DERNIÈRES PIÈCES I PSYCHÉ
Ces traits nous prouvent à quel point se fourvoyait un génie aussi candide dans le ridicule que dans le sublime.
Pourtant soyons justes, et reconnaissons que le dénoûment est supérieur à celui de Racine par la noblesse avec laquelle Bérénice, malgré l'assentiment du Sénat qui consent à son mariage, met la gloire de son amant au-dessus des ambitions de son cœur, et quitte volontairement la ville où elle pouvait régner avec le maître du monde :
Grâces au juste ciel, ma gloire en sûreté N'a plus à redouter aucune indignité, .l'éprnuvc du Sénat l'amour de la justice, El n'ai qu'à le vouloir pour cire impératrice. Rome a sauvé ma gloire en me donnant sa voix; Sauvons-lui, vous cl moi, la gloire de ses lois: Rendons-lui, vous et moi, celle reconnaissance D'en avoir, pour vous plaire, alTaibli la puissance, De l'avoir immolée à vos plus doux souhaits. On nous aime : faisons qu'on nous aime à jamais.... C'est à force d'amour que je m'arrache au vôtre. Et je serais à vous, si j'aimais comme une autre.
(Acte V, se. y.)
Sur quoi, Domitie épouse Domitian et Titus déclare qu'il ne se mariera jamais, et qu'il laissera le trône à son frère.
Psyché, 1671. — Bien que la voix parut un peu rauque dans Tite et Bérénice, le cœur de Corneille restait jeune encore, témoin Psyché, composée avec la collaboration de Molière qui en fit le plan, le prologue, le premier acte, la première scène du second acte, et la même du troisième. Cet opéra-ballet nous enchante encore par une grâce qui étonne chez un vieillard de soixante-quatre ans. On en jugera par ce couplet de Psyché disant à l'Amour :
Vous soupirez, seigneur, ainsi que je soupire : Vos sens, comme les miens, paraissent interdits. C'est à moi de m'en taire, a vous de me le dire; Et cependant, c'est moi qui vous le dis.
(Acte 111, se. m.)
Quelle fraichcur aussi dans cet autre passage :
PSVCHK
Des tendresses du sang peut-on être jaloux?