‹ Esquisse d'une histoire de la tragédie françaiseChapitre 41 sur 88 · IV. Moralité de la tragédie · texte numérisé non relu

IV. Moralité de la tragédie

Pour Corneille, elle n'est ni dans le dénouement ni dans les sentences, ni dans la purgation des passions (dont il ne sait trop que dire) : elle est dans la vérité, la ressemblance avec la vie.

Les rois sont peints comme hommes. La puissance royale ne sert qu'à rendre le jeu des caractères plus libre, par conséquent les effets plus visibles.

Héros et scélérats sont pareils à l'homme moyen par la nature des sentiments, différents par le degré, l'intensité.

La tragédie ainsi sera naturelle.

V. Opposition de cette conception de la tragédie à la tragédie grecque, et même à la conception aristotélicienne.

Où est l'originalité de Corneille?

(a) Dans la généralisation de l'art comique qui fournit les principes d'une technique applicable à tous les genres dramatiques.

(b) Dans l'emploi de l'intérêt dramatique à l'explication du cœur humain : dans la création du drame psychologique.

Mais toute cette structure n'est encore que l'extérieur de la tragédie cornélienne; c'est un art que tout le monde peut s'approprier. Ce qui est strictement personnel, incommunicable, c'est la conception de la vie, de la nature humaine que cette technique manifeste.

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