‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 22 sur 124 · TOME VIH. NOUV. TECH · texte numérisé non relu

TOME VIH. NOUV. TECH

HYGIENE

Les corps poreux comme le charbon fixent les gaz dans leurs pores; la ouate retient une partie des germes.

Les fumigations (guytoniennes) d’acide chlorhydrique dégagé en abondance ne sont même plus employées dans les salles de chirurgie ni les maternités. Cet abandon s’explique par le mode d’infection propre à l’infection purulente et à la fièvre puerpérale , qui se transmettent surtout par le contact. M. Bouchardat pense qu’elles rendraient plus de services dans le cas des « maladies miasmatiques contagieuses », et il regarde comme indiqué l’emploi des fumigations de chlore, d’acide nitrique ou nitreux dans les salles occupées pendant quelque temps par de nombreux malades atteints de choléra asiatique , de typhus fever ou d’autres maladies transmissibles par des miasmes spécifiques.

On a proposé encore les hypochlorites de chaux, de soude introduits dans la pratique par Labarraque, et très-commode pour obtenir un dégagement graduel et ménagé de chlore. Ils peuvent être employés dans les chambres des malades. Une solution parfaitement limpide de chlore convient pour désinfecter le linge et les objets de pansement qui ont servi aux cholériques.

Au camphre, qui, comme les essences, détruit les organismes inférieurs, on substitue aujourd’hui plus avantageusement le phénate de soude et l’acide phénique, dont l’action est la même.

Ces diverses matières sont employées à la fois pour désinfecter l’air et les excrétions de toute nature, le pus, le sang, le linge, etc. La solution d’acide phénique au millième, la solution concentrée de sulfate d’alumine, les permanganates de potasse et de soude, sont les plus employées.

Pour la désinfection des plaies, on employait d’abord les baumes naturels, les térébenthines, les onguents qui en contiennent, puis les essences, le camphre, l’alcool, associés ou non ; plus tard les substances métalliques : acétate de plomb, sous-nitrate de bismuth; enfin, les préparations phéniques. Lister opère sous un brouillard d’acide phénique, maintenu à la surface de la plaie.

D’autres chirurgiens ont préconisé l’occlusion par la baudruche (Laugier), le diachylon (Chassaigne) ou la ouate (Alph. Guérin). Ce dernier mode de pansement réalise un progrès considérable dans la thérapeutique chirurgicale.

Ajoutons avec M. Bouchardat, auquel nous empruntons ces détails, les moyens de désinfecter les eaux potables et les aliments, dans les épidémies de choléra, de dysenterie , de fièvre typhoïde. Le meilleur moyen de désinfecter l’eau potable est de la faire bouillir et de ne boire que des infusions de thé léger ou d’autre's plantes aromatiques. Nous n’encouragerions pas, à l’exemple de notre auteur, l’usage du café même léger. On peut, au contraire, adopter pour boisson les eaux minérales légères.

Pour les aliments, la cuisson détruit les ferments morbides.

Un seul remède, conclut M. Bouchardat, est vraiment souverain î c’est la dispersion ou Yisolement aussi scrupuleux que possible des malades chez lesquels existent ou se développent des maladies qui peuvent se transmettre aux malades des mêmes salles, réunissant les conditions de la transmission.

Fuir ces foyers intenses de contagion , disperser les malades atteints, en les maintenant isolés hors des hôpitaux sous tente improvisés, telles sont les précautions qui résument toutes les autres.

De ce qui précède, nous pouvons aussi conclure : pour les enfants, qu’il faut les retenir au domicile de leurs parents par des secours suffisants, par des visites charitables convenablement renouvelées; par leur dispersion dans les salles destinées aux femmes âgées, ou aux hommes qui ne peuvent ni com»

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muniquer ni recevoir les maladies spéciales aux enfants. Pour les accouchées , outre l’aération, les soins de propreté, la proscription des éponges pour la toilette, l’enlèvement du linge contaminé, l’isolement de la malade dès les premiers symptômes (Ernpis), il faut encourager l’accouchement à domicile, diminuer le nombre des accouchées dans les maternités au moindre indice d’épidémie, placer quelques-unes des accouchées nécessiteuses chez les sagesfemmes de la ville présentant toutes les garanties désirables (mesures adoptées déjà pour Paris), les disperser dans les salles des hospices consacrées aux vieilles femmes (Bouchardat). Pour les blessés, le manque de chirurgiens, est un obstacle à leur dissémination dans les grandes villes, où la distinction entre les médecins et les chirurgiens est formelle. M. Bouchardat propose d’attacher un jeune chirurgien à chaque bureau de bienfaisance, en ayant soin de pourvoir les bureaux du matériel nécessaire, de substituer peu à peu aux grands hôpitaux des maisons de secours communes aux vieillards, aux infirmes et aux malades atteints de maladies aiguës. Une dispersion véritable serait le résultat de cette apparente promiscuité. Très-peu de lits seraient consacrés aux blessés, et l’on multiplierait le plus possible les maisons hospitalières dans lesquelles ils recevraient les meilleurs soins , pour réduire au minimum le nombre de ceux qui doivent subir de grandes opérations.

b. Sur quelles bases doit-on construire les hôpitaux futurs? Nous attendrons les résultats de l’expérience pour juger le nouvel Hôtel-Dieu, dont l’originalité, si nous en croyons un journal anglais que nous avons sous les yeux (1), consiste dans l’organisation de la ventilation, qui s’opère au moyen de deux machines à vapeur de 40 chevaux chacune, lesquelles aspirent l’air à une altitude de 130 pieds au-dessus du sol.

Cet air circule à travers les salles après avoir été filtré, chauffé ou rafraîchi, suivant les convenances. Le débit est réglé à 100 mètres cubes par malade et par heure. Il est filtré de nouveau et brûlé à sa sortie dans le but de détruire les germes qu’il emporte. C’est l’applicatiou du système Wœstyn.

D’après le Journal d’hygiène, il y a autre chose : une meilleure distribution des divers services, un fractionnement intelligent des malades, etc.

Le 716 lits que contiendra l’hôpital seront répartis dans 84 pièces séparées et de diverse grandeur. Dans les combles des deux bâtiments latéraux de la cour centrale, 84 lits ont été réservés dans le but d’établir une sorte d’alternance hygiénique.

Pour le chauffage, l’ingénieur Ser a adopté un système mixte, combiné du chauffage à l’eau chaude et du chauffage à la vapeur.

Toutes les parties de l'hôpital, excepté les salles des malades, sont éclairées au gaz.

La distribution d’eau est assurée par. sa double origine de la Seine et du canal de l’Ourcq.

Des monte-charges et des chemins de fer servent à la réception et au transport des divers approvisionnements.

Des sonneries électriques établissent des communications très-étendues et instantanées entre tous les services, en assurant le contrôle et la régularité.

Le service des bains est aménagé sur le modèle de l’hôpital Saint-Louis.

M. Lasègue y trouve tout « sauf une idéé celle de faire de cet hôpital la maison-mère de la médecine, d’y réunir tous les enseignements et toutes les expérimentations. Nous n’avons pas à nous prononcer.

(1) Nature , août 1877 ^ p. 333.

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Le journal anglais the Lancett (n0s de mars, avril et mai 1874) contient un travail du Dr John Sutherland et du capitaine Douglas Galton, intitulé Principes of hospital coîistruction, dans lequel sont traités tous les points qui intéressent l’architecture nosocomiale.

Les auteurs réclament avant tout la sobriété dans la construction : les salles, les locaux destinés au personnel et au matériel directement affectés au service sont les seuls nécessaires. Éloigner tout ce qui peut souiller l’air ou gêner sa libre circulation; ne rien concéder à l’ornementation, ni au confortable du personnel administratif, si l’on doit, pour le faire, amoindrir l’espace affecté aux malades, ou mettre obstacle à l’aération de l’édifice, qui doit leur être exclusivement consacré. Que chaque salle ait le vent d’un côté et reçoive le soleil par deux faces. Le terrain nécessaire doit, à la ville, être évalué à un minimum de 40 ares pour 100 lits.

Séparer radicalement le quartier des malades de celui des bureaux, des cuisines, des caves, des magasins, des chaudières, des dispensaires, des cabinets de consultation, etc. Ne tolérer auprès d’une salle que Yoffice indispensable au service des infirmiers ou des malades eux-mêmes. Le quartier des malades sera subdivisé en pavillons aussi indépendants que possible, et chaque pavillon ne contiendra pas plus d’un certain nombre de lits. De très-petites salles, voire même des chambres à un lit, seraient désirables. Les femmes en couches auront leurs hôpitaux distincts, et les vénériens leur section distincte dans l’hôpital général.

Deux lits entre deux fenêtres, prises d’air ménagées de telle sorte que l’air pénètre à la partie moyenne delà salle; lieux d’aisance, salles de bains, urinoirs, lavabos installés dans des ailes à l’extrémité libre des pavillons et ventilés de façon à éloigner leurs eflluves de la salle, quelle que soit la direction du vent; cabinets des infirmières disposés de manière à ce qu’ils aient vue sur la salle entière; lavoir de la vaisselle pourvu d’eau chaude disponible à tout instant et de chauffoir pour les aliments et les tisanes...

Les dimensions relatives des salles doivent être Calculées sur le pied de 90 à 100 pieds carrés. par lit; 14 pieds de hauteur suffisent. Avec un espace de 1,400 pieds cubes par lit, le renouvellement de l’air pourra s’effectuer assez vite, sans compromettre la température. La largeur des salles sera de 24 pieds au minimum, et l’on ne mettra pas plus de deux rangées de lits dans chaque salle.

Les croisées s’étendront de 2 pieds et demi du plancher à 1 pied du plafond , assez larges et assez nombreuses pouç répartir également et copieusement l’éclairage. Il y en aura une tous les deux lits et une à l’extrémité de la salle. Un plus grand nombre pourrait entraîner des refroidissements préjudiciables ou des courants intempestifs.

Trois pieds entre chaque lit. Ni cordon, ni côrniciie.

Faute de mieux, on couvrira les murs d’un ciment épais, susceptible de poli. Le plancher sera fait d’un bois résistant, tel que le chêne, à jointes très-serrées; il sera uni et ciré. Au lavage à l’eau on préférera le frottage au sable ( hriquage à sec de la marine).

Les tuyaux d’évacuation s’ouvriront en dehors de la salle et seront fermés par des soupapes aux jonctions et prolongés jusqu’au toit pour l’aération...

Tels sont, sauf quelques particularités relatives à la ventilation et au chauffage , les points principaux de ce programme , en partie réalisé déjà chez nous dans les types de construction de M. l’ingénieur Tollet, qui a le mieux appliqué le système des hôpitaux sans étages à pavillons isolés.

La Planche ! représente un modèle de ces hôpitaux.

L’auteur avait d’abord en vue le casernement. Il voulait « donner à l’armée dans des constructions en pleine campagne (camps permanents), comme à

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proximité des villes (casernements), des logements incombustibles plus salubres et plus économiques que les casernes actuelles ».

Le bois n’offrait pas ces garanties. Les constructions en bois ne sont pas incombustibles et nécessitent des appels d’alarme, des réservoirs pour incendie, des magasins de pompe et môme un personnel spécial. Leur salubrité est contestable, leur établissement coûteux. « La forme rectiligne (1) est obligée et s’impose; elle nécessite des tirants, poinçons, arbalétriers; en un mot, tous les éléments de formes compliquées et coûteuses d’une charpente empiétant sur le cube d’air du malade. Les baraques s’infectent vite, leur salubrité de la première heure est périssable, les lavages à grande eau pourrissent le bois et le pénètrent peut-être plutôt de germes qu’ils ne le nettoient. De plus, elles sont sujettes, malgré tous les soins et toute la surveillance, à une pullulation parasitaire qui, dans le joint des planches, trouve d’inaccessibles retraites. Les insectes, les rats surtout, deviennent une cause de fatigue pour les malades, dont le sommeil, le pain et les vêtements même sont fort éprouvés. Dans les camps baraqués des environs de Paris, on ne pouvait empêcher la plupart des hommes d’aller coucher en plein air, malgré toutes les remontrances. Enfin, la baraque ne présente pas toujours un écran thermique suffisant. Malgré les couvre-joints et la double paroi creuse ou bourrée de remplissage, il est laborieux d’y maintenir une température hibernale suffisante. L’été , les chaleurs en rendent le séjour très-pénible. »

Cependant, il faut reconnaître que la mobilité et la rapidité d’installation, le bon marché relatif, constituent de précieux avantages.

Les étages surperposés sont condamnés par tout le monde ; ils obligent à des planchers en poutre, à des murailles épaisses pour supporter le soutènement, à des escaliers dont la montée et la descente fatiguent le malade et sont un danger pour lui, enfin à de nombreux couloirs, qui déterminent des courants d’air (Chassagne) et sont « un véritable moyen de canalisation pour l’air vicié et pour les germes putrides provenant de chaque salle » (Marvaud).

Le casernement Tollet a donné jusqu’à présent à Bourges d’excellents résultats. « De 1875 à 1877, on constate une diminution des trois quarts dans les entrées à l’hôpital et d’à peu près les deux tiers dans le chiffre des malades à l’infirmerie et à la chambre. » (Note du Dr Duprat, dans Chassagne, ouvrage cité.)

Comme matériaux, il n’emploie que le fer et la brique; comme forme du bâtiment, il s’en tient à l’ogive équilatérale ou à tiers-point, qui allie à une grande solidité un cubage atmosphérique peu étendu. Les parois du bâtiment, formées de nervures métalliques se croisant à angles droits, sont matelassées de deux rangées de briques, l’interne en briques creuses. Au point où la courbe commence., c’est-à-dire à 2 mèt. du sol, il n’y a plus qu’une couche de briques creuses revêtue intérieurement de plâtre, extérieurement de ciment ou de tuiles mécaniques de Montchanin. L’épaisseur des parois ne dépasse pas 20 centimèt. Les pavillons ont , à Bourges, 40 mèt. de long sur 6m,30 de large; ils sont ventilés et éclairés par de larges fenêtres et des petites ouvertures pratiquées sur la partie moyenne de la voûte de l’ogive. La hauteur du sol au faîtage de l’ogive est de 5m,70. L’intérieur du pavillon est divisé en deux chambrées , séparées par un vestibule central où l’on a disposé des lavabos ; à l’une des extrémités se trouvent les chambres des sous-officiers. Le plancher du pavillon, fait en ciment de Portland, est élevé à 70 centimèt. du sol, dont il est

(1) A Chassagne, les Hôpitaux sans étages et à pavillons isolés, dans le Journal d' Hygiène, 1877.

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séparé par une couche de béton hydraulique. Dans les chambrées, aussi bien que dans les chambres des sous-officiers, on obtient un cubage absolu de 16 mèt. cubes par homme avec une ventilation de 70 mèt. cubes par homme et par heure. Ces données sont supérieures aux fixations réglementaires , qui n’exigent que 12 mèt. cubes pour un fantassin et 14 mèt. cubes pour un cavalier ; elles égalent les fixations admises en Prusse , en Autriche , en Russie (Morache, Revue des sc. méd., VI, 345).

M. Hillairet [Gaz. hebd., 1875, p. 260 et 277), s’appuyant sur la théorie, sur son observation personnelle , sur l’opinion très-favorable du Dr Sairazin , médecin en chef du camp d’Avor, reconnaissant d’ailleurs que certains détails peuvent être perfectionnés, trouve au système les avantages suivants : 1° cubage d’air plus considérable; 2° température uniforme; 3° propreté générale et personnelle ; 4° enfin , économie ; car les frais d’établissement ne reviennent qu’à 300 francs par homme, alors qu’ils sont d’environ 600 francs pour les casernes.

Ce système, appliqué aux hôpitaux, fait revenir à 1,800 francs ledit d’hôpital qui ne coûte pas moins de 4,000 francs dans les hôpitaux militaires français. Il l’a été pour la construction de l’hôpital régional du 8e corps d’armée à Bourges; et le Dr Cbassaigne fait remarquer avec raison combien il est économique , si l’on prend « le prix du mètre cube d’air clos pour le coefficient hygiénique réel du prix de l’hôpital ». L’hôpital de Bourges est, eu égard à ces conditions, de moitié meilleur marché. A Lariboisière, le mètre cube d’air clos revient à 331 fr. 50; à Bourges, il revient à 62 fr. 37. Il est vrai que, dans les hôpitaux sans étages , à pavillons isolés , construits en bois , le prix de revient du mètre cube d’air clos est moindre : il n’est que de 5 fr. 55 à Metz. (Voyez le tableau détaillé dans l’ouvrage de Chassaigne.)

Dans la construction des hôpitaux, quelques modifications sont introduites dans les installations que nous avons décrites pour les casernes. La paroi peut être formée de trois épaisseurs de briques , dont une intermédiaire de briques tubulaires , ou bien de deux épaisseurs de briques laissant entre elles un espace creux de 15 à 25 centimèt. , où l’air circule librement , en sorte que l’ensemble donne l’idée de deux constructions superposées. Les chalets, étant supposés à trente lits, sont divisés en deux salles inégales, l’une de douze, l’autre de seize lits , séparées par un large espace transversal où sont disposés les locaux accessoires; dans chaque salle, le cubage atmosphérique absolu est de 51 mèt. cubes avec une ventilation de 90 mèt. cubes par heure et par lit. Cette ventilation s’obtient naturellement au moyen de larges fenêtres pourvues d’une porte ouvrant à soufflet , de chatières à fermetures grillagées , de châssis au faîtage , de grandes rosaces également au faîtage de l’ogive , de manchons entourant le tuyau de sortie du poêle, enfin d’une cheminée de tirage placée à l’extrémité de chaque salle. Cette ventilation naturelle paraît, au constructeur aussi bien qu’à M. Hillairet, beaucoup plus puissante que celle qu’on obtient par les appareils mécaniques les plus perfectionnés dont l’effet est souvent incertain (Morache).

Les différents services annexes sont disposés dans une série de pavillons aménagés pour leur destination spéciale, mais ils offrent tous le même genre de construction.

Les avantages du système appliqué aux hôpitaux sont, d’après M. Chassaigne: 1° maximum d’air clos et cube d’air individuel plus élevé avec le minimum de matériaux de construction et de surface d’absorption des miasmes, — cela dû à la forme ogivale ; — 2° l’incombustibilité et la préservation contre les parasites, dues à la construction hydrofu'ge en briques et fer; 3° le développement en surface substitué au développement en hauteur, la suppression des étages, l’aéraiip» des salles aux quatre faces; 4° la nécessité d’une certaine aire, d’où celle

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de rétablissement des hôpitaux auprès des villes et non dans les villes. En un mot, minimum insalubre et maximum des coefficients de salubrité.

Cet auteur émet toutefois le vœu : 1° que la forme soit linéaire double sans traverse, les annexes se trouvant placées dans les pavillons parallèles médiocres de chaque rangée; 2° que les fenêtres et les châssis du faîtage soient agrandis; 3° que les promenoirs soient de simples allées couvertes, sans fermeture latérale d’aucune sorte; 4° enfin qu’à Limitation des expériences faites en Amérique et en Allemagne, on place dans les jardins pendant l’été quelques-unes de ces tentes-hôpitaux qui ont donné partout de si remarquables résultats en chirurgie et auraient, en outre, l’avantage de dégager les salles d’opérés, de créer des salles de rechange sous toile, c’est-à-dire des mieux ventilées.

Dans un mémoire couronné par la Société de secours aux blessés, le Dr Cabrol, médecin en chef à l’hôpital Saint-Martin, à Paris, a formulé tout un système de « villas sanitaires » (1) composées de chalets en fer, de 23 mètres sur 8, destinés chacun à 12 malades, convenablement chauffés et ventilés, pourvues d’annexes où l’on réunit tout le confortable possible.

Ce système ou tout autre analogue peut avoir de l’avenir. Les migrations sanitaires sont dans les vœux de tous; le jour est proche où elles seront réglementées, et les villas sanitaires seront un complément utile de leur institution.

2° Maladies infectieuses: Miasmes, ferments, contages. Désinfectants. Quarantaines. Rage. — Nous ne croyons pas devoir pousser plus loin cette étude de détail ; et nous préférons maintenant aborder dans son ensemble, d’après les données récemment acquises, le problème de l’insalubrité, en tant qu’elle résulte du concours des divers agents pestilentiels : miasmes, ferments, contages, etc.

Dans une séance récente de l’Académie des sciences, M. Sédillot a proposé de confondre sous le nom de microbes tous les organismes inférieurs microphytes, microzymas, microzoaires, etc.; et, si ce mot n’ajoute pas de clartés nouvelles au sujet, il est d’un usage commode pour exprimer l’idée générale d’agents pestilentiels organisés. C’est dans ce sens que nous nous permettrons de nous en servir. La discussion récente de l’Académie de médecine sur les pansements antiseptiques prouve, une fois de plus, que l’on économiserait quelquefois bien du temps si l’on s’entendait mieux sur la valeur des mots.

La nature des miasmes n’est pas mieux définie que par le passé. On en est toujours réduit, sur ce point, aux hypothèses ; et, bien que la doctrine des germes morbides gagne chaque jour du terrain, un grand nombre de faits échappent encore à l’interprétation, lorsqu’elle se base exclusivement sur leur nature et leur mode de développement, sans tenir compte de la variabilité des conditions du milieu cosmique où ils s’engendrent et du milieu plasmique où ils évoluent dans les différentes manifestations de leur action morbifique.

On continue à classer les miasmes en: 1° émanations putrides, résultant de la décomposition des matières animales; 2° miasmes proprement dits, provenant de l’homme ou des animaux sains ou malades; 3° miasmes ou effluves telluriques. M. Léon Colin propose d’y ajouter un quatrième groupe : Des miasmes rapportés, mais par analogie seulement, aux influences telluriques (. Dict . encycl., miasmes).

(1) Les villas sanitaires , principalement en temps de guerre et d'épidémie , les hôpitaux, leur sol normal

Les premiers sont fournis par les matières organiques en décomposition, qu’elles proviennent des produits excrémentitiels (latrines, égouts, voiries de matières fécales), ou de la putréfaction du corps de l’homme ou des animaux (cimetières, abattoirs, clos d’équarrissage, raffineries, boyauderies, etc.). Leur influence se révèle d’abord par la diarrhée, qui semble comme le signal d’alarme des maladies typhiques. On y a rapporté encore la peste, les affections bilieuses, la fièvre à rechute, la fièvre jaune (Fuzier) ; et la manifestation la plus simple en est la diarrhée d’amphithéâtre.

Les miasmes humains qui s’accumulent dans les atmosphères des grands centres populeux ( malarie urbaine ), des bagnes, des prisons, etc., manifestent leur action par une sorte d’énervement qui se traduit, tantôt par l’alanguisse- 1 ment des fonctions de nutrition et l’anémie consécutives , tantôt par l’état typhique et l’allure 'pernicieuse des accidents.

Le miasme nosocomial en est une forme, mais il suffit de jeter les yeux sur la liste des infections nosocomiales : érysipèles , fièvre puerpérale , pourriture d’hôpital, infection purulente, pour voir combien cette caractérisation est illusoire. Deux conditions surtout font varier les manifestations : l’aptitude de l’organisme à recevoir l’infection et à élaborer le miasme ; la variété des moyens de transport qui favorisent ou non la dissémination, la transmission, la contagiosité de l’agent, infectieux.

L’influence tellurique se traduit de deux manières : par la facilité de transport que présente le sol; par son aptitude intrinsèque à engendrer le miasme. C’est avec raison que M. Colin insiste à cet égard sur la distinction à faire entre les marais et les terres vierges. L’importance que l’on a donnée aux eaux stagnantes lui parait avoir contribué à retarder les progrès de l’étude des miasmes. Si l’humidité du sol, la stagnation de l’eau, les obstacles au renouvellement de l’air sont éminemment favorables, en effet, à leur développement, le fait que les mêmes effets peuvent être déterminés par les émanations marécageuses et celles des terres vierges nouvellement remuées, ce fait autorise à dire que le miasme se trouve avec ses qualités intégrales dans le sol même, et qu’on l’y rechercherait plus facilement et plus utilement si l’on ne se laissait pas donner le change par des phénomènes qui ne sont qu’accessoires.

C’est à tort, suivant le même auteur, que l’on attribue encore à des influences analogues à la malarie certaines maladies infectieuses, telles que la peste, la fièvre jaune, le choléra, affections d’origine endémique, c’est-à-dire limitée géographiquement et inconnue dans sa raison d’être, et non pas tellurique. Du reste , la limite du foyer originel , la tendance à la propagation épidémique , le traitement, l’absence d’une cachexie consécutive, parfois la contagiosité, créent une barrière qui sépare chacune de ces affections de l’intoxication palustre. Or, malgré la part probable qui revient, dans leur développement, à la décomposition des matières organiques, le nom de foyers infectieux, donné aux localités où surgissent ces trois affections, n’implique nullement qu’on ait constaté qu’elles se rattachent à des conditions du sol lui-même, comme la mal’ aria qui en dépend absolument. C’est altérer le sens de l’expression tellurique que de l’appliquer aux affections des localités, aux endémies; le goitre, le crétinisme, le bouton d’Alep, l’éléphantiasis des Arabes, types des endémies, seraient alors considérés comme d’origine tellurique. Ce qui fait précisément le caractère de la malarie et la distingue des autres miasmes, c’est qu’elle naît essentiellement du sol ou d’un milieu analogue; et que le séjour en mer constitue le meilleur moyen de s’y soustraire, comme le prouve l’immunité des équipages naviguant sous les latitudes où l’atterrissement est le plus dangereux (L. Colin).

Quoi qu’il en soit, il faut tenir compte, dans l’appréciation de l’influence miasmatique, du rôle des boissons, de la température ambiante, de la variabilité

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météorique, enfin des agglomérations urbaines qui jouissent d’une immunité relative contre la mal’aria, en meme temps qu’elles sont plus accessibles aux autres infections , à ce point que l’on a pu croire à un antagonisme entre le miasme tellurique et le miasme humain. Le rôle physique et chimique de l’air est considérable, ainsi que l’étude des ferments peut le faire pressentir; et les professions établissent des conditions de réceptivité aux miasmes qui varient dans des limites assez étendues.

De tous les moyens proposés contre les miasmes, les meilleurs sont le renouvellement de l’air, et surtout la destruction par la chaleur des matières organisées qu’il contient, la culture du sol et l’emploi des substances antifermentescibles. Nous avons passé en revue la série des désinfectants et des autres moyens d’assainissement; il nous reste à étudier de plus près les moyens de propagation des contages et le mode d’évolution des ferments ; car on aurait bien simplifié ce point d’hygiène, si l’on s’appliquait davantage à limiter la contagion , au lieu de la favoriser, et si l’on connaissait mieux les conditions de la vie propre des miasmes et des contages.

Nous sommes de ceux qui pensent que les contages ne diffèrent pas essentiellement des miasmes et que les propriétés morbides des uns et des autres sont dues à des éléments organisés charriés par l’air, par l’eau , par les liquides de l’économie animale, susceptibles de développement et de pullulation, quand ils sont placés dans un milieu et dans des conditions favorables.

Mais nous acceptons volontiers la distinction maintenue dans ces derniers temps par Bernheim entre le miasme, « poison contenu dans le milieu extérieur, sol, air ou eau, susceptible de se multiplier et de se reproduire indéfiniment en dehors de l’organisme » , et le contage, qui « peut, quelle que soit son origine première , naître, c’est-à-dire se reproduire et se multiplier dans l’organisme ». ( Dict . encycl. contagion.)

Toutefois cette distinction est singulièrement affaiblie par la concession qui la complète et qui admet que le contage peut devenir miasme et le miasme contage.

Ce qu’il faudrait préciser, ce sont les conditions du sommeil des agents infectieux ou contagieux , sommeil plus ou moins prolongé pendant lequel , tout en restant silencieux , ils conservent à l’état potentiel toutes leurs propriétés ; et aussi pourquoi l’air, véhicule ordinaire et plus ou moins nécessaire des uns ou autres , tantôt les détruit à la longue, tantôt aide à leur évolution.

Le fait important à retenir, c’est que, en outre des cas plus nettement définis où certaines maladies sont produites par la présence à la surface ou dans l’épaisseur des tissus de certains êtres déjà élevés en organisation : acarus , trichine , champignons, etc., maladies aujourd’hui groupées dans la classe des maladies parasitaires, on trouve encore, dans les humeurs des malades atteints d’affections miasmatiques ou contagieuses , des éléments figurés susceptibles de pullulation et dont quelques-uns ont pu donner naissance par la culture à des végétaux déterminés. Ces éléments se présentent, en général, sous forme de bâtonnets immobiles ( bactéridies ), mais on doit admettre que certains microbes sphériques observés dans les mêmes circonstances n’en sont que le premier signe d’évolution, et que la motilité ne les distingue pas suffisamment des autres éléments analogues retrouvés dans les produits de la fermentation et de la putréfaction , ni , en général , de tous ces êtres inférieurs à forme filamenteuse , sans organisation appréciable , sans organes locomoteurs visibles , se mouvant par V effet de leur contractibilité générale , qui constituent les vibrioniens (bactéries, vibrions, spirilles).

Nul doute, pour nous, que ces êtres ne soient spéciaux dans chacune des maladies où on les a découverts ; mais [il faut tenir compte de leur propriété

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commune, d’activer les processus morbides dans le milieu où ils évoluent. Cette propriété suffirait seule à expliquer leur rôle dans telle ou telle maladie spéciale. Il faut tenir compte aussi du concours que prêtent à leur développement les phénomènes morbides tels que la fièvre , qui complique ou caractérise les maladies infectieuses, qu’elle soit primitive ou consécutive à l’apparition des germes morbides. Le nombre des espèces déterminées est déjà notable ; mais les relations entre telle ou telle espèce et telle ou telle modalité pathologique sont encore à découvrir.

C’est dans le charbon que ces petits êtres ont surtout été étudiés, mais on les a rencontrés également dans d’autres maladies ; dans la lymphe vaccinale , le pus de la variole, de la syphilis, de l’infection purulente.... le sang des varioleux, des typhiques , dans l’urine, les matières intestinales , les produits diphthéritiques, etc.

Ce qui nous intéresse ici, c’est Y origine des contages ; mais il n’est pas besoin que nous sachions si, oui ou non, les maladies contagieuses peuvent naître spontanément: en d’autres termes, si l’organisme peut former de toutes pièces les éléments morbides, quels qu’ils soient, qui les caractérisent. L’essentiel est de savoir que la plupart d’entre elles n’apparaissent aujourd’hui dans une localité que si elles y ont été importées d’un foyer où leur germe paraît exister constamment , bien qu’il ait encore besoin , pour se traduire par des manifestations épidémiques, de certaines conditions atmosphériques telluriques ou biologiques. Et, en même temps que les cliniciens et les micrographes s’attachent à définir la nature des agents qui leur donnent naissance dans leur foyer favori , il suffit à l’hygiéniste de savoir que toutes peuvent s’exporter, pour qu’il soit en droit exiger qu’on oppose des barrières à leur extension.

Tel est le but de ce qu’on appelle encore aujourd’hui les quarantaines. Mais dans quelle mesure la pratique gênante et vexatoire des quarantaines est-elle nécessaire et efficace? Ne peut-on pas lui substituer autre chose? Quelles sont les conditions de transport et de réceptivité des contages, favorables ou défavorables à la contagion?

Il n’est pas , on peut le dire , de questions plus complexe que celle-là. « Nous savons que le contage du vaccin et de la variole est dans le liquide sécrété par la pustule, que ceux de la syphilis, du chancre mou, de la blennorrhagie, des ophthalmies purulentes sont dans le pus fourni par ces maladies; le contage de la syphilis est aussi dans le sang, celui de la variole semble être non-seulement dans les pustules , mais dans le sang , dans les croûtes , peut-être dans certaines sécrétions , salive , expectoration ; celui de la rougeole serait , suivant certains expérimentateurs, dans le sang, qui a pu être, dit-on, inoculé, j

peut-être aussi dans les sécrétions lacrymales, nasales, salivaires et dans l’expectoration; ce n’est pas, toutefois, absolument démontré. Le poison scarlatineux est, dit-on, sans preuves certaines, dans le sang, dans la peau, dans les squames épidémiques ; l’inoculabité de ces produits n’est pas hors de conteste ; celui de la coqueluche est peut-être dans l’air expiré et le mucus laryngobronchique; les fausses membranes diphthéritiques contiennent le germe delà diphthérie ; le poison charbonneux est dans le sang de l’animal , dans les tumeurs charbonneuses; il est aussi dans la peau, les poils, les crins, les cornes, les os , la chair et les sécrétions de l’animal ; le virus rabique est dans la salive , la bave, le sang, les glandes salivaires; le contage de la morve est dans le flux nasal , dans les ulcères et tumeurs spécifiques de la maladie , dans le sang (Viborg, Colemann, Hering, Chauveau), dans les sécrétions et les excrétions (larmes, salive, sueur, urine et lait). Nous ne savons pas où réside le poison du typhus; nous supposons, par induction, d’après certains faits d’observation, que ceux de la fièvre typhoïde et du choléra sont dans les déjections; le

INFLUENCE DES QUALITÉS DE L’AIR ET DU SOL

sang et les autres humeurs , dans ces maladies, n’ont pu être démontrés inoculables; ce qui ne prouve pas que le poison ne soit pas contenu dans ces humeurs ; tous les poisons ne sont pas directement inoculables, et l’inoculabilité n’est pas le seul critérium infaillible de la contagiosité. » (Bernheim, loc. cit .)

L’inoculabilité, la virulence sont en raison directe de la fixité des contages ; mais la plupart d’entre eux, fixes ou non , possèdent un certain degré de ditfusibilité et peuvent être suffisamment concentrés dans Fair pour exercer l’action contagieuse à distance; de même qu’ils peuvent s’attacher au linge, aux vêtements, aux murs, qui deviennent des foyers d’infection; ou qu’entraînés par les excrétions , ils infectent le sol ou les eaux. La question intéressant l’hygiène est de savoir dans quelle mesure les contages peuvent se diffuser dans fair et les autres milieux , et à quelle dose ils y sont toxiques. A cet égard, la syphilis et la variole, le typhus et la fièvre typhoïde, n’exigeront pas les mêmes précautions prophylactiques. « Les uns sont seulement transmissibles directement d’un individu à un autre , par l’intermédiaire d’un corps solide auquel ils sont adhérents (vaccine, rage, syphilis, blennorrhagie, gale) ; d’autres sont transportables par l’air à une petite distance (fièvres éruptives , coqueluche , fièvres typhiques); d’autres enfin sont transportables à de grandes distances par le sol et l’eau souterraine (choléra, fièvre typhoïde). Déplus, certains contages ne se développent que dans certains milieux favorables à leur développement, tandis que d’autres sont cosmopolites. Le typhus exanthématique, le typhus récurrent, le choléra, la peste, la fièvre jaune, peuvent bien s’exporter et sévir plus ou moins longtemps hors de leur pays natal ; mais ils finissent par s’éteindre; ils ne s’y accumulent pas, tandis que d’autres maladies , telles que les fièvres éruptives, parties aussi de foyers primitifs, se sont acclimatées partout. » ( Id .)

Et, pendant le temps de leur sommeil, les contages inactifs ont une vitalité différente ; tandis que les uns s’éteignent promptement sur place , sans que les conditions du milieu soient changées, on en trouve qui forcent à évacuer ds localités , des maisons , des salles d’hôpital et dont l’activité se révèle encore lorsque ces lieux sont de nouveau habités.

La réceptivité ne varie pas moins. Il est bien probable , malgré quelques faits qui semblent y contredire, que l’épiderme n’offre aux contages qu’un obstacle précaire, et que les bactéries mêmes font pénétrer leurs prolongements à travers cette membrane; cependant tel contage a son lieu d’élection où il s’implante et souvent se localise. On conçoit à cet égard :

« 1° Qu’une maladie contagieuse reste purement locale, comme l’ophthalmie purulente, les maladies parasitaires de la peau; 2° que, primitivement locale, elle se généralise consécutivement, commme l’angine diphthéritique , l’érysipèle; 3° qu’elle soit d’emblée générale avec manifestations multiples (fièvres infectieuses, éruptions, etc.) ; 4° qu’elle soit d’emblée générale, mais ne donne lieu qu’à une localisation spéciale , déterminée par faffmité plus grande de la graine pour certaines parties (vaccine, chancre induré, pustule maligne). » (Id.)

Les uns pénètrent par les muqueuses , les autres par la peau ; à certains , il faut un milieu morbide (septicémie , fièvre puerpérale) ; tels s’acheminent à travers le tissu cellulaire ou les muscles, tels autres profitent des canaux lymphatiques ou sanguins.

Des conditions spéciales de réceptivité et de transmission résultent de l’âge, delà race, de l’acclimatement, des conditions hygiéniques, thermiques, climatériques, saisonnières. L’immunité n’est pas rare; elle n’est souvent que provisoire; certaines maladies contagieuses s’excluent, d’autres ne s’excluent pas, et parmi ces dernières il en est même qui semblent préparer le terrain aux autres. La contagiosité n’est pas la même à toutes les périodes :

HYGIÈNE

elle comporte ou non une incubation prodromale qui peut, comme on l’a vu pour la rage, se prolonger au-delà d’un an; elle manifeste ses effets avec plus ou moins d’éclat, et la même affection peut tantôt rester bénigne, tantôt évoluer avec une violence et une rapidité foudroyantes.

Sans doute, la chance d’une élimination du poison à mesure qu’il s’absorbe peut influer sur ces résultats, et l’acclimatement pourrait bien , ce nous semble, résulter de ce que l’organisme s’adapte au milieu nouveau de manière à éliminer sans brusquerie les agents morbides au fur à mesure de leur introduction.

Toutes ces conditions déterminent l’allure des épidémies et leur nocivité. C’est en les étudiant de plus près, avec les moyens que la science mettra un jour à la disposition des médecins , que l’on parviendra à établir une classification, aujourd’hui impossible, des maladiescontagieuses. Il faut renoncer actuellement à un groupement scientifique de ces maladies. « C’est à la clinique plutôt qu’à la théorie, dit M. Bermheim, qu’il faut demander de formuler .son programme et de tracer l’ordre de description. » Elle peut réunir :

Les fièvres exanthématiques, qui constituent par leur évolution régulière l’exanthème, l'ensemble de leurs symptômes, un groupe naturel;

Les maladies d’origine exotique , miasmatiques et miasmatico-contagieuses, susceptibles de s’irradier en dehors de leur berceau endémique et d’être importées chez nous : choléra, peste, fièvre jaune;

Les maladies d’origine infectieuse nosocomiale et ne s’adressant qu’à des sujets atteints de traumatisme : affections puerpérales, alfections septicémiques.

Les maladies contagieuses d’origine vénérienne : blennorrhagie, chancre mou, syphilis ;

Les zoonoses ou affections d'origine animale transmissibles à l’homme : morve , charbon, rage , trichinose , maladie aphtheuse.

D’autres maladies enfin sont décrites avec les affections des organes où elles se localisent 'particulièrement : maladies parasitaires de la peau, ophthalmie purulente, angine diphthéritique , croup, dysenterie, muguet, coqueluche, oreillon épidémique, etc. (Bernheim).

Un anonyme vient de fonder récemment un prix destiné à l’auteur des applications des travaux deM. Pasteur les plus utiles à la médecine. C’est là, en effet, que l’on doit chercher la solution des problèmes de l’infection, et il est prudent d’ajourner les généralisations jusqu’au jour où l’étnde du milieu et des agents fermentescibles sera complétée.

La vie, c’est le mouvement dans la matière; la vie organique, c’est le mouvement dans la matière organisée; la vie humaine, c’est ce mouvement individualisé et personnifié dans l’homme; mais la force vitale, le mouvement vital sont indépendants de cette personnalité et ne diffèrent pas essentiellement dans le végétal et dans l’homme.

Voilà le fait, depuis longtemps pressenti et affirmé de toutes parts, auquel les remarquables travaux de M. Pasteur ont donné un commencement de confirmation expérimentale.

On leur demande aujourd’hui bien autre chose, et l’auteur de la théorie nouvelle de la fermentation a le premier ouvert la voie de l’expérimentation médicale, d’où sortira peut-être la notion précise tant de fois recherchée de la santé et de la maladie. Jusqu’à présent, on peut dire que la santé dans l’homme, c’est le mouvement vital régularisé , compensé, équilibré de manière à maintenir intacte la personnalité humaine ; la maladie , c’est ce mouvement partiellement arrêté, imparfaitement compensé, mal équilibré, dévié, perverti. Ce mouvement vital, la mort ne le supprime pas; elle ne fait que détruire la

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personnalité , car la vie cellulaire persiste ; et de la dépouille humaine naissent de nouveaux êtres chargés d’en dissocier les matériaux, d’en isoler les éléments qui, en définitive, ne diffèrent pas de ceux qui constituent tous les autres êtres matériels; et de les rendre au sol et à l’air où toute vie s’alimente . Memento, homo, quia pulvis es et in pulverem reverteris.

On le savait de tout temps, sauf que la décomposition semblait être le résultat d’une loi fatale d’évolution de la matière, tandis qu’elle est l’œuvre d’une classe particulière d’agents dont la fonction est plus générale encore. Ces êtres sont les ferments ; ou plutôt la fermentation n’est qu'une condition accessoire , mais le plus souvent inévitable, de leur vitalité propre et de leur mode particulier d’existence et de développement.

De même, en effet, que les êtres supérieurs en organisation ne peuvent vivre que par la destruction d’autres êtres plus ou moins différents d’eux-mêmes, dont ils s’assimilent les matériaux dissociés, de même les infiniment petits ne favorisent la décomposition du milieu où ils vivent que pour s’en approprier les principes constituants.

Il s’agit de savoir si la maladie n’est pas toujours une forme de cette destruction de l’être vivant au profit des infiniment petits, et si toutes les formes morbides n’ont pas pour point de départ une fermentation partielle due à la présence de microbes dans le milieu organique.

Posée d’une manière aussi générale, la proposition n’est pas discutable. Il est évident qu’un groupe considérable de maladies sont produites sous des influences de milieu comparables aux actions traumatiques, et que, si les infiniment petits trouvent ultérieurement des conditions de vitalité dans les débris d’un rouage arrêté ou brisé de la machine, ils ne sont pour rien dans l’accident lui-même.

D’autre part, il n’est pas moins certain que, dans les conditions normales de la vie, les infiniment petits peuvent s’établir au sein de certains tissus organiques, y trouver les circonstances favorables et leur développement et engendrer, par le fait de leur présence et de leur action destructive, un trouble de la santé qui ne sera pas toujours le même, mais qui pourra varier pour le même agent suivant les circonstances et qui, dans les mêmes circonstances, varierait suivant l’agent morbide qui le produit.

Ce que l'on cherche à définir aujourd'hui, c’est d’abord quelles sont les conditions favorables ou nuisibles à l’évolution de ces agents , d’autre part quels phénomènes spéciaux leur sont imputables. Et l'on peut espérer que la solution de la première de ces deux questions simplifiera suffisamment la seconde pour qu’elle soit elle-même à peu près résolue dès ce moment.

Cette étude est singulièrement compliquée par le fait de l’innombrable multiplicité des germes vivants dans l'atmosphère et le sol ,et de la difficulté d’isoler l’un d’entre eux pour constater les phénomènes de sa vie propre. La complexité des phénomènes est, en effet, la première cause de la lenteur avec laquelle ont progressé nos connaissances sur ce point ; et, pour ne parler que de la putréfaction, qui n’est que l’effet d’ensemble de ces actions destructives, c’est à peine si l'on parvient aujourd’hui à en analyser les phénomènes élémentaires.

Dans les maladies notoirement dues à la présence des germes aériens ou telluriques, on ne distingue pas encore suffisamment : 1° l’effet purement mécanique dû à la présence seule des microbes dans les tissus et les humeurs; 2° l’action irritative qu’ils exercent sur ces tissus et qui active les sécrétions normales ou maladives dont ils sont le siège; 3° l’action chimique désorganisatrice qu’ils exercent sur les éléments du milieu et qui, seule peut-être, doit être assimilée aux phénomènes habituels de la fermentation.

Il nous semble que le seul fait d’établir tout d’abord ces distinctions simpli-

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fierait beaucoup de discussions académiques sur la contagion et l’infection, où l’on voit bien souvent les non-contagionnistes fournir à leurs adversaires leurs meilleurs arguments.

Qu’est-ce que la fermentation et comment peut-on dès aujourd’hui comprendre le rôle des ferments ?

Supposons que dans l’air d’un espace donné existe un spore de mucédinée. Ce spore s’arrête à la surface d’un liquide placé à sa portée et contenant dans les proportions voulues les éléments (azote, carbone, oxygène, principes minéraux) nécessaires au développement du végétal correspondant : la germination commence. Le végétal constitue son mycélium et ses organes de fructification au moyen des éléments qu’il trouve dans la liqueur. L’oxygène de l’air suffit à entretenir la combustion et la chaleur nécessaires aux transformations successives des matériaux assimilables ; si J’oxygène de l’air s’épuise, le végétal en emprunte aux éléments oxygénés du liquide. Mais en même temps de nouveaux principes se constituent dans ce liquide : les uns acides, les autres alcalins, déterminant, suivant leur prédominance, la qualité acide ou alcaline du liquide; arrêtant alors ou favorisant les phénomènes suivant qu’ils sont alcalins ou acides; ou, dans l’un et l’autre cas, suivant qu’ils sont ou non neutralisés. Ces transformations sont plus ou moins lentes et peuvent donner lieu à la formation successive d’une série de principes subordonnés ; ou, plus rapides, elles se terminent promptement par l’épuisement de la matière transformable et la formation des principes élémentaires définitifs, par exemple l’eau et l’acide carbonique. Le dégagement de ce dernier est le plus souvent appréciable, dès le début, et produit cette effervescence qui caractérise la fermentation dans les cas ordinaires. Et en même temps que ce végétal-ferment transforme ainsi le milieu par le fait seul de l’assimilation des matériaux qui lui sont nécessaires, il élimine, en outre, d’une manière plus ou moins directement appréciable, de véritables résidus de digestion (s’ils ne sont pas des produits sécrétoires) qui peuvent à leur tour agir sur le liquide à la façon des ferments solubles non figurés ou diastases.

Voilà, réduit à ses éléments essentiels, le phénomène de la fermentation, tel qu’il résulte de l’ensemble des travaux de M. Pasteur, et surtout de ses expériences de culture des ferments. Mais quelle complexité se dissimule sous une simplicité apparente!

D’abord l’air ne recèle pas tous les germes pouvant donner naissance à des phénomènes de fermentation; ou du moins, ces germes n’y sont pas toujours à un état d’élaboration suffisant. C’est ainsi que les spores qui font fermenter le jus de raisin ne se trouvent que sur l’enveloppe du grain et le bois de la grappe; encore ne s’y trouvent-ils à l’état actif qu’à une certaine époque de l’année coïncidant avec la maturité du grain.

D’autre part, les curieuses expériences de M. Raulin ont montré quelle était l’influence, non-seulement de la présence de tel ou tel élément dans le milieu fermentescible, mais encore du dosage de ces éléments. L’oxyde de zinc, contenu dans la proportion de /.0'00“ dans un liquide où l’on a semé i'aspergillus niger, suffit pour décupler la récolte du ferment. Et ce végétal rudimentaire n’exige pas moins de douze substances différentes pour se développer dans un milieu donné.

La marche de la fermentation varie dans des limites considérables suivant que l’air se renouvelle ou non; suivant qu’il fournit au végétal l’oxygène nécessaire à la combustion, ou bien que, la provision d’air étant restreinte, il est forcé d’en emprunter au liquide. Le pénicillium, I’aspergillus, le mycoderma vini, se développent en moisissures dans le premier cas; c’est-à-dire que les organes de la fructification prédominent, le mycélium restant grêle; ce sont,

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au contraire, les tubes mycéliens qui pullulent dans le cas où l’air est insuffisant. Certaines végétations s'arrêtent ainsi au contact de l’air, tandis que d’autres ne prospèrent que dans son voisinage.

Enfin l’action des diastases sécrétées peut être indifférente à la fermentation ou lui prêter un concours plus ou moins nécessaire, comme il arrive pour la torula, agent de la fermentation ammoniacale de l’urine (Van Trieghem, Musculus, Joubert et Pasteur).

C’est ce dernier ordre de phénomènes qui a ramené la question des fermentations dans le domaine médical. La fermentation ammoniacale de l’urine ne se produit que s’il y existe des germes de la torulacée. D’où viennent ces germes, quand le cathétérisme n’a pas été pratiqué, que la sonde n’a pu les importer dans la vessie, et quand aucune plaie extérieure ne leur livre passage? Sans doute, de l’urèthre, dont le méat est toujours béant; car ils ne peuvent se développer aux dépens des éléments histologiques, et jamais on ne les a vus naître spontanément dans l’urine.

Déjà les travaux de M. Pasteur avaient établi que la pébrine des vers à soie était due au développement, dans le corps des insectes, de germes introduits au dehors; la clavelée des moutons se produit par l’inoculation d’un virus qui doit son activité à des éléments figurés visibles; la variole et la vaccine se transmettent par l’inoculation d’un micrococcus développé dans les pustules; tout porte à croire que la maladie désignée sous le nom de charbon, sang de rate, pustule maligne se propage par l’introduction, dans le sang des animaux , de ces bâtonnets vaguement définis sous les noms de bactéries , bactéridies , vibrions , spirilles , suivant leur degré de motilité et la nature de leurs mouvements , et analogues à ceux qui propagent la maladie des vers à soie (1).

Mais le fait n’est pas aussi généralement admis pour les maladies qui sévissent chez l’homme, où l’expérimentation est loin d’être aussi simple.

Étant donnée la coïncidence constante d’une altération des hématies (diminution de l’affinité des globules pour l’oxygène et de la capacité respiratoire du sang) et des phénomènes fébriles , il était naturel d’attribuer la fièvre à la présence d’un agent pyrétogène , donnant naissance à des phénomènes de fermentation , et charrié dans l’air miasmatique. Et, de fait , Obermeier, de Berlin, a cru devoir attribuer le typhus récurrent à la présence dans le sang d’un vibrion se rapprochant du spirillum et qu’il rattache à l’espèce spirochætcC. Mais de ce que ce vibrion n’apparaît dans le sang que pendant l’état fébrile et disparaît avec lui, on ne peut pas conclure qu’il soit la cause plutôt que le résultat de la fièvre. Toutefois il faut retenir ce fait d’observation que des granulations particulières existent dans le sang des fébricitants; et, d’autre part, il semble établi que la vitalité des bactéries, bactéridies, etc., est en rapport avec la température du milieu et qu’elle s’éteint entre de certaines limites encore mal déterminées.

Ces granulations ( micrococcus ) semblent jouer également un rôle important dans Y érysipèle et dans la diphthéi'ie ; mais, d’une part, la filiation étiologique reste douteuse; et', d’autre part, la détermination de ces êtres est encore tellement indécise qu’il semble que le même germe peut déterminer dès modalités pathologiques différentes.

(t) Depuis que ces pages sont écrites, M. Pasteur a complété ses belles recherches par la découverte des conditions de développement de la bactéridie charbonneuse et du vibrion septique, découverte qui confirme les précédentes^ (V. Comptes rendus de fAcadémie des sciences, avril 1878.)

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La question s’est singulièrement compliquée dans les affections plus ou moins confondues sous le nom de septicémie , pyohémie, infection purulente , par la présence simultanée ou indépendante, dans les tissus malades, des micrococcus et des bactéridies. Il n’est pas douteux, pour nous, que des organismes inférieurs, développés dans les liquides purulents , en déterminent la septicité, et que la diversité des résultats provient de ce qu’on a confondu des êtres réellement distincts les uns des autres. S’il fallait se prononcer, c’est aux granulations que l’on devrait attribuer les accidents essentiels de la septicémie , mais la présence des bactéridies les aggrave d’une manière incontestable (1).

En réalité, les microbes nuisibles pullulent dans l’air et les eaux. Une goutte d’eau prise dans la Seine a toujours été féconde dans les cultures de Pasteur et Joubert; l’air le plus pur contient des milliers de spores de pénicillium et des germes de bactéridies. Mais les germes qui rendent le pus virulent y paraissent relativement rares ; et la garantie que nous avons contre l’infection menaçante des innombrables ennemis qui nous environnent réside dans la spécificité vraisemblable de chacun d’eux, dans leur existence capricieuse et relativement précaire, et dans une résistance mal définie que l’organisme normal oppose à leur invasion.

Leur constatation dans des maladies telles que le choléra, le typhus, la dysenterie, la fièvre scarlatine, la fièvre typhoïde, nous intéresserait davantage; mais elle est encore à l'état de desideratum. L’anguillule à laquelle Normand attribue la diarrhée de Cochinchine, maladie d’allure parasitaire, s’il en fut, ne nous paraît pas démontrée, et il résulte des renseignements f que nous tenons du Dr Talmy, actuellement détaché dans cette colonie, que sa présence dans l’intestin est plutôt rare.

Quant à celle de ces maladies qu’on a le mieux étudiée, voici les conclusions d’un ouvrage important du Dr Budd.

La fièvre typhoïde , fièvre essentiellement contagieuse , se transmettant d’ellemême, est un membre de la grande famille naturelle des fièvres contagieuses, dont la variole peut être considérée comme le type. Le poison spécifique qui l’engendre croît et multiplie sur le corps vivant du malade, et sa reproduction dans le corps infecté constitue la fièvre , dont la lésion intestinale est l’éruption caractéristique II s’ensuit que la matière contagieuse qui propage la fièvre est évacuée par les déjections intestinales; les égouts en sont le réceptacle et l'instrument de transmission, et, une fois sorti de l’intestin, le poison peut communiquer la fièvre à d’autres personnes par deux voies différentes : les eaux potables et l’air. Comme conséquence de l’infinie petitesse de l’unité contagieuse et des voies invisibles qu’elle suit dans sa transmission, il se présente toujours des cas dans lesquels la filiation directe de la maladie devient impossible à suivre, et dans laquelle elle se montre avec toutes les apparences trompeuses de la spontanéité. La même remarque s’applique à d’autres fièvres contagieuses. Le caractère très-spécial des conditions qui président à la reproduction du poison spécifique dans le corps vivant, aussi bien que les faits qui se rapportent à la distribution géographique passée et présente de la fièvre typhoïde et d’autres fièvres contagieuses, constitue une preuve, aussi forte que possible, qu’aucune fièvre n’a une origine spontanée et qu’elles se propagent toutes en suivant les lois d’une succession régulière. Pour couronner cette induction par une preuve pratique : en détruisant le pouvoir infectant des déjec-

(1) La vérité est que la bactéridie et le vibrion septique s’excluent : la bactéridie [aérobie) ne peut vivre sans air, tandis que l’air tue le vibron {anaérobie). (V. la note ci-dessus.)

INFLUENCE DES QUALITES DE L’AIR ET DU SOL

tions intestinales par des agents chimiques ou autrement, l’extension de la fièvre peut être entièrement empêchée, et, en recommençant cette opération pour chaque cas nouveau lorsqu’il se produit , on peut avec le temps faire disparaître complètement la maladie.

Quarantaines. — Cette origine des maladies contagieuses étant admise, les mesures de prophylaxie doivent avoir pour but : 1° de fermer aux germes les issues du corps menacé; 2" de détruire ces germes.

S’il était possible de réaliser la première de ces conditions, les affections se réduiraient à la classe des maladies parasitaires de la peau. Un pas immense a été fait cependant dans cette voie par la méthode de pansement de Lister qui pratique les opérations chirurgicales sous un brouillard d’eau phéniquée ou d’acide phéniquc plus ou moins étendu, lequel détruit les germes dans l’atmosphère immédiate de la plaie. Auparavant, M. Alpli. Guérin les arrêtait par l’innovation hardie de son pansement ouaté, qui permet l’accès de l’air à la surface de la plaie, le tamise à son passage à travers la ouate et retient les germes infectieux. C’est la même idée qui inspirait récemment à M. Sédillot le conseil de débrider soigneusement les étranglements, afin d’éviter la stagnation dans la plaie du pus plus ou moins souillé par les germes qui l’atteignent. En se reportant aux données sur la fermentation que nous avons exposées, on peut présenter comme la perfection idéale de ces pansements l’enveloppement du membre blessé dans une couche d’air rendu physiquement pur par le passage à travers des tubes incandescents.

Dans le même ordre d’idées, nous avons insisté sur la nécessité d’éloigner des blessés tous les objets de pansement qui peuvent transporter les germes morbides ; et les adversaires de la théorie des germes sont d’accord avec nous sur ce point.

Les moyens de destruction des germes dans l’atmosphère sont nombreux, mais la plupart inefficaces. Comme palliatifs, on a conseillé au moins de brûler l’air à sa sortie des salles d’hôpital; et nous ajouterons, comme moyen d’assainissement des salles évacuées provisoirement, ce que nous appellerions Yengluage des germes. On connaît l’expérience de M. Tyndall qui a constaté que l’air, au repos, d’une boîte d’une certaine capacité, laissait déposer à la longue les poussières et avec elles les germes tenus en suspension ; et qu’en ayant la précaution d’enduire de glycérine les parois de la boîte, le corps gras retenait les germes et les poussières et assurait la purification définitive de l’air. Il y a là une indication dont on peut tirer parti également quand il s’agit d’assainir un navire après l’avoir débarrassé de ses passagers et de sa cargaison.

Enfin, dans une épidémie de quelque nature qu’elle soit, se présente l’indication de soustraire à ses atteintes, dans la mesure du possible, tous les individus dont l’organisation affaiblie doit fournir aux organismes infectants le milieu le plus favorable à leur évolution.

Faut-il se borner là, ou bien faut-il, par l’application des mesures quarantainaires , suspendre les communications humaines afin d’isoler soit les localités que l’on peut préserver, soit les foyers d’origine des maladies infectieuses?

C’est là un des problèmes d’hygiène les plus complexes et les plus graves. A défaut d’autre démonstration, nous avons les conclusions de la conférence sanitaire réunie à Vienne en 1874 et qui, n’ayant pu arriver à une entente au sujet des maladies nécessitant les mesures quarantainaires , s’est bornée à les prescrire pour le choléra, laissant à une commission internationale permanen'c le soin de les prescrire au besoin pour la peste, la fièvre jaune ou toute autre maladie épidémique.

Ce n’est pas qu’à nos yeux du moins , l’entrave que les quarantaines imposent aux relations sociales soit de nature à les faire repousser, si elles étaient

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