‹ Étude sur le chèque allemandChapitre 4 sur 52 · OUR · texte numérisé non relu

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de 180 millions, et même si nous supposons la circulation réduite seulement au niveau actuel de celle de l’Angleterre, soit à 1/8 du commerce total, nous verrons la circulation de l'Allemagne descendre à 2 milliards 1/2, soit une économie de 3 milliards 1/2 qui, à 3 0/0 l'an, représenterait encore pour le pays un revenu de plus de 100 millions. Mais là ne s'arrêterait pas l’économie produite par la réduction du stock’ de monnaie, par rapport au chiffre des transactions totales.

Pour obtenir un chiffre se rapprochant de la vérité, il faudrait” encore ajouter aux sommes énoncées précédemment d'autres économies provenant de facteurs d'une cerlaine importance.

Nous citerons par exemple le temps perdu par les banques ef par le commerce en opérations de paiement et de transport de monnaie qui, au moins une fois mensuellement, immobilisent une grande partie du personnel des établissements de crédit ou de commerce ; il en est de même de l'usure de la monnaie, usure considérable, puisqu'une pièce d'or circulant normalement, tombe au-dessous de son poids en une vingtaine d'années. Ce sont là des frais considérables, et une bonne législation doit s'évertuer à épargner au pays des charges qui peuvent être évitées.

L'Allemagne n'a d’ailleurs pas négligé de suivre cette voie, et nous rencontrons dans sa législation une suite de mesures favorables au dévelopement des instruments de crédit et de compensation.

Nous voyons ce mouvement se manifester de diverses manières.

Citons, dans cet ordre d'idées, l’organisation des chèques postaux (1). En 1887, la Banque de l'Empire conclut

() Voir thèse Chevauchez : Les chèques postaux.

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avec l'Administration des Postes un accord, depuis étendu à toutes les Banques douées d'un système de virement, qui permettait à la poste de verser directement le montant des mandats au crédit de ceux qui avaient des comptes dans ces établissements, et au public, de tirer des chèques sur la Banque de l'Empire pour la valeur des versements effectués à la poste. Cette innovation rencontra un grand succès, mais elle ne s’adressait pas au plus grand nombre ; il fallait, en effet, pour pouvoir en profiter, avoir un compte à la Banque de l’Empire ou dans une grande banque, ce qui n'élait pas à la portée de tous. On se rendit compte de l'avantage qu'il y aurait pour la masse de la population à ce que la généralité des règlements püt se faire par chèques ; on vit également le rôle important que le gouvernement pouvait jouer en cette matière, s’il se décidait à transformer en pelites banques facilement accessibles à tout le monde, les milliers de bureaux de postes disséminés sur le territoire de l’Empire. Un projet en ce sens fut présenté au Reichstag en 1900 par M. de de Podbielsky, secrétaire d'Etat des Postes de l’Empire. Il ne fut pas accepté, mais le Reichstag inséra dans la loi des Finances du 30 mars 1900 un vœu tendant à ce que le service des chèques postaux fût réglementé par voie législative avant le 1% avril 1905. A la date indiquée, rien n'élait encore fait, eb il a fallu attendre jusqu'au 4* janvier 1909 pour voir entrer en vigueur l’organisation des chèques postaux, organisation dont nous attendons encore en France l'établissement.

D'autres mesures ont été prises pour favoriser l'extension des chèques. Une décision récente du gouvernement prie inslamment tous ceux des fonctionnaires qui touchent annuellement dés appointements supérieurs à 3.000 marks, d'indiquer à l'administration une banque où ils ont un

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