CLIMATS UNIFORMES
2° Pour des écarts supérieurs à 3 degrés, les climats variables.
Mais la variabilité annuelle et saisonnière ayant une grande importance pour le choix des stations hygiéniques , nous avons réglé sur elle la subdivision des autres classes et nous avons ainsi :
1° Dans le groupe des climats uniformes : A les climats constants dans lesquels X écart annuel n’est pas supérieur à 5°, et B les climats inconstants* où cet écart est supérieur à 5°. Nous subdivisons ces derniers en : A, climats réguliers, où la variabilité saisonnière (écart trimestriel) n’est pas supérieure à 5° ; et B, climats graduels, où cet écart saisonnier est supérieur à 5°.
2° Dans le groupe des climats variables, nous avons, de même : A, les climats tempérés, où l’écart saisonnier est inférieur à 5°, et B, les climats où cet écart est supérieur à 5°, que nous subdivisons en : a, climats rigoureux, où l’écart mensuel est inférieur à 10° et b, climats excessifs, où cet écart est supérieur à 10°.
Il arrivera que ces différentes classes de climats se trouveront échelonnées de l’équateur au pôle dans l’ordre des zones isothermes; et les écarts de
(1) Traité de climatologie médicale.
HYGIÈNE
variation que nous avons pris pour base, seront souvent en rapport avec la latitude isothermique ou géographique; mais le classement des climats est indépendant de cette concordance et c’est l’avantage que nous avons recherché.
Nous basons un second mode de groupement sur la topographie , ce qui nous fournit dans chaque classe de climats les divisions suivantes :
A. Stations maritimes subdivisées en a insulaires et b littorales.
B. Stations continentales, subdivisées en a palustres , b syluaines , c agrestes , d urbaines (cette dernière désignation réservée aux agglomérations humaines considérables).
G. Stations montagneuses subdivisées en a stations des plateaux , b stations des vallées.
Et, pour préciser l’altitude des stations de plateaux et les conditions d’aération des stations de vallées, nous avons proposé les néologismes suivants :
1° Stations platéennes : stations des plateaux d’une altitude inférieure à 1000 mètres. #
2<> Stations altéennes : Stations des plateaux compris entre les niveaux 1000 à 2000 mètres.
3° Stations cimèennes : Stations des plateaux d’une altitude supérieure à 2000 mètres.
4° Stations stènêennes (de çxsva défilés) : Stations de vallées hautes.
5° Stations napèennes (de va r.oç, vallée ombragée) : Stations de vallées basses.
Il nous a paru essentiel aussi de rappeler les divisions des autres classification basées sur les moyennes annuelles de températures ou sur les isothermes, en particulier -celle de M. J. Rochard. Si nous n’en avons pas conservé les dénominations c’est afin de mieux rendre le sens géographique du groupement.
Nous aurons ainsi :
1° Les climats de la zone intertropicale groupés autour de l’équateur thermique, entre les isothermes de -f- 2o° cent.
2° Les climats intermédiaires compris dans la zone tempérée, entre les isothermes de -f- 10° c. et + 25° c.
3° Les climats circumpolaires groupés autour du cercle polaire entre les isothermes de -H 5° et -+- 10».
4° Les climats polaires, plus voisins du pôle, et compris au-delà de l’isotherme de 5 degrés.
Enfin la division géographique se complète par la subdivision en régions vaguement délimitée^ suivant la longitude.
Elle nous donne ; v
1° La région pacifique (océan pacifique).
2° — américaine (continent américain).
3° — atlantique (océan atlantique).
4° — méridienne (située sous le premier méridien).
5° — asiatique (continent asiatique).
Les localités viennent d’elles-mêmes se grouper dans les catégories ainsi établies, puisqu’il suffit de connaître :
1° La configuration géographique ;
2° La position sur le globe ;
3° La température annuelle moyenne ;
4® La courbe des variations diurnes de la température qui donnera elle-même les maxima et minima de l’année et par suite Y écart déterminant la variabilité thermique annuelle ou mensuelle.
On remarquera qu’aucune classification des climats ne peut échapper à la nécessité de tenir compte de ces éléments climatériques et que toutes les préjugent.
INFLUENCES THERMIQUES.
Prenons des exemples :
A Nice, la température moyenne annuelle est de 15° 27 (entre -f- 10 et -b 25°) ; l’écart diurne est de 1° 29 (inférieur à 3°); l’écart annuel de 16° (supérieur à 5°), l’écart saisonnier moyen de 7° (supérieur à o°). Nice est donc une station littorale de la région méridienne intermédiaire à climat graduel.
A Funchal (Madère) 1 écart diurne est de 0°61, l’écart annuel de 7°, l’écart trimestriel de 2° 5; c’est une station insulaire de la région pacifique intermédiaire à climat régulier.
A Honolulu (Huvaï), l’écart diurne est inférieur à 3°, l’écart annuel inférieur à 5°. C’est une station insulaire de la région pacifique intermédiaire à climat constant.
Paris serait une station urbaine de la région méridienne intermédiaire à climat rigoureux.
Nous bornons là ces exemples qu’il serait facile de multiplier et nous résumons dans le tableau suivant tous nos éléments de classification.