III. La philosophie dans les tragédies de Voltaire
Elle se substitue à la psychologie. *"
[Nos. 9129, 9129S.]
Deux procédés:
(a) Maximes et couplets répandus dans la pièce, pour servir à la propagande philosophique et contre les adversaires de la philosophie.
[Œdipe, Zaïre, Alzire, Mérope, etc.]
(b) Addison (Caton), Southerne (Oroonoko, 1696), Rowe (Tamerlan, 1702) révèlent à Voltaire une autre méthode: l'idée philosophique organise le drame, s'exprime par l'action.
[Brutus; Mahomet; Olympie, etc.]
Valeur inégale des deux méthodes. La première est analogue aux épigrammes de Figaro. La seconde est supérieure: elle élève les sujets au-dessus de l'anecdote, elle fait de l'événement particulier un symbole. La tragédie pathétique et poétique se prête aisément aux significations symboliques.
Mais Voltaire, (a) est trop polémiste; (b) sacrifie la vérité et la vie à la thèse; (c) parfois même la thèse à l'effet de théâtre; (d) enfin a trop d'esprit, d'idées, pas assez de profondeur d'émotion, pas assez de poésie.
Malgré ces défauts, Brutus et Mahomet doivent une bonne partie de leur effet à l'idée philosophique.
Voltaire se place ainsi tout à la fois parmi les précurseurs" de deux conceptions inégales: la pièce à thèse, sans poésie, et le drame symbolique, essentiellement poétique. Subjectivité de la tragédie philosophique de Voltaire.