O S B VERRES
Pouces.
Pouces.
De
« Lorsqu’on prescrit des verres convexes forts, les deux verres de la lunette doivent être plus rapprochés l’un de l’autre que pour des verres faibles; il faut, en effet, que le presbyte regarde lorsqu’il se sert de verres forts, autant que possible à travers la moitié externe de ses verres, par la raison que les verres convergents font paraître l’image plus éloignée qu’elle ne l’est réellement. Cette différence produirait une diplopie croisée, si les deux yeux convergeaient sur le lieu réel occupé par l’objet. L’individu portant des lunettes à verres convexes corrige instinctivement cette diplopie au moyen d’un mouvement de convergence exercé par les deux yeux, que l’on peut constater en relevant subitement les lunettes et qui est une cause de fatigue au début. » (Ed. Meyer, Traité pratique des maladies des yeux).
Nous n’avons pas à nous étendre sur l’emploi, dans les cas spéciaux, des prismes, des verres décentrés, des verres à double foyer, des verres cylindriques de Y astigmatisme, affection plus générale qu’on ne le suppose et qui tombera également dans le domaine de l’hygiène, le jour prochain peut-être où l’ou aura mieux démontré son extrême fréquence.
HYGIÈNE
— Les rapports de la myopie progressive avec les conditions du travail et de l’éclairage nous ont permis de développer dès à présent certains points plus directement afférents aux sensations même qu’aux modificateurs cosmiques; mais les autres sont plus spécialement du ressort de l’hygiène professionnelle.
2®. — INFLUENCES THERMIQUES.
1° Résistance au froid. — Scorbut polaire. — L’expédition récente des Anglais au pôle nord a révélé chez l’homme un pouvoir de résistance aux basses températures qui n’avait pas encore été constaté dans les conditions normales de la vie à la surface du globe. Elle s’est terminée par une épidémie de scorbut dont les causes ont été vivement discutées et, sous ce double rapport, elle intéresse directement l’hygiène.
Nous avons raconté toutes les péripéties de cette exploration héroïque, à une époque où la presse anglaise se passionnait pour ou contre le capitaine Nares, commandant de l’expédition, avec une ardeur qui ne nous paraissait pas justifiée de part ni d’autre (1); nous avons donné, de loin, notre opinion sur les causes naturelles qui firent avorter l’entreprise et cette opinion, émise avant que la commission d’enquête n’eût formulé son verdict, n’a pas changé après la lecture que nous avons faite de son rapport.
Pour faire preuve d’impartialité et nous désintéresser dans la question, nous donnons tout d’abord les conclusions de cette commission.
Elle a déclaré:
1® « Que le scorbut devait être attribué à l’absence du jus de citron (limc-juiee) dans la ration de voyage; que le long hiver, l'absence prolongée du soleil, le confinement dans un faux-pont humide, dans une atmosphère viciée, l’exposition à des variations de température, l’absence de viande fraîche à bord de YAlert (l’un des deux, navires de l’expédition) n’avaient pas été sans effet sur la santé des hommes et des officiers; que ces causes prédisposantes furent aggravées par le froid intense, le travail excessif, qui, dans les premiers jours du voyage, empêchèrent les hommes de prendre leurs aliments et de goûter le sommeil.
2° « Que les quantités des provisions embarquées étaient insuffisantes.
3° « Que les ordres donnés par le commandant de l’expédition s’étaient écartés, sans raison suffisantes, des dispositions du onzième paragraphe du mémorandum du directeur général et, qu’en conséquence, ces ordres n’étaient pas justifiés. »
Ceci fait, pour éviter de froisser ceux de nos lecteurs qui croient encore que la négligence dans l’administration du jus de citron a été la cause principale de l’épidémie et par suite, de l’échec de l’opération, et qui accordent, par contre, à cet aliment une vertu préservatrive suffisante pour atténuer l’effet de toutes les autres causes réunies, qualifiées par un euphémisme inquiétant de « causes adjuvantes » ; ceci fait, nous exposons sommairement les particularités de cette campagne qui intéressent l’hygiène.
C’est le 29 mai 1875 que l’expédition, composée de deux navires à vapeur» Alert et discovery , quitta Portsmouth. Le 17 juillet, le Discovery s’arrêtait en face de la baie où avait hiverné le Polaris du capitaine Hall en 1872. Sept
(1) Ad. Nicolas. Gaz. hebd.de méd. et de chir. janvier 1877 p. 7, et 22. Mars p. 20L
INFLUENCES THERMIQUES.
jours après YAlert, exécutant seul, au prix de fatigues sans nombre, la dernière partie de la traversée, mouillait par la latitude de 82° 24', la plus élevée qu’aucun navire ait jamais atteinte. Emprisonné lui-même par les glaces de l’océan polaire, il prit ses quartiers d’hiver à 76 milles au nord de la baie du Discovery.
Le 25 septembre, quand la glace fut consolidée, on fit commencer les excursions exploratrices de l’automne aux 120 hommes de son équipage auquel on avait joint sept hommes du Discovery et qu’on avait réparti en 18 traîneaux.
Déjà plusieurs tentatives avaient été faites, en traîneau, pour éclairer la marche du navire avant son mouillage définitif et les hommes étaient revenus à bord littéralement exténués, au point qu’il fallut plusieurs jours de repos et de soins pour les rétablir.
Ces excursions d’automne en traîneau sont particulièrement pénibles. La neige récente n’offre pas de résistance; elle surnage des flaques d’eau, qu’on n’aperçoit pas; les hommes ont les pieds constamment mouillés; il est souvent impossible de dresser les tentes: outre que le mouvement des glaces, encore mal consolidées, nécessite une vigilance constante, le sommeil n’est pas possible par d’aussi basses températures; et aux fatigues d’une marche pénible s’ajoute celle qui résulte du manque de repos. C’est pendant cet automne qu’on eût à traiter le plus de congélations.
L’hiver se passa dans des conditions en apparence bonnes et rien ne fut ménagé, dans les limites du possible, pour entretenir les excellentes dispositions de l’équipage.
Les excursions du printemps commencèrent le 12 mars et se terminèrent le 14 avril, plus ou moins ralenties ou abrégées par l’invasion du scorbut qui s’étendit à l’équipage des deux navires et n’était pas complètement arrêté quand fut résolu le retour en Europe.
Les plus importantes de ces explorations, au point de vue qui nous occupe, furent celle tentées: au nord, sous les ordres du « commander » Markham; à l’Ouest, sous les ordres du lieutenant Aldrich ; à l’Est, sous les ordres du lieutenant Beaumont. La première perdit un homme du scorbut; la dernière en perdit deux; toutes arrivèrent à bord dans l’état le plus critique. Les officiers seuls étaient valides et s’étaient attelés aux traîneaux, surchargés encore du poids des malades. Markham ne put atteindre YAlert et fut contraint de dépêcher son second, le lieutenant Parr pour chercher du secours. Parr arriva exténué à bord après avoir marché vingt-quatre heures ; Beaumont et son équipage ne purent rejoindre la baie du Polaris et ne l’auraient jamais atteinte, si l’on ne fût venu à leur aide.
Le récit de ces voyages est des plus émouvants; la conduite de chacun de ces hommes fut véritablement héroïque. Les glaces de l’Océan Polaire, amoncelées par les hivers successifs, ne laissaient pas un sentier praticable ; la dureté de ce glacier éternel défiait tous les efforts tentés pour y frayer un passage aux traîneaux. Dans l’expédition vers le pôle, on avait dû emporter deux embarcations dont le poids s’ajoutait à la charge énorme que les hommes avaient à char, royer dans ce chaos; et chaque malade qui se couchait augmentait doublement l’embarras, en diminuant d’autant les bras disponibles. On faisait en moyenne 1 mille V4, par jour; et, pour 70 milles de route directe, on en parcourut 276 dans le voyage d’aller et 245 dans le voyage de retour.
Les particularités de cet itinéraire mettent en relief les conditions dans lesquelles s’est développée cette épidémie de scorbut; et nous nous demandons si de semblables conditions n’étaient pas suffisantes pour la faire naître dans ce milieu.
UAlert quitta son mouillage le 31 juillet, rejoignit le Discovery , le 10 avril, les deux navires arrivaient en Angleterre à la fin d’octobre.
HYGIÈNE
On a attaché une grande importance à la longue période d'obscurité qui caractérise cette campagne. Aucun homme, en effet, n’avait subi une nuit aussi longue. Les Esquimaux ne dépassent pas le 82° parallèle; leurs dernières traces s’arrêtent en deçà, au voisinage du cap Beechey. L’équipage du Discovery, et surtout celui de YAlert, ont subi un véritable étiolement. Le soleil disparaissait le 12 octobre 1875 pour ne reparaître que le 1er mars 1876 ; la nuit ^absolue avait duré 142 jours; encore l’intérieur du navire était-il plongé dans une obscurité complète jusque dans la première semaine de mai. Ce fut alors seulement que l’on put débarrasser les claire-voies de la neige qui le.s recouvrait ; le fauxpont en était même dépourvu et ne recevait de jour que par les hublots.
On a souvent parlé des brillantes aurores qui éclairent les régions polaires pendant cette longue nuit. Il faut n’avoir pas vu d’aurores boréales pour croire qu’elles puissent compenser, en quoique ce soit, la lumière absente. De fait, pendant cette campagne, elles ont été insignifiantes. Les brouillards épais qui obscurcissent d’une manière habituelle l’atmosphère de ces régions ont, à ce point de vue, une influence bien plus marquée, en sens^contraire.
Les températures sont les plus basses connues. En mars, pendant une longue période de froid, YAlert enregistrait un minimum de moins 59 degrés centigrades; à la même époque, la température minimum observée par la Discovery était — 57°, 3. La plus basse température signalée jusqu’alors est celle de — 56°, 8 observée par YEtoile polaire au détroit de Wolsenholme, par 76°, 30' de lat. N. La température minimum, pour une période de 24 heures a été de — 57°, 1 pour YAlert , de — 55°, 4 pour le Discovery. Le Dr Kane, au port Rensselaer, en 1854, par 78°, 37' de lat. N. avait constaté un minimum de — 51°. Antérieurement, la plus longue période de froid intense a été observée par Edward Belcher, au détroit de Northumberland, par 76°, 52' de lat. N. en 1852; c’était une moyenne de dix jours consécutifs, où la température ne dépassa pas 45 degrés, au-dessous de la glace fondante. Pendant sept jours consécutifs, YAlert eut une moyenne de — 51 degrés. L’Alert rapporte une moyenne de — 51°, 5 pour treize jours consécutifs et de — 54°, 8 pour une autre période de cinq jours et demi. Pendant le mois de février, le mercure resta gelé quinze jours consécutifs, à deux reprises différentes.
A partir du 20 avril, le thermomètre était déjà descendu à zéro; dans les premiers jours de septembre, il se maintenait entre — 6 et — 12; jusqu’au 12 octobre, époque du dernier coucher de soleil, il se maintint entre — 26 et — 30 degrés. C’était l’époque des excursions d’automne, sur lesquelles ces basses températures exercèrent une fâcheuse influence.
A l’intérieur du navire le thermomètre marquait de 1 à + 2 degrés quand les feux n’étaient pas allumés.
L 'humidité était excessive. « Dans de telles conditions, dit notre confrère et ami M. le Dr Rochefort, dans une étude sur cette épidémie de scorbut publiée dans les Archives de médecine navale (1877-Tom. XXVIII); dans de telles conditions, et pour se garder du froid terrible du dehors, on s’enferme de toutes parts; mais alors la ventilation du navire, si mal assurée déjà en temps ordinaire, devient un problème singulièrement difficile à résoudre. Que l’on songe, en effet, aux données qui doivent servir de point de départ: renouveler l’air dans un espace aussi étroit, contenant un si grand nombre d’hommes, en y maintenant la température à -f- 10°, tandis que l’air extérieur est à — 20°, — 30° ou, comme on l’a vu au mouillage de YAlert à — 57°. Abord des navires de l’expédition de 1875, aucun sytème de ventilation ne fut installé. On s’ingénia pour arriver à renouveler autant que possible l’air du faux-pont. Or, dans les conditions où se trouvaient YAlert et le Discovery , le difficile n’est pas de faire arriver l’air pur du dehors, il se précipite par toutes les ouvertures qu’on lui
INFLUENCES THERMIQUES.
présente, mais bien de chasser l’air vicié de dedans. Tous les moyens employés pour obtenir ce dernier résultat échouèrent complètement; seules les fenêtres pratiquées à la partie supérieure des cheminées, des poêles, à la hauteur des baies, purent être conservées et firent appel d’air vicié ( uptakes ). L’apport d’air pur ( downtakes ) s’opérait par les fentes des cloisons et des portes, par ces portes elles-mêmes lorsqu’elles s’ouvraient. Malgré les taudes, la hutte de neige, les doubles portes, cet air venu du pont était si froid que lorsque quelqu’un pénétrait du dehors, il se faisait dans le faux-pont une abondante et immédiate condensation de la vapeur d’eau suspendue dans l’atmosphère intérieure. On était alors précédé et accompagné d’un véritable nuage. Si l’on ajoute à cela que, malgré la neige qui enveloppait le navire, la perte de calorique des murailles était si grande qu’une condensation abondante s’y opérait à chaque instant, on comprendra l’un des désagréments les plus pénibles qu’aient eu à supporter pendant leurs sombres hivers les navigateurs des mers polaires!.. Un homme était sans cesse occupé, quand l’équipage était réuni, à essuyer les murailles ruisselantes du faux-pont. Le même inconvénient se faisait également sentir dans les logements des officiers. Pour n’être pas troublé, pendant le sommeil, par les gouttes qui tombaient du plafond, il fallait couvrir hamac ou couchette d’une toile cirée ou d’un manteau imperméable. »
On a peine à accepter toutefois les dosages d’acide carbonique donnés par les officiers de l’expédition. Le Dr Moss, de YAlert a calculé que l’air recueilli, à minuit, dans le poste de l’équipage, à lajiauteur de la tête des hommes endormis dans les hamacs contenait en moyenne 3,314 pour 1000 d’acide carbonique; au maximum 4,82 au minimum 2,20 pour 1000. On sait que l’air ordinaire n’en contient pas plus de 0,4 à 0,6 pour 1000; et l’on pense généralement que l’air est toxique à la dose de un demi à 1 volume de ce gaz pour 1000. Cependant le Dr Coppinger, du Discovery trouve aussi que l’air du poste de l’équipage recueilli vers dix heures, onze heures, ou minuit, à 2 pieds au-dessus du pont, les hommes étant couchés, donnait en moyenne 4,37 pour 1000 d’acide carbonique. Et comme contrôle des procédés d’expérience, il donne le dosage de l’air expiré par lui-même, qui contenait comme d’ordinaire 4,2 pour 1000 d'acide carbonique.
Ces résultats sont d'une extrême importance (voyez Rochefort, loc. cit.).
Quant au vêtement , toutes les précautions prises, dans les excursions d’automne, pour protéger les hommes, devenaient insuffisantes; et il en sera toujours ainsi dans des voyages semblables.
Le point capital ici, comme partout ailleurs, fut l'insuffisance de V alimentation^ ou, pour parler plus rigoureusement, sa mauvaise nature. Le discovery mieux partagé que YAlert fut relativement épargné, dans l’épidémie.
Les approvisionnements avaient été faits avec le plus grand soin. A bord, on alternait les salaisons avec les conserves ; les choux, les pommes de terre desséchés avec les autres légumes secs; le pain, avec le biscuit. On avait emporté de la bière et l’on pouvait en fabriquer à bord. L’ail, les oignons, le jus de citron s’ajoutaient à la ration comme antiscorbutiques ; ce dernier était alloué à raison d’une once, par homme et par jour.
Le rhum était compris également dans la ration ; mais le Dp Colan le considérait, sous ces latitudes, comme une sorte de poison, et l’on dut en user trèsmodérément. Dans l’expédition polaire de Markham, ou lui substitua du thé, dont les hommes se trouvaient beaucoup mieux, disaient-ils, malgré le temps passé à faire bouillir l’eau. Ces haltes étaient très-pénibles ; et l’on comprend que, dans les conditions où étaient organisées ces excursions en traîneaux, conditions qu’il faudra modifier dans les expéditions ultérieures, on n’ait pas emporté de jus de citron sur les traîneaux, à cause de la surcharge de poids que devait
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occasionner le transport du combustible nécessaire pour le dégeler et du temps qu’il faudrait perdre à cette opération pour n’obtenir qu’un breuvage des plus désagréables.
L’alimentation pendant ces excursions en traîneaux laissait bien autrement à désirer ; et, quand on songe que ces excursions occupaient en réalité tout l’équipage, le navire étant, pour ainsi dire abandonné dans les saisons favorables, on peut dire que tout le monde était mal nourri et que cette influence morbide agissait d’une manière générale.
L’approvisionnement alimentaire des traîneaux consistait en biscuit de viande, formé de bœuf desséché et pulvérisé et de farine. C’est ce qu’on appelle le pemmican, utilisé déjà sous une forme analogue, dans les expéditions antérieures. Chaque homme recevait, par jour, une livre de ce biscuit et une demilivre de lard.
Cette ration a paru insuffisante, en raison du travail fourni par les hommes. Il ne paraît pas qu’elle le fût en quantité; mais une nourriture aussi peu variée et l’absence de végétaux frais aggravaient le péril et devaient hâter évidemment l’invasion du scorbut.
On avait compté sur la chasse et la pêche. En réalité, elles furent d’une bien faible ressource. Pendant l’hivernage l’équipage de YAlert abattit en tout 136 pièces de gibier. Les traîneaux furent encore moins favorisés. Cependant l’expédition groënlandaise, à son retour à la baie du Polaris , dut à la viande fraîche, plus abondante dans ces parages, d’échapper à une mort imminente. Le mouillage du Discovery présentait des conditions meilleures; les hommes de son équipage qui furent atteints avaient, pour la plupart, hiverné sur YAlert.
Les premiers cas de scorbut se déclarèrent à bord même de YAlert, à son mouillage d’hiver, le 3 mai; les traîneaux étaient déjà partis pour les dernières explorations du printemps. Cinq hommes présentèrent des symptômes de scorbut; le 8 mai, on relevait 3 nouveaux cas; et le 8 juin, 14 hommes de YAlert et 3 hommes du Discovery, qui se trouvaient à bord, c’est-à-dire la presque totalité des hommes présents, étaient en traitement. L’épidémie se déclarait en même temps à bord du Discovery, où 4 hommes étaient déjà atteints. Le 14 juin, l’expédition polaire rentrait à bord, dans l’état que nous avons dit; le 26, Aldrich ramenait également ses hommes; et le 9 juillet, quinze jours après le retour du dernier traîneau, 36 hommes de l’équipage avaient été atteints et 24 étaient encore en traitement. L’expédition groënlandaise ne revint que plus tard à bord du Discovery.
L’épidémie fut de courte durée, les symptômes, quoique assez graves, s’amendèrent promptement; on n’eut à déplorer que trois décès; ce qui avec celui du danois Petersen, mort des suites d’une double amputation des jambes, nécessitée par la congélation des pieds, porte à 4 le nombre total des décès de l’expédition.
Il est probable que le jus de citron eût contribué à modérer l’épidémie. Markham n’en fit distribuer que le 8 mai, alors que ses hommes étaient malades depuis le 16 avril.
Il semble que la véritable nature de la maladie ait été méconnue au début par les officiers. Il n’y a à cela rien d’étonnant. Le scorbut est, en réalité, une maladie rare ; et l’on est trop porté à en rechercher les symptômes du côté de la bouche, alors que la faiblesse musculaire est déjà très-manifeste et que les hommes ont les jambes couvertes de pétéchies auxquelles ils n’ont pas pris garde. Cela explique pourquoi l’épidémie semble éclater tout à coup, aussitôt qu’un premier malade examiné par le médecin a prévenu et éclairé ses camarades, qui souffraient jusque-là sans se plaindre.
Dans des circonstances semblables, on a pu croire à la contagion, bien que le corbut n’ait rien des allures d’une maladie contagieuse. Tout nous semble avoir
INFLUENCES THERMIQUES.
été dit sur ce point dans une discussion académique récente, par notre maître et ami M. Leroy de Méricourt. Nous n’insisterons pas. Aussi bien, nul n’a songé à la contagion dans l’épidémie de l’expédition polaire, qui s’est déclarée, à la fois, à bord et sur les traîneaux; là, dans un espace confiné, il est vrai; mais, ici, en plein air, dans une région où les miasmes n’ont certainement pas de raison d’être.
Travaux excessifs par un froid persistant des plus rigoureux, humidité,
; absence de lumière, toutes les conditions de l’étiolement ; monotonie de l’existence, malgré les distractions artificielles improvisées pendant cette nuit de 142 nycthémères ; marche incessante, émotions de toutes sortes, de celles qui sont dépressives pour les natures les plus énergiques; défaut de sommeil, alimentation uniforme, privation de viande et de légumes frais, tel est le bilan hygiénique de cette campagne.
Nous avons démontré {Gaz. hebd. loc. cit.) que les conditions n’ont jamais été réunies à ce point dans les expéditions antérieures qui, sans avoir été exemptes de cas de scorbut, n’ont pas subi d’épidémies pareilles. Nous faisions remarquer à ce propos que le jus de citron a toujours été négligé dans la pratique et que la diminution et la rareté même du scorbut, dans toutes les marines, tient à l’amélioration des conditions générales de la navigation, aux relâches plus fréquentes, surtout à l’alimentation où les végétaux et la viande fraîche figurent d’une manière habituelle par suite de ces relâches mêmes.
Nous avons exposé les conditions d’où dépendra le succès d’une expédition nouvelle et les conclusions de la commission d’enquête, ne nous paraissent en rien démentir les nôtres. Nous sommes d’accord sur l’importance de la disette de sucs végétaux dans l’étiologie du scorbut ; mais quelque affirmitifs qu’aient été les partisans du jus de citron dans cette enquête passionnée, ils n’ont pu infirmer le fait que toutes les causes auxquelles on attribue généralement le développement de cette maladie se trouvaient réunies dans la dernière expédition avec une puissance inconnue jusque-là.
2° Climats. — Constitutions médicales. — Migrations hygiéniques. — La climatologie a reçu, de nos jours, une impulsion nouvelle. Elle a dans le journal d'Hygi'ene fondé à Paris, par le Dr de Pietra-Santa son organe périodique hebdomadaire, puisant intelligemment à mille sources éparses et jusquelà dédaignées. A cet objet se rapportent les « bulletins mensuels de statistique démographique et médicale » établis sur des bases vigoureuses et publiés assidûment par ce journal. On peut espérer qu’il en sortira dans un jour prochain, des données fécondes, au moyen desquelles on pourra constituer l’hygiène saisonnière sur des bases vraiment scientifiques et dégager du chaos actuel les facteurs complexes qui déterminent les constitutions médicales.
Tout en admettant la réalité incontestable des maladies saisonnières, tout en admettant l’influence prépondérante du chaud et du froid et surtout des intempéries dans leur étiologie, on tend de plus en plus, avec Fuster, à distinguer les qualités du milieu qui s’associent à celles-là, s’y substituent, les corroborent, les atténuent ou les neutralisent. En outre des propriétés physiques ou chimiques de l’air, il faut tenir compte, en effet, dans l’influence saisonnière, de l’abondance ou de la disette de produits alimentaires empruntés au sol, des habitudes sociales particulières à chaque saison, et, avant tout, des dispositions organiques acquises sous l’influence de la saison précédente et dont l’influence est telle que, pendant les saisons de passage, ce sont elles qui déterminent l’état morbide et les constitutions médicales, alors que les intempéries du prin temps et de l’automne viennent déranger l'équilibre établi et créer brusquement des conditions nouvelles.
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Mais combien le problème est complexe! A l’influence des saisons sc joignent, pour la détermination des constitutions médicales, l’influence des climats, l’influence de l’atmosphère et l’influence du sol. « Comment, demande M. Brochin et par quelles qualités agissent les climats et les saisons? Par quels éléments agit l’atmosphère ? Par quelles conditions le sol ? Quand nous aurons dit qu'au point de vue des lieux, il ne suffit pas de considérer seulement leur latitude, mais qu’il faut encore tenir compte de leur altitude, de leur exposition et de leur configuration à laquelle se rattache la considération si importante des vents ; qu’il est utile de connaître la composition géologique du sol, ses productions naturelles ou culturales, d’apprécier la quantité, la nature et le mode de répartition des eaux qui le recouvrent ou qui sourdent de ses profondeurs ; qu’au point de vue des conditions atmosphériques il ne suffit pas de déterminer la constitution normale de l’air, de mesurer sa température, sa pression, son état hygrométrique, électrique, ozonométrique, etc., mais qu’il importe encore de s’informer des éléments innombrables qu’il renferme ou dont il peut être accidentellement le véhicule; éléments volatiles ou gazeux, miasmes, effluves de toutes sortes, corpuscules solides de nature et d’origines diverses, poussières inorganiques ou organiques, débris végétaux ou animaux, germes d’infusoires, poussières répandues et disséminées par les vents à d’incalculables distances ; quand, toutes ces conditions connues, leur rôle partiel déterminé dans la somme des effets résultant de leur combinaison, nous serons ainsi en possession de l’action complexe du milieu physique, à côté duquel il faudra encore faire la part du milieu moral et social, nous n’aurons fait qu’énoncer les principaux éléments du problème soumis à nos investigations ; mais nous serons loin encore d’en posséder tous les termes ; nous n’aurons que l’un de ses facteurs. Il nous restera à étudier l’autre facteur, l’organisme vivant dans ses conditions constantes de dépendance, de rapports et d’échanges avec le milieu où il vit, l’organisme avec ses lois d’impression, de perception et de réaction, qui, bien que conformes à un type physiologique commun, ne laissent pas d’offrir en réalité de nombreuses variétés individuelles, sinon dans le mode de réaction, du moins dans ses degrés. Il en est, en effet, de toutes ces influences, soit isolées, soit combinées et collectives, comme de toutes les causes pathogéniques extérieures, elles ne produisent pas la maladie de toutes pièces et par le fait seul de leurs propriétés et de leur action, elles ne sont que des occasions déterminantes des actes de l’économie, qui suivant qu’elle cède ou résiste à leur sollicitation, en raison de ses dispositions actuelles, donne lieu ou non à l’évolution de phénomènes morbides corrélatifs. »
On voit combien est vaste le programme étiologique; le programme clinique ne l’est pas moins.
Certaines localités, le plus grand nombre peut-être, presque toutes celles comprises sous la zone tropicale subissent des influences morbides permanentes, résultant soit des conditions spéciales de l’atmosphère ou du sol, soit d’habitudes maladives contractées par les générations qui ont successivement vécu sous leur influence, et se traduisant soit par un cachet spécial imprimé aux maladies saisonnières, intercurrentes et même aux épidémies, soit, à défaut d’autres signes, par une sensibilité particulière aux effets de tel ou tel agent médicamenteux. Ces constitutions stationnaires qui influencent tôutes les maladies ne sont pas moins influencées par elles ; et l’état bilieux, la susceptibilité gastrointestinale, la cachexie malarienne, l’asthénie, ou tout autre état qui les caractérise revêtent une modalité différente suivant les saisons ou sous l’influence d’une constitution épidémique intercurrente.
Certaines professions, certaines agglomérations d’hommes ont leur manière spéciale de subir les mêmes influences morbides. C’est ainsi qu’on a pu établir,
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dans les camps et les casernes, la réalité d'une constitution militaire (L. Colin).
Enfin les constitutions saisonnières , les mieux établies de toutes, outre qu’elles se modifient sous toutes ces influences, outre qu’elles subissent les anomalies que peuvent présenter les saisons elles-mêmes dans leur succession périodique, outre qu’elles peuvent empiéter l’une sur l’autre aux saisons de transition et se déplacer complètement ( constitutions mixtes) n’ont par elles-mêmes rien d’absolument immuable et peuvent se modifier dans leurs manifestations, comme dans leurs allures, si les conditions de leur évolution se sont modifiées elles-mêmes, par les progrès de l'hygiène.
Sous ces réserves, il faut enregistrer comme un progrès l’essai de classification tenté par M. L. Colin des maladies saisonnières.
Elles se diviseraient en deux groupes bien distincts :
1° Dans le premier rentrent les affections sur lesquelles l’influence des saisons est incontestable, mais sans jouer cependant le rôle principal dans l’étiologie: telles sont les maladies telluriques, les maladies alimentaires, les maladies typhiques, les affections pestilentielles, les fièvres éruptives, etc.
2° Dans le second figureront les affections où l’influence saisonnière est si régulière, on peut dire si fatale, qu’elle s’impose avec l’évidence de l’axiome : telles sont les affections catarrhales et rhumatismales de la saison froide; telle est la dyssenterie des climats tempérés ; telles sont les angines du printemps ; tel, le choléra nostras; telles, enfin, les insolations et les congélations.
Et las maladies saisonnières auraient pour caractères communs: 1° la tendance à se généraliser plus que les autres épidémies, à ne faire aucune différence entre les individus, quelles que soient leurs conditions sociales ou personnelles; 2° la simultanéité de leur apparition sur les points les plus divers d’une ville ou d’une contrée; car, si leur apparition est successive, l’intervalle entre les atteintes est trop court pour être en rien comparé à celui que l’on constaterait s’il y avait eu propagation par les communications humaines; il répondrait bien plus, par sa brièveté, à l’intervalle qui sépare les apparitions, en deux pays éloignés, des mêmes phénomènes météoriques ; 3° la constance de leur retour annuel aux mêmes époques, le degré seul de leur expansion et de leur gravité pouvant varier d’une année à l’autre, suivant les différences plus ou moins apparentes des saisons pendant lesquelles elles se développent; 4° la limitation de leur durée à celle des influences saisonnières; 5° enfin, cliniquement: la disposition à l’irritation hypérémique des muqueuses, thoracique en hiver, intestinale, en été; la secrétion catarrhale; l’étendue de l’irritation hyperémique à tout l’appareil, sans qu’elle dépasse la surface ; mais ces caractères cliniques sont exclusifs aux catarrhes dans la masse des maladies saisonnières.
Ces tentatives et d’autres de systématisation justifieraient la séparation de la mésologie comme branche scientifique distincte et elles relèguent au second plan la climatologie, plus vaguement définie que jamais dans les traités contemporains.
En effet, dans le travail le plus récent sur les climats, M. Fonssagrives a tenté de la restreindre. Je dois dire qu’à mes yeux, mon ancien maître, en appliquant à l’étude des climats la méthode si judicieuse et si lucide qui le distingue, me parut avoir été trop timide et trop peu radical. La notion du climat ne se soutient plus telle qu’il nous l’a transmise.
M. J. Rochard avait conservé la conception hippocratique des climats et leur délimitation géographique; M. Fonssagrives rejette, avec raison, les climats de zone, pour admettre en théorie, les climats d’habitat ; en pratique, les climats de localité.
J’adopterai, dit-il, la définition de Humboldt, en en supprimant les qualités surajoutées au climat. Un climat d’après Humboldt, est l’ensemble des variations
HYGIÈNE
.atmosphériques qui affectent nos organes d’une manière sensible : la température, l’humidité, les changement de la pression barométrique, le calme de l’atmosphère, les vents, la tension plus ou moins forte de l’électricité atmosphérique, la pureté de l’air ou la présence de miasmes plus ou moins délétères, enfin le degré ordinaire de transparence et de sérénité du ciel.
M. Fonssagrives veut que l’on écarte de cette définition les mots que nous iigurons en italiques. « Si j’abstrais, dit-il, de cette définition la condition de pureté ou d'impureté de l’air , c’est que celle-ci est surajoutée au climat et ne saurait être considérée comme l’un de ses éléments constituants. Une surface étendue d’eau vive, et dès lors inoffensive, devient stagnante; de grands travaux de remuement du sol, dans une localité, y sèment des miasmes fébrigines qu’elle ne connaissait pas auparavant ; des industries insalubres s’y établissent, etc. ; peut-on dire que son climat ait changé ? Non sans doute, pas plus qu’on ne peut dire qu’une épidémie de choléra change le climat d’un pays sur lequel elle sévit. Pour moi, le climat est donc la manière d’être habituelle de l’atmosphère d’un pays, sa formule météorologique. »
Cette définition et cette distinction par trop théoriques nous paraissent en désaccord avec l’idée que chacun s’est formée du climat. Il sera bien difficile de changer sous ce rapport les habitudes du langage commun et d’empêcher qu’on attribue à ce mot un sens plus complexe. Quand on dit d’une localité qu'elle possède un bon ou un mauvais climat, cela veut dire qu’au moment où l’on parle, les conditions de salubrité y sont bonnes ou mauvaises; et c’est par la mortalité ou par la morbidité que ces conditions s’affirment. Et quand ces conditions se modifient, ce n’est pas sans raison, que l’on dit vulgairement que le climat change. Toutes les délimitations scientifiques n’y feront rien. Si l’on veut attacher aux mots climat et climatologie , le sens partiel que M. Fonssagrives leur attribue ; ou en d’autres termes, si l’on veut isoler, cette formule météorologique, il faudra choisir d’autres noms, pour en constituer une branche définie de la mésologie , qui pour le moment se confond avec la climatologie, toutes les fois qu’elle envisage le milieu ambiant dans ses rapports avec l’organisation.
La formule d’un climat, c’est la discussion des constitutions médicales qui seule peut la fournir ; la « formule météorologique » n’est que l’un de ses éléments.
M. Fonssagrives n’en a pas moins approfondi cettte question de climats avec sa sagacité ordinaire; et, mieux que personne, il a su déméler la portée pratique et les applications de la climatologie.
Nous avons dit qu’il rejette les climats de zones. « Je m’efforcerai, dit-il de démontrer que ces généralisations, fort élevées et fort intéressantes en ellesmêmes, sont purement spéculatives, et en tous cas prématurées ; qu’elles peuvent, si elles ne sont corrigées par l’étude des climats de localités, entraîner, dans la pratique, à des erreurs préjudiciables. Les faits en climatologie médicale sont fournis par les climats d’habitat , dont chacun est constitué par une combinaison, en proportions déterminées des divers éléments météorologiques... C’est là, si je puis dire, l 'espèce climatique. Les climats d’habitat, qui, se ressemblant par des qualités fondamentales, différent à des points de vue accessoires, constitueront, en se rapprochant, les genres climatiques ou climats de localité. Ceux-ci, groupés de la même façon formeront les ordres climatiques ou climats de régions. De la réunion des ordres climatiques on formera des classes ou climats de contrée , et enfin ceux-ci groupés entre eux conduiront à la division la plus compréhensive, celle des climats de zone, lesquels sont l’expression la plus générale de cette parenté météorologique. Le climat de localité (à défaut du climat d’habitat) est, à proprement parler, le seul dont l'étude pratique
INFLUENCES THERMIQUES.
offre un intérêt réel, je les mettrai donc au centre de cette étude comme son pivot rationnel. »
M. J. Rochard avait déjà fait un premier pas dans cette voie. Sa classification basée sur les isothermes distingue d’abord les climats en cinq classes: torrides , chauds , tempérés , froids , polaires. Mais chacune de ces zones climatiques est subdivisée en régions géographiques, et s’il n’est pas allé jusqu’aux localités, on sent bien qu’il fait pivoter sur elles toute la climatologie.
Mais une classification qui prendrait ces localités* pour base risquerait fort de n’être plus qu’une énumération incohérente, et pour lui donner un caractère systématique il faut choisir un critérium susceptible de généralisation. M. Fonssagrives n’a pu échapper à cette nécessité et il établit sur la même base que ses prédécesseurs la division des climats en hyperthermiques (température moyenne au-dessous de 20°), thermiques (de 15 à 20°), mésothermiques (de 10 à 15°), hypothermiques (de 5 à 10), othermiques (au-dessous de 5°).
La moyenne hygrométrique donnerait d’autres subdivisions ; puis l’état calme ou agité de l’atmosphère, là pression, la « luminosité, » l’état ozonique ou électrique, le degré de constance ou d’ inconstance de ces éléments mèneraient insensiblement à la distinction des climats de localité .
L’originalité de cette conception consiste dans la tendance avouée à secouer le joug de la géographie; son défaut selon nous, est d’avoir trop subi celui de tel ou tel élément météorologique.
Nous regrettons de voir que l’ouvrage récent si consciencieux et si complet du Dr Lombard (de Genève) (1) où les éléments de la climatologie sont si sérieusement étudiés et si soigneusement définis ne soit pas plus complètement affranchi de ce joug et reproduise, dans la description des maladies climatériques, les groupements géographiques anciens; et, dans le classement des climats, les classification que nous critiquons.
Nous avons proposé nous-même une classification des climats que nous croyons devoir reproduire ici en substance.
De toutes les influences climatériques celle qui influe le plus sur la salubrité du milieu nous paraît être la variabilité thermique. Nous basons, par suite la division fondamentale des climats sur I’écart des maxima et minima diurnes.
On obtient ainsi :
1° Pour des écarts diurnes inférieurs à 3 degrés, ce que nous appelons les