IV. — Procédés d’impression en couleurs
Avant d’écrire le mot « fin » au bas de cette étude, nous croyons devoir mentionner, ne fût-ce que sommairement, deux nouveautés, dont l’une a fait grand bruit et dont l’autre est presque inconnue quoique venant d’Amérique. Nous voulons parler de la photochromie et de la sténochromie.
Un auteur, praticien des plus autorisés, a décrit en 1867, dans cet ouvrage, les procédés de la chromolithographie. Le procédé nouveau c’est la photographie en couleur : Le travail de l’homme remplacé par la photographie. L’objet à reproduire ayant été photographié, on fait sur glace, la glace remplaçant ici avantageusement la pierre, autant de reports que le tirage doit avoir de couleurs, en ne conservant du report que les parties qui, dans l’ensemble, sont revêtues de la couleur à laquelle ce report est destiné. L’ordre de tirage réglé, tous ces tons superposés donnent une image que l’épreuve noire viendra terminer comme la pierre de trait de la lithographie. Telle est, grosso modo, la description de ce procédé dont les trompe-l’œil ont eu tant de succès. Si parfaits qu’en paraissent les résultats, nous ne pouvons le considérer que comme un début dans cette voie nouvelle. Le haut prix auquel reviennent les épreuves, exigent impérieusement des modifications économiques, et l’inventeur, M. Léon Vidal, est un chercheur trop habitué à se jouer des difficultés pour ne pas venir à bout de celle-là.
La sténochromie elle, n’emprunte rien à la photographie et n’a pas moins la prétention de supprimer non-seulement le dessin sur pierre, mais la pierre elle-même. Mise en face d’une peinture à reproduire , voici comment elle opère :
Les tons (et la gamme entière de ses couleurs en comprend quelque chose comme 300) se présentent sous la forme de bâtons composés d’une pâte grasse assez solide. Dans un cadre de la dimension de f original, on groupe ces bâtons comme ferait un mosaïste, puis, lorsque la copie est terminée, avec des instruments spéciaux, on évide les blancs représentés par des vides et la composition est terminée.
L’impression se fait sur du papier passé à l’essence de térébenthine, de façon à ce que les tons se fondent légèrement, et le tirage peut durer jusqu’à l’extinction de la mosaïque de pâte, la longueur des bâtons ayant été calculée d’après le tirage qu’on veut obtenir. Une pierre de trait est néanmoins nécessaire pour achever l’épreuve. Si bizarre que paraisse ce procédé d’après cette rapide description, nous n’en avons pas moins vu de fraîches aquarelles reproduites ainsi, et quelques vigoureux fac-similé de peinture à l’huile. Nous n’oserions affimer que tous les produits de ce genre d’impression soient bien harmonieux au point de vue de la couleur, mais on peut à la rigueur attribuer les dissonnances de ce genre à l’origine américaine de cette importation; avec l’œil si habile de nos ouvriers parisiens, ce défaut peut disparaître, et il n’en restera que tout ce que le monde cherche, un procédé rapide et à bon marché.
Henry Gobin.
PRODUITS ALIMENTAIRES
LA VIANDE