‹ Étude juridique de la clientèle des professions LibéralesChapitre 10 sur 76 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

On sait quelle ‘était à Rome l’organisation primitive de la société, étroitement divisée en groupes familiaux ou « gentes ». Vivant chacune dans le culte de ses traditions et sous l’autorité absolue de son chef le paterfamilias, ces gentes ne comprenaient pas seulement le père et ses descendants ou

. proches alliés, mais encore tous les esclaves de la

famille, ses affranchis et ses clients. « Chaque famille avait ses serviteurs qui ne la quittaient pas, étaient attachés héréditairement à elle et sur lesquels le pater ou patron exerçait la triple autorité de maître, de magistrat et de prêtre. On les appelait de noms qui variaient suivant les lieux, celui de clients et celui de thètes sont les plus con-

nus (1) ».

1. Fustel de Coulanges, La Cité Antique, livre IV, chap. I, n° 271, v. aussi l’article de G. Humbert dans le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines, t, I,

Ces clients, venus à la gens probablement par besoin de protection, faisaient fonction de serviteurs e! cultivaient les terres que leur concédaient le paterfamilias; ils participaient au culte et aux prières de la famille et se trouvaient sous la protection des dieux Lares. En témoignage de cette communauté religieuse ils ajoutaient à leur nom celui de leur patron.

Ce dernier devait à ses clients secours et assistance, il prenait gratuitement leur défense en justice. En retour le client l’accompagnait à la guerre, participait à la dot de sa fille et payait ses dettes ou sa rançon en cas de captivité.

Toutes ces obligations étaient sévèrement sanctionnées. Si le client causait du tort à son patron ou inversement, le coupable était maudit @ sacer esto » et passible de la peine de mort (2).

La condition du client à Rome présentait donc quelque ressemblance avec celle du serf au Moyen Age. On y trouve ce même rapport de dépendance ei les obligations qu'il entraînait. Mais tandis qu'il résultait pour le serf du droit de propriété que le

2° partie, p. 1247, Le mot « cliens » vient suivant les uns de « colere » à raison du culte et du respect dû au patron ou à cause des concessions de terre qu'il faisait à ses clients, suivant les autres du verbe « cluere » synonyme d' « audire ».

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