I. Acclimatement.. — Les chances d’acclimatement dépendent
1° Des conditions hygiéniques du climat nouveau ;
2° Des aptitudes de la race à vivre sous ce climat, aptitudes qui se traduisent : — a. Par sa force de vitalité; — b. Par sa puissance de fécondité.
Affirmons d’abord qu’on ne s’acclimate pas aux localités ni aux climats insalubres. C’est avec raison, suivant nous, que, dans un travail récent, M. L. Bertholon restreint l’étude de l’acclimatation à celle de la vitalité dans les pays exempts d’impaludisme. Pour ce qui nous concerne, chargé, pendant la guerre du Mexique, de la direction du service médical de la division navale du golfe, nous n’avons pas su résoudre autrement la question de Y acclimatation que par le rapatriement des sujets éprouvés par le climat ; et nous sommes, en fait d’adaptation des races aux climats pernicieux, de l’avis d’Herbert Spencer : « Ce n’est pas par l’individu que le facteur ou cause externe modifie l’espèce ; c’est en supprimant les individus qui ne sont point armés pour lui résister. » (Y. Hevue scientifique, 1876, p. 178.)
M. le Dr Morice a exposé récemment ( Revue d'anthropologie, 1876, p. 478) les résultats de l’acclimatement ou plutôt de l’immigration des races humaines et des animaux dans une contrée nouvellement colonisée et notoirement insalubre : la Basse-Cochinchine, où notre ancien camarade a lui-même succombé depuis. Tandis que les indigènes (mois) et des peuples envahisseurs ( Siams , Cambodgiens, Annamites) ou émigrants ( Chinois , Tagals, Malais, Hindous du Malabar, s’y sont acclimatés, en grande partie, il faut l’avouer, à la faveur du métissage, « on peut dire dès aujourd’hui que l’acclimatement du Français dans la Basse- Cochinchine n’est pas possible et ne paraît pas devoir le devenir un jour. Les quelques Français ayant six ans, neuf ans, dix ans de colonie, que l’on montre avec orgueil au nouvel arrivé sont des exceptions bien rares, et il n’y a pas une seule famille de race européenne établie, vivant dans un sérieux état de santé. La mortalité des nouveau-nés de race pure est aussi un fait incontestable, dont