‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 30 sur 124 · NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMBRE

de

lits.

Vaisseau à 3 ponts .

hommes.

met. cubes.

1, , met. cubes.

— de 2e rang .

— de 3e rang .

Frégate de 1er rang. . . . . .

— de 2e — .

— de 3e — .

Corvette de 1er — .

— de 2e — .

Type Napoléon .

— Duquesne .

— Darien .

Cuirassés anciens (moyenne) .

— de 1er rang (Océan, Marengo)

Type Richelieu, Friedland .

Cuirassés de 2e rang ( Téthys , Alma) . . .

v'ïl-340 I

Le carré d’aération représentant l’ensemble des ouvertures aératoires est exprimé par les chiffres suivants (Fonssagrives, Quémar, Bourel-Roncière).

Carré absolu

Carré spécifique ou

Types.

d’aération

par

lit.

Anciens vaisseaux à voiles .

lmc,19

Anciennes frégates à voiles .

Corvettes à batteries couvertes .

Cuirassés anciens .

Cuirassés actuels, 1er rang .

Types nouveaux ( Richelieu , Friedland).

Corvettes cuirassées .

Ainsi, les anciens vaisseaux à voiles, les anciennes frégates, les anciennes corvettes à batterie couverte offraient à chacun des lits d’hôpital plus d’air que n’en offrent aujourd’hui les cuirassés : d’où la nécessité d’une ventilation plus énergique.

Les cuirassés paraissent présenter des conditions particulières, au point de vue de la répartition de leur température intérieure. D’une manière générale, la température intérieure d’un navire , toujours supérieure à celle de l’air libre, augmente à mesure que , du pont , on descend vers les compartiments inférieurs. M. Bourel-Roncière a constaté que , sur ces navires , l’accroissement, au lieu de marcher du haut en bas, du pont vers la cale, progresse longitudinalement de l’arrière à l’avant. M. Roussel a constaté le même fait, mis en évidence dans les deux schémas ci-contre. Ce fait s’expliquerait par cette double considération que le logement- avant de l’équipage, n’étant pas blindé, se met beaucoup moins facilement en équilibre avec la température extérieure, à raison de la moindre^conduciibilité de ses parois, et que les cuisines sont placées sur l’avant du navire.

Par compensation à toutes les conditions vicieuses que nous avons énumérées, les cuirassés donnent à chaque homme un cube d’air triple de celui des anciens navires. C’est un progrès important qui explique la salubrité plus grande des cuirassés. M. Bourel-Roncière n’hésite pas à considérer ces navires comme plus salubres que les anciens types. La diminution de l’encombrement, la suppression d’une batterie, l’étanchéité des cales, la diminution des matériaux putrescibles, sont les causes de cette supériorité (Fonssagrives) et rachètent les conditions défectueuses que nous avons signalées dans l’aménagement.

Nous laissons de côté les types paradoxaux des monitors, des béliers, des bateaux sous-marins, des popoffkas. Nous nous bornons à représenter l’aménagement intérieur des plus marins d’entre eux.

La salubrité de tous ces types est subordonnée en grande partie aux conditions d’aération de [chacun d’eux. La ventilation des navires est toujours à l’ordre du jour en hygiène navale. Depuis le système proposé par Emund en 1865, plusieurs ont été présentés à l’expérimentation , qui n’est définitive pour aucun d’eux. Nous nous bornons à mentionner celui de M. Bertin (1) très-rapproché du précédent, et nous terminons cette partie de notre travail par deux dernières figures représentant : la première, le système Macdonald, basé sur l’indépendance des différents étages, et l’aspiration de l’air dans les parois creusées du navire, mises en communication avec l’intérieur des bâtiments creux, comme dans le système Emund; la seconde, le système Decante, qui a appliqué le principe de la mise en mouvement d’une masse d’air par l’impulsion d’un jet d’air comprimé

(1) Le système de M. Bertin’ a été récemment l’objet d’un rapport élogieux du général Morin à l’Académie des sciences.

L’HOMME

sortant d’un ajustage conique. Dans ce dernier système, l’apport de l’air insufflé est assuré par deux ventilateurs dont l’un est placé dans le faux-pont sur l’arrière du grand mât et mis en communication avec celui-ci, qui est creux ; l’autre, placé également dans le faux-pont sur l’arrière du poste des chauffeurs, reçoit l’air par une manche à vent de 0m,70 de diamètre, et tient son mouvement de l’arbre de l’hélice quand le navire est en marche ou de deux petits chevauxvapeurs de 12 chevaux quand le navire est au mouillage ou sous voiles. L’air passe de ces compresseurs dans des conduites qui montent en s’amoindrissant le long des murailles jusqu’aux bastingages, où ils arrivent dans cent quatrevingts espaces rectangulaires interceptés entre les couples, et recevant l’air par une ouverture extérieure. Dans ces espaces, ils jouent le rôle d’injecteurs, dont le débit est d’ailleurs réglé par des disques.

Ici se termine la première partie de notre tâche. Pendant que nous passions en revue les principaux problèmes d’hygiène jusqu’alors à l’ordre du jour, les congrès, les sociétés, les conférences élaboraient leurs programmes. Notre étude paraîtra, sans doute, un peu pâle à côté de celles qu’ils nous promettent. Cependant nous avons élargi le cadre tracé par nos prédécesseurs en 1867; et, comme le matériel propre de l’hygiène tient, en somme, une place restreinte à l’Exposition, nous nous proposons de résumer, s’il y a lieu, dans notre seconde partie, tout ce qu’elle aura ajouté à l’actif de cette science.

Ad. Nicolas.

PI. I. — Hôpital militaire de Bourges .‘{Légende du 'plan d’ensemble.)

A. Pavillons d’entrée. Poste-cellule. Salle de police. Logement du concierge.

B. Bâtiment d’administration et des services généraux (pharmacie, balnéation, linge¬

rie, cuisine à vapeur.)

C. Magasin aux matières encombrantes, brancards, cacolets, literie.

D. Hangar aux voitures d’ambulance.

E. Amphithéâtre. Salle des morts.

Pavillon n° 1. Officiers.

Pavillon n° 2. Sous-Officiers.

Pavillons n°s 3, 4, 5, 9, 10, 11, 12. Pavillons pour 30 malades chacun.

Pavillon n° 6. Logement de l’aumônier. Sacristie. Chapelle.

Pavillon n° 7. Logement des sœurs hospitalières.

Pavillon n« 8. Logement des infirmiers.

PI. II. — Ventilation à, bord des navires. (Légende.)

Fig. 1. — Plate-forme de la cale d’un trois-ponts à voile. — 13. Magasin général. — 14. Soutes aux poudres. — 15. Soutes diverses. — 16. Cambuse. — 17, Soutes aux voiles. — 18. Étagères à filin. — 19. Câbles en chanvre. — 20. — Quarts de salai* son. — 21. Quarts de farine. — 22. Archipompe. — 23. Caissons à obus. — 24. Soutes à légumes. — 25. Soutes à biscuits. — * A. Poste des chirurgiens.

Fig. 2. — Plate-forme de la cale de la Bretagne. — 1. Magasin général. — 2. Armoires. — • 3. Soutes aux poudres. — 4. Cambuse. -- 5. Étagères à filin avec quarts de farine au dessous. — * 6. Soutes à obus. — 7. Emplacement libre pour les blessés. — 8. Soutes à charbon. — 9. Chaudières. — 10. Parquet de la machine. — * 11. Soutes à biscuit. — 12. Soutes diverses. — A. Espace libre de la cale arrière.

Fig. 3. — Cale du Redoutable, cuirassé de 1er rang (échelle de 0,0015). — 1. Soutes aux poudres. -» 2. Compartiment vide. — 3. Cale à vin, farine, biscuit et salaisons.

— 4. Caissons à obus. — 5. Cale à eau. — 6. Poste des chauffeurs. — 7. Baignoires.

— 8. Soutes à charbon. — 9. Chaudières. — = 10. Chambre de chauffe. — 11. Com-

HYGIENE

partiments étanches recevant de l’eau pour lest. — 12. Emplacement de la machine. — 13. Soutes à charbon supplémentaires. — 14. Compartiments étanches destinés à rester vides. — 13. Pompe. — 16. Soutes auxjpoudres. — 17. Soute à obus.

' — 18. Soutes du maître-canonnier.

Fig. 4. — Plate-forme du Redoutable (échelle de 0,0015). — 1. Compartiment vide. — 2. Caissons à obus. — 3. Puits aux chaînes. — 4. Coursives pour manœuvrer les chaînes. — 3. Cambuse. — 6. Panneau. — 7. Etagères à filin. — 8. Magasin général. — 9. Soutes aux voiles. — 10. Prisons. — 11. Coursives pour l’eau servant de lest. — 12. Coursives. — 13. Coursives pouvant recevoir du charbon en sacs. — 14. Soutes à charbon. — 15. Soutes à obus. — 16. Chaudières. — 17. Cheminée. — 18. Emplacement de la machine. — 19. Emplacement disponible pour chambre de combat. — 20. Chambre du gouvernail.

Fig. 5. — Plate-forme et cale du La Galissonnière, cuirassé de 2e rang (échelle de 0,0015).

— 1. Soutes du maître calfat. — 2. Magasin général. — 3. Cambuse. — 4. Soutes à légumes. — o. Étagères à filin. — 6. Prisons. — 7. Soutes aux poudres. — 8. Soutes à obus. — 9. Guérites et armoires du maître-canonnier. — 10. Puits aux chaînes. — 11. Chambrede chauffe. — 12. Soutes à charbon. — 13. Chaudières. — 14. Emplacement de la machine. — 15. Cale à eau. — 16. Soutes du maître-mécanicîen. — 17. Soutes à farine. — 18. Soutes du maître-canonnier et du maître de manœuvre.

— 19. Soutes à obus. — 20. Soutes du maître-charpentier et du chef de timonerie. — 21. Soutes à biscuits. — 22. Soutes à légumes. — 23. Coursive. — 24. Coqùeron. — 25. Coursives des arbres^des hélices.

Fig. 6. — Faux-pont et cale des garde-côtes cuirassés de lre classe Tonnant et Tempête. — 1. Chambre d’officiers. — 2. Carré des officiers. — 3. Coursives. — 4. Panneau étanche. — 5. Soutes étanches. — 6. Soutes à charbon étanches. —

7. Chambre des machines. — 8. Chambres de chauffe. — 9. Chaudières. — 10. Ventilateurs. — 11. Cambuse. — 12. Casiers pour les sacs de l’équipage. — 13. Cabestan.

— 14. Panneaux étanches. — 15. Chemins de fer.

Fig. 7. — Réduit cuirassé des garde-côtes cuirassés de lre classe Tonnant et Tempête.

— 1. Chambre du commandant. — 2. Office du commandant. — 3. Cabinet de travail du commandant. — 4. Bouteille du commandant. — 5. Carré du commandant.

— 6. Chambre du co mmandant en second. — 7. Bouteille du commandant en second.

8. Hôpital. — 9. Timonerie. — 10. Bureau de détail. — 11. Pharmacie. — 12. Bouteille de l’hôpital. — 13. Chambre d’officiers. — 14. Office des officiers. — 15. Bouteille des officiers. — Puits d’aérage. — 17. Chaudière auxiliaire. — 18. Cheminée.

— 19. Échelles. — 20. Cornau et urinoir pour l’équipage. — 21. Chambre de maîtres.

— 22. Poste de maîtres.

Fig. 8. — Système Macdonald pour la ventilation des navires. — I, Cale. — J, fauxpont. — K, batterie basse. — L, batterie haute. — C, canal entre le bordé A et le vaigrage B. Il est interrompu par des clefs de bois (C", C" ), placées au-dessous des poutres du pont supérieur. — D, poutres creuses. — E, plancher superposé aux poutres. — G, encoignure en fer creux. — b, c, d , e, f, marche de l’air aspiré.

Fig. 9 et 10. — Plan d'un. système de ventilation par l'air comprimé (Decante). — C, conduites d’air vicié servant à l’évacuation par la cheminée et par les mâts de misaine et d’artimon. — o, o , o, o, couvertures servant à faire communiquer les collecteurs avec l’air vicié de la cale. — E, exhausteur à gaz. — V, ventilateur double du système Perrigault. — G, conduites doubles amenant l’air d’arrivée dans la batterie haute. — B, conduites doubles amenant l’air d’arrivée dans la batterie basse. I, 1, 1, injecteurs placés dans le tuyau d’air comprimé. — La fig. A indique l’ensemble du système. La fi g. B est une section faite par le travers du ventilateur et indiquant la marche de l’air comprimé dans les conduites horizontales. — La fig. C indique la marche AAA que suit l’air d’insufflation pour pénétrer dans le faux-pont.

LA PARFUMERIE

PAR

^Docteur, ^ary ^Durand.

SOMMAIRE

I. De l’usage des odeurs et des cosmétiques, et du commerce de la parfumerie dans l’antiquité, au moyen âge et de nos jours. — II. Matières premières. — Leurs provenances. — Statistique des cultures florales. — Parfums d’origine animale. — Les nouveaux parfums et les parfums artificiels à l’Exposition. — III. Théorie des odeurs.

— Volatilité et puissance des odeurs. — Action de la vapeur d’eau sur les essences.

— Propriétés optiques des essences. — Quantité d’essence fournie par chaque plante.

— Température à laquelle les diverses essences bouillent et gèlent, leur conservation. — Anciens et nouveaux procédés de fabrication. — Enfleurage, distillation, macé'ration. — Procédés de coloration. — Documents commerciaux.

I. De l’usage des odeurs et des cosmétiques, et du commerce de la parfumerie dans l’antiquité, au moyen âge et de nos jours. — L’emploi

des parfums et des cosmétiques fut de tout temps en usage. Même, si nous voulions en croire les poètes, les eaux odorantes, les fards, les pommades... étaient déjà en grand honneur parmi les déesses. Chez les Grecs, et surtout chez les Athéniens, les parfums furent d’un usage général, immodéré même, et à ce point que le sage Solon fut obligé d’intervenir et d’édicter des lois prohibitives. Mais ces lois n’eurent pas plus d’effet que n’en eût le mot du non moins sage Socrate : « L’esclave et l’homme libre, disait-il, quand ils sont parfumés ont la même odeur. » — Notons entre parenthèse qu’un des disciples du philosophe, Eschine, tenait à Athènes boutique ouverte de parfums. — Il est vrai qu’il s’y ruina.

Une simple citation de quelques lignes nous montrera l’état du commerce de la parfumerie chez les Grecs, c’est-à-dire son importance et en même temps le degré de perfection que ce peuple, le plus délicat qui fût jamais, avait fait atteindre à cette science, que quelques-uns croient née d’hier. Ces quelques lignes, nous les empruntons à un traité des parfums (et celui-ci authentique, au contraire de celui d’Aspasie ou de celui de Cléopâtre) composé par Apollonius, disciple d’Hérophile :

« La meilleure iris, dit-il, vient d’Élis et de Cyzique ; la meilleure qualité d’essences de roses se fait à Phasales, à Naples et à Capoue ; celle qu’on tire du Crocus est supérieure à Solie, en Cilicie et à Rhodes; l’essence de NardàTanius; l’extrait des feuilles de vigne à Chypre et à Adramyttium; l’huile de Marjolaine; l’extrait des pommes se tirent de Cos ; l’Egypte produit le palmier qui donne l’essence de Cyprinus (Glaieul); la meilleure après vient de Chypre, de Phénicie et enfin de Sidon. Le parfum appelé panathenaïcum (parfum composé) se fait à Athènes. En Égypte, on prépare supérieurement ceux qu’on nomme métopien et m&ndesien; toutefois la qualité de chaque parfum est due aux substances et

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