VIN
récolté
hectares.
hectolitres.
La superficie cultivée par les indigènes n’est pas comprise dans ce tableau. En 1866 elle s’élevait à 3,243 hectares pour rester à. peu près stationnaire; car en 1876 on l’estime encore à 3,854 hectares. C’est dans la province d’Oran que la culture prend chaque année un plus grand développement. La province d’Alger vient ensuite, puis celle de Constantine. Mais tout concourt à l'extension de la culture de la vigne dans la province d’Oran ; le rendement en vin qui est en moyenne de 50 hectolitres à l’hectare, la qualité des produits et par suite, le prix de l’hectolitre qui varie entre 25 et 35 francs. Les principes de viticulture et de vinification se sont améliorés comme les cépages. Il en est de même du matériel qui subit chaque jour d’heureuses transformations. Les cuves en bois et les foudres tendent incessamment à remplacer les cuves en maçonnerie, et tout fait espérer qu’avant peu le reproche qu’on adresse aux vins de l’Algérie cessera par suite du choix des cépages, d’une culture perfectionnée et de bons procédés de vinification.
Malgré les défauts qu’on prête aux vins algériens, ils commencent à être exportés en France et sur d’autres points; ils tendent même à établir une concurrence avec les produits similaires de nos provinces méridionales du littoral de la Méditerranée et de l’Espagne ; ce qui donne la preuve de qualités croissantes. Les vignobles d’Oran, de Mascara et de Tlemcen fournissent de bons vins rouges ; ceux de Bone et de Douéra, des vins blancs secs excellents. Quant aux vins de dessert secs ou doux, ils sont fournis par les vignes qui s’étendent autour de Médéah et de Pélissier. L’Algérie est représentée par 211 exposants. L’Exposition de 1867 n’en comptait que 126. Les vins sont de différentes qualités : rouges, blancs et gris ordinaires; secs, doux, de paille et mousseux.
En somme un progrès manifeste se produit dans notre Algérie ; il est de la plus haute importance d’y aider et cela dépend aujourd’hui de ceux qui nous gouvernent, il faut bien l’espérer dans le seul intérêt du pays. On a dit depuis longtemps que l’Algérie était appelée à jouer un grand rôle producteur à
LE VIN
l’égard de la Franee. On constate chaque année cette vérité par la variété des produits qu'elle livre à la mère-patrie et par leur abondance toujours croissante. 11 est donc urgent de faire que ce magnifique territoire soit relativement à la France, à une partie de l’Europe, entre nos mains, ce que l’Australie est entre celle des Anglais. Sur quelques points du territoire algérien on fait usage de boissons fraîches ou fermentées d’une nature particulière. Ainsi, sous le nom de lagmi , les Arabes boivent la sève du dattier. Ils se procurent cette boisson en coupant le bouquet terminal de cet arbre auquel ils conservent les palmes inférieures, puis sur un des côtés de la tête dénudée ils pratiquent une ouverture d’où s’écoule, au moyen d’un bout de roseau, un liquide savoureux. Un dattier fournit 15 à 16 litres de lagmi par jour ; mais cette récolte luxueuse est fatale à l’arbre qui meurt la troisième année. Le lagmi fermente rapidement et dans cet état il est consommé ailleurs, sous un autre nom.
Le caroubier (ceratonia siliqua) pousse en Algérie comme en Espagne, en Portugal, etc. Il donne des gousses de 15 à 20 centimètres de longueur qui, grâce au principe sucré qu’elles renferment, servent, entre autres usages, à fabriquer une boisson fermentée à laquelle on donne le nom de piquette de caroubes. En voici la recette :
Caroubes . . . 12kil,500
Orge . 5 ,000
Figues sèches . . . . . 5 ,000
Eau tiède . 100 litres.
On fait macérer en tonneau où la fermentation commence 2 ou 3 jours après ; lorsqu’elle est achevée on soutire dans des fûts, des jarres ou des bouteilles. On fait aussi du koumis en Algérie ; imitation de celui des peuplades tartares, de la Russie. Nous avons dit de la France, que sa situation exceptionnelle, les altitudes heureuses de son territoire, la diversité de ses climats, ses harmonies solaires et terrestres en faisaient une contrée de productions par excellence, et que ses vins, en particulier, étaient renommés entre tous les vins de la terre : grâce aux cépages qu’on améliore sans cesse, aux soins qu’on donne de plus en plus à leur culture et à la confection de leurs produits qu’on s’attache à perfectionner chaque année.
Mais il ne faut pas croire que la France soit le seul pays où l’on s'occupe activement à développer et à perfectionner la culture de la vigne dans le but de produire des vins bons et abondants. Il est d'autres pays où, depuis vingt ans, les cépages, les méthodes de culture et les meilleurs procédés pour faire des vins de choix, et généralement d’excellents produits sont mis en pratique avec les plus louables efforts. Nous citerons en particulier comme exemple de ces améliorations heureuses en Europe, quelques parties de l’Autriche, la Hongrie; de l’Allemagne, les bords du Rhin; de l’Italie, la Sicile et la Sardaigne ; de l’Espagne, l’Andalousie, les Deux-Castilles, et du Portugal, le Douro.
Dans le Nouveau-Monde, en Amérique, aux États-Unis où, depuis 1859, on constate d’immenses progrès; des transformations qui étonnent au point de vue de l’agriculture et principalement de la culture des céréales et de la vigne, comme savent faire les Américains ! Chaque année ces progrès sont enregistrés dans un volume portant le titre de « Report oj the commissioner of patents. — Agriculture » ou tout ce qui se rattache à cet art : habitation, fermes, machines et ustensiles, météorologie, etc., est largement développé sous forme de rapports spéciaux.
Nous allons indiquer les accroissements et les améliorations qu’on a introduits depuis plusieurs années dans les divers pays où l’on se livre à la culture de la vigne.
PRODUITS ALIMENTAIRES
Autriche. — L’étendue des terres cultivées en vignes est relativement considérable dans l’Autriche proprement dite ; mais cette étendue n’est pas trèsexactement connue. Cependant en 1873 on l’estimait à 290,192 hectares en comprenant la Dalmatie. Quant à la production du vin, on l’évaluait en moyenne à 3,242,146 hectolitres, d’après un rendement moyen de 11 hectolitres par hectare. La plupart des provinces autrichiennes, même celles du nord, produisent du vin. Il en est de même dans la Bohême où les conditions climatériques sont favorables à ce genre de culture. La production des quatre dernières années a été la suivante :
1874 . 3,158,000 hectolitres
dont la moyenne est 3,776,000 hectolitres. Les territoires de l’Autrich e les plu favorisés et les plus producteurs sont : la Basse-Autriche et la Dalmatie. Le Tyrol, la Styrie, le littoral Austro-Ulyrien, la Carniole et la Moravie viennent ensuite.
Les provinces du nord produisent aussi du vin ; mais il est inférieur. Les vins d’Autriche sont rouges et blancs secs. Quelques localités fournissent des vins de liqueur et on fabrique des vins mousseux à Yôslau, dans la Basse-Autriche et près de Graz, en Styrie. La plupart de ces vins sont bien faits parce qu’on les travaille avec de bonnes méthodes.
Hongrie. — De tous les territoires qui constituent l’Autriche-Hongrie, c’est cette dernière qui cultive le plus de vignes et produit la plus grande quantité et les meilleurs vins. Cette culture s’étendait en 1866, sur une superficie de 340,029 hectares de terrain. Le rendement en vins de toutes sortes était estimé à 2,798,520 hectolitres. La superficie actuelle serait de 425,315 hectares qu’on répartit ainsi :
Hongrie . 335,873^,48
Transylvanie . 21,871 ,26
Fiume et sans district . 417 ,16
Croatie et Esclavonie . * . 55,103 ,68
Confins militaires . 12,049 ,22
Soit pour tout le royaume de Hongrie. . . 425,314 ,80
donnant en moyenne 3,996,577 hectolitres de vins blancs, rouges, rosés et de liqueur (1).
1° Vins blancs secs et de liqueur . 2,334hect,758
2° — rouges . 669 ,428
3° — rosés . 992 ,395