‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieuresChapitre 43 sur 133 · DERNIÈRES PIÈCES : OTHON · texte numérisé non relu

DERNIÈRES PIÈCES : OTHON

Rome ' >. Ce mot signilie que les léf,'ions inauguraient le n'f,'ime dit des pronunviainien(os de Tautre côté des Pyrcnées. (^'était l'anarchie; et le sénat ne la vit pas sans une joie prolonde : car il espérait que le besoin de rétablir l'ordre lui rendrait le pouvoir dont il se trouvait dépouillé. Quelquesuns rêvaient une restauration républicaine, et le règne de Galba parut même en être le prélude, comme le prouvent et Tadoption de Calpurnius Pison, issu d'une des plus aricienncs familles du patriciat, et certains traits du discours prononcé par le prince en cette circonstance. C'est ce que Corneille a fort bien compris, quand il fait dire à Galba :

Jule et le grand Auguste ont choisi dans leur sang,

Ou dans leur alliance, à qui laisser ce rang;

Moi, sans considérer aucun nœud domestique.

J'ai fait ce choix comme eux, mais dans la République :

Je l'ai f;iit de Pison; c'est le sang de Crassus,

C'est celui de Pompée, il en a les vertus.

(Acte UI, se. ni.)

Oui, Pison est bien le candidat du parti des honnêtes gens, de ces aristocrates qui, dans leur retraite, parlaient sans cesse des vertus imaginaires de l'ancien temps, et se figuraient innocemment qu'on peut gouverner les hommes avec des vertus.

Mais ce ne fut là qu'une illusion, qu'une chimère. La crise se caractérisa bientôt par la rivalité militaire des prétoriens et des légions, c'est-à-dire des cohortes urbaines et des armées provinciales. Ces dernières font enfin éclater leur jalousie longtemps contenue, en déclarant leur prétention d'imposer un inaitre à l'empire. Tels sont les intérêts dont Corneille se fait ici l'interprète éclairé.

Bien que la mort de Galba forme le nœud de la pièce, ce per- ■-onnage n'y figure pas au premier plan : il devait en être ainsi lu prince que les Histoires nous représentent plutôt exempt de vices que doué de vertus. Gouverné par des favoris aussi lâches que pervers, devenu la proie des Vinius, des Lacon et des Marlian ', il nous apparaît au vrai dans cette esquisse :

1. Bvulgato imporii arcano, posso principom alibi qaam Romse fîeri. (Hitt.,

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