‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 4)Chapitre 58 sur 124 · TOME VIII. — NOUV. TECH · texte numérisé non relu

TOME VIII. — NOUV. TECH

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et ces vins dont les vastes caves de Miskalez , de YHegyalja de Tokay ; plus vastes encore d’Erdohénye, de Kistornya, de Tétêny , de Tolna , de Somogy ; si nombreuses d ’Eger, de Bude, d’une foule d’autres localités, et toutes ces caves, au nombre de plus de 261,809, se videront des abondantes richesses qu’elles renferment précieusement pour aller accroître le bien-être des populations de l’Europe et d’ailleurs où souvent la pénurie se fait sentir; et lorsque, dans les bonnes années, la Hongrie, au lieu d’une production limitée à 5 millions d’hectolitres, ses vignobles en donnent 'plus de 10 millions d’hectolitres d'une valeur de près de 500 millions de francs, son action sera plus bienfaisante encore.

L’Exposition de 1867 comptait 53 représentants des vins de Hongrie. 300 exposants figuraient dans celle de 1878 avec plus de 860 échantillons de vins de choix : rouges, blancs, rosés, de liqueur et mousseux les plus renommés. On y voyait des échantillons des années 1811, 1834, 43, 46, 48' et de 1862 à 1866 et de toutes les régions : les Hegyalja Tokay secs et doux, les Szamorodni et autres; des vins blancs et des vins rouges de premier choix y étaient naturellement représentés, entre autres, par les producteurs et les sociétés d’Eger, de la Transylvanie, d'Esztergom et autres dont nous regrettons de ne pouvoir ici donner les noms.

Suisse. — On fait peu de vin en Suisse malgré le chiffre fabuleux que nous donne un document statistique. Il y a dans le pays quelques vignobles qui produisent de bons vins. Ceux de Cortaillod sont excellents ; les cépages qui les fournissent poussent sur un terrain calcaire qui leur donnent des qualités, et on les plante partout où l’on peut. Les vins rouges et blancs de Neufchâtel sont très-estimés. Dans le canton de Yaud, sur le littoral de Genève, on récolte de bons vins : le premier cru est Yvorn ; le second Lavaux et le troisième Lacote. Le canton du Valais possède deux vignobles qui ont une certaine célébrité; ils produisent les vins dits du Glacier ; celui de Genève à Bossey, puis Landcey, Cologny et le coteau de Genthod. Enfin, le canton de Zurich a un bon cru, celui de Neftenbach et un excellent vin rosé. Tous ces vins sont bien faits.

Espagne. — Ce que nous avons dit plus haut de la France au sujet des avantages que présente son territoire au point de vue de la culture en général, on peut l’appliquer à l’Espagne. Cependant cette contrée possède des qualités particulières : un beau ciel, un admirable climat, des productions d’une autre espèce l’olivier, le grenadier, l’oranger et le citronnier, le palmier, etc., auxquels se joint la vigne; végétaux qui sont là dans leur région naturelle; productions riches et variées, comme celles que recèlent les entrailles du territoire que la paix, le calme dans les esprits et, par suite, une vive impulsion vers l’agriculture et l’industrie ne peuvent que transformer et enrichir.

La superficie totale du territoire espagnol est de 50,703,600 hectares. 1,333,403 hectares seulement de cette superficie sont livrés à la culture de la vigne et on ne comptait en 1857, que 1,142,718 hectares destinés à produire du vin, et en ayant donné, cette année-là, 10,510,026 hectolitres d’une valeur de 285,885,000 francs. Les 190,685 hectares de vignes restant sont cultivés en raisins de table. L’Espagne produit des vins de toutes espèces : vins ordinaires, rouges et blancs ; vins de liqueur et vins cuits. Ses vins de liqueur sont trèsanciennement connus pour leurs qualités exquises, leur parfum et leur générosité ; les plus estimés sont : le Xérès, le Malaga et le Rota. Ceux de Montilla, de Valdepenas, de Carignena, Peralta et Sitges, qui viennent après, sont moins connus quoique très-vantés, comme tant d’autres vins exceptionnels de liqueur et d’entremets que produit l’Espagne. On y fait aussi des vins mousseux.

LE VIN

La vigne pousse avec vigueur sous le ciel d’Espagne ; elle est cultivée dans toutes les provinces, à des degrés différents, et cette culture prend chaque jour des proportions considérables. Cependant dans quelques provinces la vigne ne donne pas de bons résultats à cause des conditions climatériques qui ne lui sont pas favorables comme ailleurs. On n’y récolte alors que des vins sans valeur et ne se conservant pas, faute de principe alcoolique. On désigne dans le pays ces vins sous le nom de chacolis. Les localités d’où on retire les meilleurs vins, appartiennent à l’Andalousie ; car c’est cette province qui fournit le Xérès, le Malaga, le Montilla, le San-Lucar et celui d’El Puerto. D’autres vins très-estimés viennent des provinces de l’intérieur; on cite, entre autres, ceux que l’on récolte dans les deux Castilles : le Toro, le Rueda, Seca et Nava del Rey ; d’autres encore : les vins de Villarubia, d’Ocana, d’Yepes, d’Arganda, de San- Martin et, enfin, le célèbre Yaldepenas.

La Catalogne, l’Aragon et la Navarre produisent des vins rouges et blancs, secs et liquoreux de toutes les qualités ; mais les plus dignes d’être cités sont ceux d’El Campo de Carinena, do la province de Saragosse; de Priorato, qu’on récolte dans la province de Tarragone ; de Lograno et de Rioja ; imitation des vins de Bordeaux que produit la province d’Alava. Enfin, les provinces de Valence, de Murcie, d’Alicante, de Caceres et de Badajoz fournissent, elles aussi, de riches et abondantes récoltes parmi lesquelles dominent les vins auxquels une de ces provinces a donné son nom : les vins d’Alicante. L’Espagne peut étendre grandement la culture de la vigne ; tout concourt sur son territoire à ce développement ; source de grands revenus, par la consommation intérieure et surtout par l’exportation.

Il y a 19 ans, en 1860, malgré le manque de débouchés, faute de voies de communications accessibles au roulage, l’Espagne exportait pour 323 millions de réaux (6,960,000 fr.) de vins. En 1864 ce chiffre s’élevait à 82 millions de réaux (18,664,000 fr.) ; aujourd’hui, grâce aux nombreuses lignes de chemin de fer qui s’étendent sur tout le territoire, les exportations en vins se sont élevées à une somme importante.

La France a bénéficié de cette exportation. Elle a reçu, en 1867, 48,000 hectolitres de vins ordinaires en fûts qu’on emploie à combler son déficit et au coupage, et 28,000 bouteilles, plus 5,000 hectolitres de vins de liqueur en fûts, et près de 4,000 bouteilles. 11 résulte de ces importations, qui vont sans cesse en augmentant, des perfectionnements apportés dans la culture de la vigne, de l’introduction des machines et appareils destinés à manipuler les raisins et à confectionner le vin ; moyens et conditions à peu près inconnues jusque-là, qui donnent la preuve que l’Espagne est entrée principalement depuis 1867, dans la voie du progrès et que ce progrès se manifeste chaque jour davantage.il est juste de faire connaître que les viticulteurs espagnols et principalement ceux de la province d’Alava, doivent à la députation de cette province les perfectionnements dont ils recueillent aujourd’hui les avantages. Elle leur a fourni, en effet, tous les éléments et les bons principes propres à les éclairer dans l’art de cultiver la vigne, d’en récolter les fruits et de fabriquer le vin d’après les bonnes méthodes employées dans le Médoc dont on cherche à imiter les produits.

Ces bonnes pratiques, introduites en 1862, ont eu nécessairement pour conséquence une augmentation de richesse par le fait d’importations considérables en Angleterre, en Amérique et en France où les vins d’Espagne ordinaires sont de plus en plus appréciés. L’Exposition de 1867 comptait 397 représentants des vins d’Espagne ; vins de toutes les qualités ; les plus précieux comme les plus ordinaires, avec des indications de prix. Ces mêmes vins figurent largement à l’exposition actuelle ; ils font grand honneur à l’Espagne, comme tous les pro-

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duits naturels et manufacturés du pays que la commission espagnole a fait 1 2 disposer d’une façon si remarquable dans le palais et le parc et si splendide dans son pavillon spécialement affecté aux produits du sol, où une grande partie i des vins, des liqueurs et des huiles en bouteilles, ont servi à édifier des por- 1 tiques de style arabe, à former des stalactites et des tapis sur une partie des murs, du plafond et du sol de ce pavillon, au grand ébahissement des nom- ■ breux visiteurs qui affluent là chaque jour, attirés par ce beau spécimen j d’exposition.

Nous avons dit qu’en 1867 les vins d’Espagne étaient représentés par 397 cultivateurs; l’Exposition de 1878 en comptait 1,536; 1,139 de plus. Toutes les provinces d’Espagne ont leurs représentants. Celles qui en ont fourni le plus sont Alba- ; cete, 63; Barcelone, 46 ; Cuidad-Real, 134; Cordoba, 52 ; Huelva, 141 ; Iluesca, j 274; Lograno, 162; Tarragone, 789; les 30 autres exposants environ représentaient Las Baléares, JVlalaga, Alicante, Yalencia, Gerona, etc. Quant au nombre de bouteilles, il était immense et les vins qu’elles renfermaient étaient de toutes les qualités, depuis le vin ordinaire jusqu’au plus exquis : Xérès, Malaga, Rota, Montilla, Yaldepenas, Carignena, Peralta, Sitges, Alicante, Pedro Jimenez : vins de liqueurs doux, secs; ordinaires rouges et blancs: le Pajarete (paillet), Rancio sec et doux et une foule d’autres dont la nomenclature est infinie.

Disons qu’on ne saurait trop féliciter la Commission espagnole pour sa belle et bonne exposition de vins.

Portugal. — Le sol de cette contrée, placée dans les mêmes conditions climatériques que l’Espagne, doit produire de même ; c’est en effet ce qui a lieu pour la vigne qui donne des vins célèbres : les Porto du Douro. Les autres espèces sont moins connues, ce sont les vins de Bairrada, de Madeira, le Muscatel et le Setubal : vins de liqueur parfumés, doux, secs et très-généreux.

Les vins rouges et blancs ordinaires sont peu ou pas connus, ils se consomment plus particulièrement dans le pays. Cependant il en est qui. sont exportés en Angleterre, en France, au Brésil et dans les colonies portugaises. Nous citerons les vins de Collares, de Torres-Vedras, de Bucceslas, blancs ; Larradio rouges ; Termo rouges et blancs, et les bons vins blancs de Carcavello que l’Angleterre absorbe en grande partie. De même que l’Espagne et tous les pays où l’on cultive la vigne, le Portugal peut et doit doubler sa production par l’extension de cette culture.

Les principes de viticulture sont assez bien appliqués en Portugal et la vinification y est bien comprise; mais principalement pour les grands vins. Comme partout, son gouvernement encourage, par tous les moyens dont il dispose, cette culture intéressante au point de vue de la population ouvrière, et dont les avantages sont si grands pour ceux qui les pratiquent avec intelligence (1).

On estime que la culture de la vigne s’étend sur une superficie de 204,000 hectares (2) rendant, en moyenne, 4 millions d’hectolitres de vin de toute nature qu’on répartit ainsi pour la période de 1874 à 1876 :

Consommation intérieure . 2,800,000 hectol.

Exportation . 564,000

Distillation et autres usages . 556,000

Total égal. . . . 4,000.000

(1) Avant 1834 toutes les cultures étaient frappées d’une dime de 10 %. La vigne également. Depuis cette époque, grâce à l’abolition de cette impôt, l’agriculture a fait de grands progrès.

(2) L’étendue du territoire portugais, partie continentale, est de 89625 kilomètres carrés.

LE VIN

Disons de suite que le résultat des exportations, pour les années 1874, 75 et 76, a été, en moyenne, de 56,689,568 francs. La plus grande partie des vignes du Portugal sont plantées en vignes basses et la plus petite au pied des arbres d’où les branches s’élancent jusqu’au sommet. Les régions vinicoles du Portugal sont les suivantes : 1° Douro; 2° Traz-os-Montes ; 3° Minlio; 4° Beira- Alta; 6° Estramadure ; 7° Alemtejo ; et 8° Algarve. Dans le Douro, qui se divise en 3 régions, la vigne s’étend en lignes ou zones parallèles au fleuve qui donne son nom à la région. Les zones inférieures produisent le meilleur vin et les qualités vont en diminuant à mesure qu’on s’élève vers le haut des collines. On estime à 35,000 hectares les vignobles du Douro, et la moyenne du rendement en vins à 400,000 hectolitres. Il résulte de la situation des vignobles de cette région plusieurs qualités de vins.

La première et la plus précieuse n’excède pas 100,000 hectolitres. Ce sont devins lins d’une’ grande renommée qui sont en partie absorbés par l’Angleterre. La deuxième qualité n’est pas bien définie, cela dépend des années. Elle est ou égale ou supérieure à la première. On la produit un peu partout excepté dans les zones supérieures et les plus élevées. Le Douro inférieur en produit beaucoup. La production annuelle est, en moyenne, de 150,000 hectolitres; ces vins sont souvent mélangés aux premiers et expédiés au Brésil. La troisième qualité est fournie parles vignobles les plus élevés, les plus éloignés du fleuve et de ses affluents. La récolte est évaluée à 150,000 hectolitres qui sont |en partie consommés dans les localités environnantes et transformés en eau-de-vie destinée au vinage des vins de première et de 2° qualités. Enfin, il y a une quatrième qualité ; produit de vins supérieurs fabriqués avec des raisins très-estimés : le Muscat, le Malvasia, le Bastardo, l’Alvarelhao, etc., localités auxquelles ces vins, tout de liqueur, empruntent leurs noms.

Le 2e région : Traz-os-Montes, produit 400,000 hectolitres de vin environ. Ces vins sont excellents ; une partie est exportée en Espagne et l'autre livrée aux commerçants de Porto. On en détaille une partie sur place ; l’eau-de-vie est livrée au Douro pour ses vins. Les vins de Traz-os-Montés sont clairs, légers, doux, aromatiques, ou aigrelets, et plus ou moins secs et généreux. Les vins blancs du district de Braga.nça sont estimés à cause de leur générosité. Cette région fournit une grande variété de vins.

Le Minho produit 600,000 hectolitres de vins particuliers. On les désigne par l’expression de vins verts. Ils proviennent des ceps qui croissent au pied des arbres, d'où le nom de pendu (vintros de enforcado) qu’on leur donne dans le pays. Les raisins sont cueillis avant maturité, et le vin qu’on en retire est âpre, acide, vert. C’est là, en général, sauf exceptions le caractère des vins du Minho. Le Brésil en reçoit une partie.

La région de Beira-Alta est très-accidentée et la culture de la vigne, comme la production du vin, se ressent de cette situation. Les vins rouges sont clairs, transparents, aromatiques et moyennement généreux ; les plus estimés viennent du Dao, et ceux de la sous-région du Dao, qui réunit les meilleures conditions de culture, sont très-considérés. Cette région produit annuellement 150,000 hectolitres de vin. Les vins blancs sont doués de qualités particulières.

La 5e région, Beira-Baixa, produit 700,000 hectolitres d’une variété de vins qui prend sa source dans une foule de causes et de conditions qui résultent des lieux et de la situation des vignobles ; de là des vins verts, d’excellents vins, comme les rouges et blancs de Baiarrada, des vins rouges, foncés, épais qu’on expédie au Brésil. Les vins préférés viennent de Cova da Beira et de Tortozendos Alpedrinho, Valle de Prazeres; ils sont légers, clairs, aromatiques et généreux quoique doux, moelleux. L’Estramadure fournit beaucoup devin; 1,050,000, hectolitres de qualités très-diverses, et qu’on exporte en partie en France. Nous

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ne pouvons donner la nomenclature de ces vins ; elle est longue et riche. Il nous suffira d’indiquer les types principaux : Setubal, Lavradio au vin rouge célèbre; Carcavellos blanc ; Torres-Vedras ; Cartaxo; Macao blancs: Bucellas blancs ; Torres Novas : rouges et blancs, doux, sucrés, généreux, etc.

Alemtejo est une région dont la production est de 400,000 hectolitres. Ses vins laissent beaucoup à désirer ; cependant la viticulture fait là de grands progrès; la manipulation des vins doit subir des transformations profondes. La dernière région, Algarve, ne produit que 100,000 hectolitres de vin, environ. Cette région, comme la précédente, a été ravagée par l’oïdium ; elles se régénèrent toutes deux aujourd’hui. L’Algarve est très-fertile en fruits et en raisins d’une grande réputation; aussi on y fait de bons vins qui rivalisent avec les Malaga, Madère et Xérès; mais la manipulation des raisins et des vins laisse encore beaucoup à désirer. Les qualités les plus estimées sont les suivantes : Tavira, Olhao, Portimao et Lagôa. Sur beaucoup de points on fait bien les vins: ceux de choix ; les méthodes sont bien entendues ; mais malheureusement dans beaucoup d’autres elles sont à réformer. Nous citerons en particulier, Cartaxo, comme pays de bonne et soigneuse culture et comme excellente méthode de fabrication.

Mais grâce à quelques notabilités scientifiques du Portugal, parmi lesquelles il faut citer MM. Julio Maximo d’Olivera Pimentel, vicomte de Villa Maior; Joao Ignacio Ferreira Lapa ; Antonio Augusto d’Aguiar ; Joao d’Andrade Corvo, ancien ministre, les meilleures pratiques de viticulture et de vinification s’infiltrent peu à peu au sein des localités productives ; elles ont déjà donné lieu à de grands progrès, et tout fait croire à une transformation prochaine d’où sortira la richesse et le bien-être de cette belle contrée ; bien-être qui rejaillira naturellement sur beaucoup d’autres pays.

L’Exposition de 4878 comptait 478 exposants. Tous les types les plus remarquables des vins de Portugal y figuraient. Nous citerons en particulier : le Porto- Douro, représenté par de nombreux échantillons de la Compagnie des vignobles du Haut-Douro, de MM. Anderson, Antonio et Cie, du baron da Roeda, Croft et Cie, de Guedes, Graham et Cie, Niepoort et Gie, Silvae Cosens et autres. Les vins des crus de Villa Flor, Alfandega da Fé, Moncorvo et Macedo de Cavalleiros qui rivalisent avec le Porto; puis les Madère, parmi lesquels on remarquait ceux des années de 4792, 4802, 4842, 4848, 4849, 4830, etc., jusqu’à 4876, qui étaient estimés à des prix élevés : depuis 40 francs la douzaine de bouteilles jusqu’à 4,044 francs. Des Porto de 3 fr. 50 la bouteille jusqu’à 20 francs; des Carcavellos qui viennent après le Porto et le Madère ; le Camarate qui, vieux, ressemble au Porto ; le Setubal, vin de liqueur très-estimé ; une foule d’autres, et enfin, de nombreux échantillons de vins rouges et blancs ordinaires.

Puisque nous avons cité le vin de Madère, il nous paraît nécessaire de dire deux mots de cette île et de ses vignes. — L’île de Madère, possession portugaise, située sur la côte occidentale de l’Afrique, est une côte volcanique de près de 1,000 kilomètres carrés. Grâce à sa situation, la canne à sucre, l’oranger et le citronnier ainsi que la vigne, y viennent bien; leurs produits sont excellents ; ceux de la vigne surtout dont l’introduction dans l’ile date d’une époque fort éloignée ; on la fait remonter au xvne siècle, comme culture productive; on compte les grandes époques de cette production : en 4843, 22,000 pipes exportées et vendues au prix de 4,500 francs l’une (4), depuis cette époque les prix se sont élevés à 2, 3, 4, 7,000 francs et au-delà.

(1) La pipe est de 438 à Madère.

LE VIN

Les vendanges se font à Madère vers la fin d’août sur le versant méridional de l’île ; l’autre versant, le septentrional, qui produit un vin inférieur, est vendangé avant octobre. Les raisins sont foulés aux pieds sur la maie du pressoir, mis en tas et pressés ; les moûts recueillis dans des outres en peau de chèvre ou de mouton et portés à la ville. Les meilleurs viennent de Cama-de-Lobos, près de Funchal. Les outres sont vidées dans des fûts où le moût reste jusque vers le milieu de novembre, temps pendant lequel il se clarilie par suite de la fermentation. On ajoute au moût soit avant, soit après la fermentation, selon sa qualité, 2 ou 3 °/o d’eau-de-vie; puis les vins ainsi préparés, sont soumis, dans une étuve, pendant 2 à 6 mois au plus, à une chaleur qu’on règle suivant la nature et la qualité du vin qu’on veut obtenir.

Les étuves qu’on emploie aujourd’hui, sont en maçonnerie de pierre à deux étages et plusieurs compartiments, où des tuyaux apportent de l'air chaud provenant de calorifères établis dans le soubassement. La température ne s’élève pas au-delà de 40 à 50u centigrades. Après le temps d’étuve jugé nécessaire, on retire le vin pour y ajouter une nouvelle dose d’eau-de-vie, s’il en est besoin, et on laisse reposer jusqu’à l’époque de la livraison. A ce moment on clarifie à la colle après soutirage, si on le juge nécessaire. Les vins de l’île de Madère sont de plusieurs qualités ; on les connaît. On cite comme étant le premier, le Malmsey. Ce vin provient d’un vignoble particulier, dont le raisin n’est cueilli et pressuré qu’à demi desséché.

Viennent ensuite, suivant le goût, le Tinta qui, de rouge foncé à cause de la pellicule du raisin qu’on laisse fermenter avec le moût, passe à une teinte plus pâle en vieillissant, époque où il est préféré ; le ùercial, vin sec et généreux, d’un parfum extrêmement délicat, mais lorsqu’il est vieux ; le Bual, vin de raisins blancs, doux et parfumé. Et enfin le Bastardo, fait avec un raisin bâtard, ni rouge ni blanc, vin exquis à cause de son bouquet. Tous les vins de l’île de Madère acquièrent plus de qualité et de prix en vieillissant ; ce que les producteurs savent» très-bien ! Le Portugal exporte beaucoup de vin; le tableau suivant va nous en donner l’importance et la valeur :

ANNÉES

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