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compte ouvert; trimestriellement, la Banque de l’Empire virera au crédit de ce compbe la somme qui leur est due. Il est à présumer que cette mesure rencontrera un accueil favorable auprès des fonctionnaires allemands, surtout si l'on songe qu'elle s'applique à tous ceux qui dépendent du gouvernement, non seulement aux fonctionnaires civils, Mais encore aux Militaires plus disciplinés et plus susceptibles d'obéir aux suggestions du pouvoir.
Il demeure entendu que les intéressés sont toujours libres de toucher leurs fonds quand ils le désirent et dès le jour où leurs appointements leur sont acquis ; ils peuvent aussi, suivant leurs besoins, en opérer le retrait au moyen de chèques ; mais le fait d'éviter l'usage de numéraire aux époques du paiement est déjà une mesure qui simplifie considérablement les opérations de la Trésorerie, en même temps qu’elle permet de mettre utilement à la disposition du commerce des sommes qui, autrement, seraient immobilisées.
Dans cet ordre d'idées, la Banque de la Prusse Orientale, à Koenigsberg, s’est engagée à bonifier un intérêt de 3 0/0 avec faculté de retrait journalier aux fonctionnaires qui lui feraient le dépôt de leurs traitements.
Parmi les caisses d'épargne, il en est quelques-unes (celle de Lippe en particulier) qui laissent tirer sur elles à l’aide de chèques. Celle de Brême participe même à une chambre de compensation, et beaucoup d’entre elles ont wa compte dans de grandes Banques ou à la Banque de l’'Empire.
De même les chemins de fer de Saxe ont adopté un système suivant lequel les paiements et les encaissements ne sont effectués en numéraire que lorsqu'il est impossible d'agir autrement.
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C'est un mouvement fort intéressant, et qui serait SUSceplible dune grande extension dans certains cas où on n'a pas encore songé à l'appliquer ; par exemple en ce qui concerne le paiement des pensions dues par l'Etat ou le recouvrement des impôts.
A toutes ces mesures est venue se joindre la loi sur les chèques du 11 mars 1908, loi qui fait le sujet de cette étude.
Il ne faudrait pas, cependant, s’illusionner sur les avanlages de tels systèmes au point de méconnaitre les très grands inconvénients qui pourraient résulter de ces pratiques, si elles se 'généralisaient. Il est évident que dans un moment de crise, de guerre ou de tension politique les milliers de ‘onctionnaires créanciers de l'Etat pour des sommes considérables au total, quoique très disséminées, concevraient des inquiétudes quant à la solvabilité immédiate des caisses publiques, et viendraient exiger en foule le paiement des sommes à eux dues par l'Etat, ceci au moment même où l’'Elat aurait le plus besoin de numéraire.
Une telle éventualité qui apparaît comme presque fatale en cas de grosses difficultés, aurait le très grand inconvénient de superposer à la crise politique une crise monétire extrèmement grave et de dresser contre l'Etat ceux sur lesquels il devrait pouvoir compter le plus.
On voit dans une telle hypothèse que, par la réduction du stock monétaire d'une part, et d'autre part par la mise à la disposition de l'Etat des sommes dues aux fonctionnaires, le développement à outrance du système des chèques
et de la compensation peut présenter parlois de très sérieux inconvénients.