‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 28 sur 124 · TOME VIII. — NOUV. TECH · texte numérisé non relu

TOME VIII. — NOUV. TECH

HYGIÈNE

Elles ont l’inconvénient de rendre plus difficile et plus dispendieuse la canalisation souterraine, et de présenter des pentes exagérées qui entravent la circulation.

La salubrité des villes sablonneuses dépend du sous-sol qui retient ou laisse écouler plus ou moins facilement l’eau filtrée par les sables.

Les villes alluvionnaires ont tous les inconvénients qui résultent du défaut de pente et des émanations maremmatiques de leur sol.

Celles qui sont [assises sur des terrains rapportés et par suite poreux sont dans le cas des villes sablonneuses. Leur salubrité dépend encore du sous-sol. Les inconvénients de ces terrains sont surtout marqués pour ceux où les remblais sont formés de résidus industriels, comme M. Maurin l’a démontré pour les cendres des savonneries de Marseille (1).

On le voit, cette classification subordonne la salubrité relative des villes à l’état de sécheresse du sol et du sous-sol.

L’humidité est, en effet, le facteur principal de l’insalubrité, qui peut être permanente si l’eau stationne à la surface du sol , ou intermittente et périodique si elle est retenue à un niveau plus ou moins élevé dans le sous-sol. Réciproquement, l’assèchement du sol et du sous-sol est la condition principale de leur assainissement; et l’on aura satisfait complètement l’hygiène quand on aura combiné avec un pavage convenable et un drainage effectif une aération du sol qui amène au contact des substances organiques, dont la décomposition est l’origine de l’insalubrité , une quantité d’oxygène suffisante à leur combustion totale.

Dans YHygeia, ou la cité modèle de Richardson, le sol est argileux dans les quartiers élevés et septentrionaux, et sablonneux dans les parties basses du sud et du sud-est. Car « les désavantages qui résultent partout ailleurs de la rétention des eaux par un sol argileux n’existent pas à « Hygeia », grâce à la pratique généralement suivie de bâtir chaque maison sur des voûtes de briques solides, et de ménager dans les sous-sols, occupés ailleurs par les cuisines, les offices, etc., des canaux souterrains où l’air circule en liberté. »

De tous les modes de pavages : pavés, macadam, ciment, asphalte, fonte, etc., celui que cet auteur recommande est le pavage en bloc de bois incrustés dans l’asphalte, parce qu’il est lè moins bruyant, le plus propre et le plus durable. On peut reprocher à ce pavage son imperméabilité, qui doit être compensée par la pente donnée à la chaussée, pour assurer l’écoulement des eaux dans les rigoles latérales dissimulées sous les trottoirs. La question du pavage est encore à l’étude : à Paris, par exemple, l’usure rapide et la dépense d’entretien la compliquent, et l’on hésite encore entre les pavés de grès ou de bois, l’asphalte et le macadam. Dans des conditions de solidité égale, le pavage le plus perméable est le meilleur.

Un nettoyage soigneux de la voie publique pallie les inconvénients d’un mauvais pavage ou d’une déclivité insuffisante. C’est une affaire d’argent.

Les plantations d’arbres ont le triple avantage de donner de l’ombre en été, de renouveler les éléments de l’air, d’aérer le sol et de le canaliser par le cheminement de leurs racines. Les squares, les jardins, les promenades sont donc un luxe utile, à la portée de toutes les municipalités.

Il n’en est pas de même du drainage ou de l’assèchement du sous-sol qu exige, avant tout, la connaissance des niveaux de la nappe souterraine, de leurs oscillations, de l’origine des eaux qui l’alimentent, l’exhaussent ou l’abaissent; des débouchés, des voies d’écoulement qui sont à portée et des ressources qu’elles présentent pour la décharge, etc. On a pu dire que la profondeur des puits

(1) Maurin, Marseille au point de vue de l’hygiène.

L’HOMME

d’une ville, qui est en rapport avec celle de la couche argileuse, « est en quelque sorte la mesure de la salubrité de son sol ». (Fonssagrives.) Ce que nous avons dit au sujet des égouts permet d’apprécier', les conditions dans lesquelles doit être établie cette canalisation efférente ayant pour but de détourner le sol des villes et de l’humidité qui l’imprègne, et des résidus qui le souillent, canalisation connexe de la canalisation afférente destinée à la répartition des eaux domestiques et du gaz d’éclairage.

Nous n’aurions rien de bien nouveau à ajouter sur Y aménagement de la ville, au point de vue de la circulation de l’air, de l’aération des rues, des maisons, des édifices; nous avons dépassé de beaucoup l’çspace qui nous était assigné, et nous renvoyons le lecteur à d’autres parties de cette Encyclopédie, où il trouvera exposé tout ce qui intéresse la construction et l’aménagement des édifices privés et publics.

Le village. — Si les travaux des champs sont nuisibles au paysan, c’est surtout au village qu’il trouve réunies les conditions défectueuses d’hygiène qui déterminent chez lui une longévité restreinte et une vitalité précaire. Sans doute, les paysans meurent moins que les habitants des villes, mais ce privilège d’une mortalité moindre ne commence qu’à la fin du premier âge ; les enfants des campagnes, contrairement à la croyance générale, sont décimés par la mauvaise hygiène. On peut s’en rendre compte par le tableau suivant que nous empruntons à M. Bertillon.

Mortalité des enfants à, la ville et à la campagne, dans le cours de la première année de la vie.

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