Vers
DiOGÈNE. Ne l'avais-je pas bien dit qu'il s'était gâté dans ses voyages? Alexandre le Grand est devenu conteur de fleurettes.
Pluton. Quel diable de jargon nous vient-il parler! Quoi? Alexandre qui ne respirait que combats s'oublie auprès d'une maîtresse!
Que vous connaissez mal les violents désirs
D'un amour qui vers vous porte tous mes soupirs, etc. '.,.
DiOGÈNE. Il faut l'envoyer auprès du grand Cyrus....
Hé quoi ! vous croyez donc qu'à moi-même barbare J'abandonne en ces lieux une beauté si rare *?
Pluton. Peste soit de l'extravagant, et de sa tendresse mal imaginée! Il est, ma foi, aussi fou que les autres. On avait bien raison là-haut de plaindre la Macédoine de n'avoir pas de Petites-Maisons pour le renfermer....
C'était, comme on le voit, se servir de Pylade contre Oreste. Cette malice les blessa tous deux; et, comme il y avait là de l'esprit, Boileau, qui craignit d'être déclaré responsable de cette fantaisie, se crut obligé de s'en défendre, dans sa troisième satire, celle du Festin, où, pour donner le change à la malignité mondaine, il prête au sot campagnard cette contrevérité :
Je ne sais pas pourquoi l'on vante l'Alexandre; Ce n'est qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre. Les héros, chez Quinault, parlent bien autrement.
Non; V Alexandre ne valait pas VAsti^ate, dont le cinquième acte fait pressentir Racine par le genre du pathétique comme par l'harmonie du style; et, si Boileau ne voulut pas s'en apercevoir, c'est que l'amitié l'aveugla.
Jugemeut de Saint-Évremond. — 11 y eut plus de clairvoyance dans les jugements que Saint-Evremond fit parvenir soit à Mme Bourneau, soit au comte de Lionne ^, du fond de