‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieuresChapitre 48 sur 133 · AMOUR · texte numérisé non relu

AMOUR

Je le suis, ma Psyché, de toute la nature;

Les rayons du soleil vous baisent trop souvent;

Vos cheveux souiïrent trop les caresses du vent;

Dès qu'il les flatte, j'en murmure;

L'air même que vous respirez Avec trop de plaisir passe par votre bouche;

Votre habit de trop près vous touche;

Et, sitôt que vous soupirez,

Je ne sais quoi qui m'elTarouche Craint parmi vos soupirs des soupirs égarés.

(Acte III, se. III.)

C'est comme un dernier rayon de soleil qui effleure les glaces de l'âge.

Pnicliérîe, ICtS. — Mais il ne pénètre plus dans ces limbes du Bas-Empire où Corneille descendit pour aller y chercher PM^ chérie. Quel parti pouvait-il tirer du mariage de cette impératrice vestale qui finit par épouser « un vieux sénateur », sans mettre à son choix d'autre condition que le respect de ses vœux et de son autorité souveraine? A la veille de cette union bizarre, on croit entendre Corneille lui-même dire avec tristesse par la bouche de son héros suranné Martian :

J'aimais quand j'étais jeune, et ne déplaisais guère : Quelquefois de soi-même on cherchait à me plaire, ... Mais hélas ! j'étais jeune, et ce temps est passé : Le souvenir en tue, et l'on ne l'envisage Qu'avec, s'il faut le dire, une espèce de rage; On le repousse, on fait cent projets superflus : Le trait qu'on porte au cœur s'enfonce d'autant plus; Et ce feu, que de honte on s'obstine à contraindre. Redouble par l'effort qu'on se fait pour l'éteindre.

(Acte II, se. I.)

Snréna, i6'74. — On sent que la fin approche avec Suréna \ qui fut comme le dernier cri tragique d'un génie expirant. Sur la foi de Plutarque et d'Appien, Corneille mit en scène l'ingratitude d'un souverain, Orode, roi des Parthes, qui, importuné par les services et la grandeur d'un sujet, le sacrifie à ses terreurs. C'est l'histoire du duc de Guise, disant : On n'oserait.

Une idée dramatique, et deux caractères bien tracés, ceux de

L Sui'éna était bien un nom propre, quoi qu'en dise Voltaire, et non pas « un nom do dignité », sur lequel Corneille aurait commis une méprise analogue à celle dont le Vereingétorix, fils de Celtil, fut l'objet de tout temps.

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