d'une pièce attachante par l'intrigue et par la psychologie, sans pathétique ni tragique.

1652, Perlharite, erreur de Corneille, confirme Nicomède. C'est la situation d'Andromaque, dépouillée de sa valeur pathétique, exploitée pour l'intrigue et pour la curiosité psychologique.

Pertharite marque aussi la limite de la vérité de la conception cornélienne de la volonté.

Variété des sources des sujets cornéliens: toutes les histoires, Rome, le christianisme, l'Asie, Byzance, les Lombards.

Mais Corneille n'y cherche pas la diversité de la couleur historique. Dans toutes les histoires, il cherche: '■^ des situations à exploiter en intrigues fortes,

des caractères à animer de sa psychologie. 6 61

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