‹ Esquisse d'une histoire de la tragédie françaiseChapitre 75 sur 88 · IV. Conclusion · texte numérisé non relu

IV. Conclusion

(a) Pourquoi la tragédie de Voltaire est-elle morte si complètement?

(1) Plus d'intentions que de réalisations. La force du génie créateur est trop souvent remplacée par l'intelligence critique.

(2) Trop de demi-mesures. Voltaire ne peut se détacher du passé, ni s'y tenir. En art, il faut des partis-pris plus énergiques.

(3) Obstacle du style tragique, qui neutralise tout l'effort d'imagination et de renouvellement.

(b) Mais par ses défauts même, Voltaire était proportionné à ses contemporains. Il a été mis jusqu'à la révolution romantique au-dessus de Corneille, à côté et parfois au-dessus de Racine.

Il a plu par la sensibilité, par la multiplicité des idées, par une certaine élégance poétique qui est sensible encore dans Zaïre, comme une certaine grandeur pathétique est sensible dans Mahomet.

Page 1