T01IE VIII. — NOUV. TECU
Fig. 26.
Toits collecteurs.
Mil!
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Fig. 3U et 31 — Toits collecteurs.
Fig. 33. — Toit collecteur.
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pement. Nous passerons brièvement en revue ces principaux centres de production, d’élevage ou d’engraissement, en marchant du Nord au Sud.
Nous trouvons dans le département du Nord, les parcs anciennement créés de Dunkerque. Dans celui de la Somme, à l’embouchure de cette rivière, les claires à huîtres que l’on a installées en 1875 non loin des bouchots à moules, entre le cap Horner et la pointe de Hourdel. Dans la Seine-Inférieure, les parcs d’installation ancienne déjà à Dieppe, au Tréport, à Etretat et au Havre. Dans le Calvados, les parcs de dépôt et de reproduction de Courseulles, qui au nombre de 200 environ, fournissent près de 60 millions d’huîtres par an. Parmi les principaux'éleveurs, il faut distinguer M. Clairez qui a entrepris d’acclimater à
Fig. 34. — Aménagemenl du rucher.
Courseulles les huîtres armoricaines et portugaises. Dans la Manche, les parcs au nombre de 72 créés en 1874-75 à Grand-Camp et à Maizy, spécialement pour l’élevage, et les 177 parcs de dépôt, d’élevage et de reproduction, étendus sur près de 4 kilomètres carrés (400 hectares), de Saint-Waast; les parcs d’élevage et de dépôt du Béquet, près de Cherbourg ; les parcs d’élevage et de reproduction fondés à Régné ville par Madame Sarah Félix en 1863 et dirigés par M. Chaillet; les parcs de dépôt et d’élevage depuis longtemps organisés à Granville. Dans l’Ille-et-Vilaine, on reprend successivement à Cancale les anciens parcs et étalages abandonnés depuis près de vingt ans; on a établi des parcs de reproduction à Vivier-ô-le-Mont, près du banc naturel ; au Havre de Roteneuf, dans l’anse de la Guimorais, on a organisé en 1874 des parcs d’élevage et d’engraissement qui complètent les parcs d’élevage du Vivier; près de la petite ville de Dol, à l’embouchure de la rivière du Guioult et de la Rance, des essais favorables ont déterminé la création de plusieurs parcs dont on s’occupe à multiplier le nombre. L’ensemble des parcs de Cancale produisait 120 millions d’huîtres en 1802, 75 millions et demi en 1826, et 15 millions et demi en 1875 valant 750,000 francs. Dans les côtes du Nord, à proximité des bancs naturels des anses de Tréguier et de Bretrat, on a établi des parcs de dépôt et d’élevage et en outre trois réservoirs flottants.
Dans le Morbihan, dans le Havre de Penerf, à l'embouchure de la rivière de Crach, nous trouvons les parcs d’élevage de Kerriolet, fondés par M. le baron de Wolbock; puis, dans la petite mer intérieure du Morbihan, et surtout à l’embouchure delà rivière d’Aurav, 348 parcs occupant 1,600 hectares, repré*
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sentant un premier capital de deux millions de francs et employant 1,135 ouvriers. Citons particulièrement les établissements de MM. Chaumel, lieutenant de vaisseau, sur la côte d’Arradon; baron de Wolbock à Kerriolet, près la Trinité sur mer; Alphonse Martin, à Kerguirionné, près Crach; de Mauduit et de Solminhiac, à Belon près Riec, etc. Dans la Vendée, les parcs d’installation ancienne des Sables d’Olonne.
Dans la Charente-Inférieure, nous trouvons quatre centres d’industrie ostréicole. L’île de Ré, où dès 1862, on comptait 3,040 parqueurs et 897 claireyeurs occupant ensemble une superficie de 43 hectares dans les deux tiers de Loix et d’Ars, et où deux communautés de parqueurs se sont depuis lors organisées et exercent sur l’association une vigilante direction. L’ile d’Oléron possède 2 à 3,000 viviers situés entre la pointe de Maumusson et le château d’Oléron; ces viviers avaient été complètement abandonnés de 1865 à 1872 à la suite de l’affaiblissement des bancs naturels que les moules et la vase avaient envahis; ces huîtrières tendent depuis quelques années à se reformer et on rétablit les viviers du naissin qu’on peut emprunter à Arcachon et à la Bretagne; ces effets sont favorisés par l’administration de la marine qui a établi avec succès un parc-modèle à la Courant. Enfin, derrière la pointe sud-est de l’ile d’Oléron, se trouve l’embouchure de la Seudre, petite rivière de 60 kilom. de parcours qui débouche dans un estuaire vaseux de 24 kilomètres de long, de Saujon à l’île de Noie et au pertuis de Maumusson. La largeur de cette vasière est de 200 mètres environ, de Saujon à l’Eguille et en moyeune de 600 mètres en aval de cette petite commune; la hauteur d’eau varie de 5 à 10 mètres dans le chenal suivant les marées.
Sur la rive droite de cette embouchure, se trouve Marennes, et sur la rive gauche est assise la Tremblade, sa rivale.
Marennes est une petite ville de 2,000 habitants, qui doit depuis longtemps sa prospérité à ses marais salants (9,000 hectares) en grande partie remplacés aujourd’hui par des parcs ou .claires à huîtres. Ces parcs ont chacun une superficie d’environ 350 à 400 mètres et sont séparés par des levées en terre, de 4m,50 à la base et de 0m,70 à 1 mètre de hauteur, munies d'une écluse et destinées à admettre et retenir l’eau de la mer. Celle-ci ne submerge que les grandes marées, les parcs dont l’eau ne se renouvelle jamais entièrement. Le fond des claires est à peu près plat. On l’ensemence d’huîtres âgées de 6 à 8 mois, prises sur les côtes de la Bretagne (armoricaines) ou sur les bancs naturels du littoral Poitevin, ou encore dans le bassin d’Arcachon ; elles y ont acquis la taille marchande deux ans après, mais ne sont parfaites qu’ après un séjour de trois à quatre ans dans les claires. Les claires de Marennes jouissent, comme celles d’Ostende, de la propriété de verdir les huîtres; d’après les uns, cette coloration serait due à une maladie de foie développée chez les mollusques par des eaux d’une nature particulière; d’après les autres à un animalcule vibrio (vibrion ostreariusj qui se développerait dans ses eaux et pénétrerait avec elles dans le corps du mollusque; selon ceux-ci à la nature du sol dès parcs établis sur des marnes de couleur bleu verdâtre ; selon ceux-là à de petites algues qui foisonneraient dans ces eaux mi-douces et mi-salées : ce que l’on sait le mieux, c’est qu’on en ignore encore la cause. En tous cas, les huîtres ne verdissent pas en été, et mieux encore, si on les y met vertes, elles pâlissent. En 1854, les parcs de Marennes, couvrant alors 12,000 hectares et produisant 50 millions d’huîtres vertes par an, produisent d’après M. Ackerman, commissaire de la marine, près de 100,000 francs, soit 80 francs par hectare.
La Tremblade est une petite ville de 3,000 âmes environ située au sud-ouest de Marennes, sur la rive gauche de la Seudre, et desservie comme Marennes par un chemin de fer qui partant de Rochefort, vient y aboutir. La Tremblade et Marennes, exerçant la même industrie, où la première ne s’est immiscée que
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plus tard, sont en rivalité constante. Il paraît que les parcs de Marennes perdent peu à peu leur propriété de verdir les mollusques qu’on leur confie, tandis que ceux de la Tremblade continuent d’en jouir. En 1867, Marennes ne vendait que 600,000 huîtres tandis que la Tremblade en expédiait 23,410,000; la première n’occupait guère dans ses parcs que 200 ouvriers, et la seconde 1,774 ; la recette était pour l’une, de 24,000 francs; pour l’autre de 704,300 francs. Aujourd’hui,on compte 5,000 parcs au moins pour les deux rivales ; en 1874, elles y ont introduit 24 millions d’huîtres valant 600,000 francs et en ont exporté 21 millions valant 1,690,000 francs. On peut estimer leur produit moyen actuel à 30 millions d’huîtres valant 2,100,000 francs, soit en gros et sur place, 7 francs le cent ou 0f,93 la douzaine.
Dans la Gironde, à l’origine de l’estuaire de ce fleuve, sur sa rive gauche, se trouve la petite ville de Pauillac (2,000 habitants), qui, non contente de recueillir sur son territoire les vins fameux de Branne, Château-Laffite, Château-Latour, etc., a voulu produire aussi les huîtres qui font si bien déguster les vins blancs des crus voisins de Graves. Pauillac a donc installé, assez récemment, des parcs dans lesquels elle introduisait, en 1874, 175,000 huîtres valant 2,850 francs, tandis qu’elle en vendait 27,500 valant 3,650 francs. Nous ne pensons pas pourtant que cette industrie y soit appelée à un grand avenir. Le bassin d’Arcachon, que M. le Dr Soubeiran qualifiait déjà, en 1866, d’El-Dorado des huîtres, a justifié ce surnom, grâce aux encouragements de l’État, qui y fit établir trois parcs nationaux sur les crassats aux fonds émergents de Grand-Cès, de Crastorbe et de Lahillon, recouvrant ensemble une superficie de 26 hectares. Les deux premiers fournirent, de 1862 à 1866, 7,948,102 huîtres, soit 1,987,025 par an; en 1867, il s’y en trouvait encore 34 millions; la même année, Lahillon en fournissait 900,000. Les parcs privés fournissaient en 1865, deux millions et demi d’huîtres; en 1866 deux millions; en 1867, 3,216,000. En 1867, on introduisait dans les trois grands parcs nationaux 3,266,732 huîtres portugaises et on en récoltait 4,921,218. Au lep janvier 1873, on comptait dans le bassin 2,427 parcs qui expédiaient 42,542,650 huîtres valant 0,745,050; en 1874, 82,345, 233 huîtres valant 2,058,630 francs. En 1863, à l’île de Ré, d’après M. F. Fraîche, un pêcheur nommé Moreau, de la Flotte, vendit 1 ,300 francs la première récolte de son parc, qui n’aurait que 500 mètres carrés, soit à raison de 26,000 francs par hectare.
Dans la Méditerranée, nous ne constatons qu’un parc de dépôt d’huîtres d’Arcachon à Cette, dans l’étang de Tliau; puis les dépôts de vente de Marseille, Toulon, etc. Mais nous ne pouvons passer sous silence les essais faits, dans le canal de Bouc par M. Léon Vidal et dans l’étang de Berre par M. Lamiral. En 1876, MM. Gasquet frères ont fondé, dans la presqu’île de Giens, sur le rivage occidental de cette langue de terre, un établissement de pisciculture marine dans lequel ils élèvent la plupart des mollusques comestibles de la mer Méditerranée. Ils n’ont pas oublié l’huître. Leurs parcs, enceints de pieux, sont munis de tuiles collectrices; ils ont été garnis d’huîtres d’Arcachon d’abord, puis comparativement des variétés corses et portugaises; nous espérons que dans les mains d’hommes aussi intelligents, les résultats seront favorables. Tout récemment, M. Bouchon-Brandely signalait comme des plus favorables à des essais de cette nature, l’anse ou calanque d'Agay, près de Saint-Tropez.
Enfin, pour compléter nos renseignements en ce qui regarde l’ostréiculture, ajoutons que la pêche à la drague et à pied, sur les bancs naturels, a produit en 1875, 97,226,592 huîtres valant 2,379,719 francs, dont 13,456,000 huîtres sur les seuls bancs de Cancale.
Nous avons dit que les anciens Romains avaient posé, il y a dix-huit siècles les bases de l’ostréiculture artificielle dans les lacs Lucrin et Fusaro ; le Lucrin est
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aujourd’hui presque comble, et le lac Fusaro est devenu stérile et a été abandonné depuis 1869; mais l'ostréiculture s’est créé un autre centre de production artificielle en dehors des bancs naturels du golfe de Gènes, des côtes de l’Adriatique (Brindiri, Venise, etc.) et des parages de la Corse. C’est dans une lagune (picolo mare) salée, située prés de la ville de Tarente qu’elle borne à l’ouest; cette lagune communique avec la rade située au fond du golfe, par un chenal étroit, mais suffisant; elle a 12 milles (22 kilom.) de circonférence et 6 milles (11 kilom.) dans sa plus grande largeur; les eaux en sont pures; le fond est formé de sable calcaire, la profondeur maxima de 17 à 18 mètres et, à2 à 3 mètres du bord, elle est déjà de 1 mètre; sept petits cours d’eau (Galesio, Oro, Bettentiero, Adeya, etc.), s’y rendent et, en outre, plusieurs sources sous-marines d’eau douce, dont l’une, le citrello, a l’importance d’une véritable rivière. La température y atteint, en été, 27 à 28° C, et la salure de 2°, 25 à 3® B. Malgré cette température et cette salure élevées l’huître prospère si bien dans la Picolo mare que l’État l’afferme à une compagnie, moyennant 58,000 lires ou francs, par an, pour y cultiver les moules et les huîtres; on y a installé 14 parcs pour les premières et 21 pour les secondes, en tout 35; chaque parc à huîtres couvre environ 80 ares et chaque parc à moules, près de 2 hectares; c’est donc ensemble une superficie occupée de 53 hectares et un fermage de 1,100 francs par hectare; la compagnie reloue les parcs aux éleveurs à raison de 1,400 francs l’hectare environ.
Ceux-ci placent au mois de mai, leurs collecteurs au large, à environ 2 milles (3,500 mètres) du rivage ; ce sont des fascines liées de cordages, lestées de pierres et portant des lièges flottants; ces fascines, levées tous les 15 ou 30 jours, du 1er mai au 30 septembre, sont transportées dans les parcs et suspendues aux cordes tendues d’un piquet à l’autre, immergées à une profondeur de 2 à
3 mètres ; après six mois, on délie les fascines et on attache aux cordes leurs rameaux séparés ; quatre mois plus tard, on en détache les mollusques qui ont atteint la taille marchande et on rattache les rameaux. En général, il suffit de deux ans à deux ans et demi pour que les huîtres atteignent la taile de 0m,07 à 0m,08 de diamètre, de forme régulière, avec des coquilles épaisses. Le produit moyen annuel est d’environ dix millions d’huîtres par an, soignées et récoltées par à peu près 5,000 pêcheurs.
Quant aux moules, la picolo mare en produit deux espèces : la moule ordinaire (mytilus edulis) et la moule à chair rouge (modiola barhata), cette dernière préférée est d’un prix plus élevé. La première paraît pourtant plus féconde et se conserve plus longtemps fraîche. Un parc de 2 hectares produit environ
4 à 5000 quintaux de moules par an, vendues en gros à raison de 1 1 francs le quintal; c’est environ 2,475 francs par hectare.
En Norwége, M. le lieutenant-général Wergeland, ancien ministre de la guerre, a entrepris, au mois d’avril 1877, dans une baie (celle de BouhisJ, située aux environs de Christiana (59° latit. N.) l’élevage de l’huître, en bassins couverts (8 mètres de long sur 6 mètres de large) et en eau chauffée. Mais, si l’industrie ostréicole peut réussir sous ces climats, elle n’y sera probablement jamais qu’artificielle.
En Angleterre, d’après M. Buckland, des compagnies se sont formées de 1863 à 1865, pour organiser l’ostréiculture àHerne-bay et à Southand, d’après les principes de M. Coste; mais les premiers succès ne furent pas plus heureux qu’en France. En juin 1865, M. Georges Hart, ayant visité les bancs artificiels de Saint-Brieuc, de l’île de Ré et des autres points du littoral océanique de la France, créa à son retour la Compagnie ostréicole de l’Angleterre méridionale (south England oyster Company) dans l’ile de Hayling, au milieu de la rade de Portsmouth; là il dirige encore actuellement de vastes parcs, où les huitres
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sont traitées partie d’après la méthode italienne (lac Fusaro), partie d'après la méthode française (île de Ré).
Les États-Unis possèdent, sur leur rivage oriental, un grand nombre de bancs naturels d’huitres, et on y estimait, en 1870, la consommation qui se faisait de ce mollusque dans les grandes villes seulement à vingt millions de boisseaux (7,200,000 hectolitres) valant 20 millions de dollars (100 millions de francs).
Le littoral de la Belgique est également riche en bancs naturels. Ostende, port de la mer du Nord, possède sept parcs ou claires renommés, qui peuvent ensemble recevoir 15 millions d’huîtres, dont une notable partie s’exporte pour la France, l’Angleterre et l'Allemagne. Les huîtres d’Ostende, pêchées sur les côtes anglaises, sont beaucoup plus petites que nos huîtres communes; leurs coquilles sont très-pleines, minces, translucides, de formes très-régulièrement arrondies, ce qu’on attribue aux fréquents déplacements qu’on leur fait subir dans les parcs.
§ 6. Production des zoophytes. — Il y a peu de zoophytes comestibles; nous citerons pourtant l’oursin comestible et l’holothurie.
L’oursin comestible (echinus esculentus) est très-reclierché des Provençaux, mais dédaigné à tort par les Bretons et les Normands. On peut les manger crus, à la cuiller, ou cuits dans l’eau bouillante, à la mouillette comme des œufs. Lorsqu’ils sont cuits, leur goût et leur couleur se rapprochent assez notablement de ceux de l’écrevisse. Sur les côtes de la Manche, aux environs de Cherbourg, de Trouville et de Courseulles, on mange parfois le spatangue pourpré (spatangus purpureus). Au lieu de se contenter de la pêche des oursins, on pourrait les élever aisément en viviers, ainsi que le font MM. Gasquet dans leurs parcs de Giens, où ce zoophyte s’est reproduit dès la première année.
L’holothurie (cornichon ou concombre de mer) tubuleuse (holothuria tubulosa) qui, avec plusieurs autres espèces du même genre, habite la Méditerranée, n’est pas utilisée sur nos côtes, bien que, suivant Del Chiaje, les pauvres habitants du golfe de Naples en consomment volontiers la chair coriace. Les peuples de l’Asie orientale, notamment les Chinois, recherchent à haut prix le trépang, c’est-à-dire l’holothurie comestible (holothuria-edulis), que les Malais vontpêcher dans les parages de la Nouvelle-Hollande, depuis l’ile Melville jusqu’à Golfe de Carpentarie. On fait cuire l'holothurie dès qu’on l’a sortie de l’eau; on en extrait ensuite les intestins, puis on la rejette dans une chaudière avec un peu d’eau et de l’écorce de mimosa ; en dernier lieu, on la fait sécher au soleil ; cela se vend à peu près 50 fr. les 100 kilos.
7° Autres produits de la mer. — La mer est, pour l’homme civilisé, une ressource inépuisable; outre les aliments, elle lui fournit des engrais pour le sol (warechs, goémons, tangue, maërl, etc.), des matières textiles (byssus de la pinne marine et d’autres mollusques), des matières premières pour son industrie (nacre, corail), des éponges pour la toilette et les arts, des perlespour parure, etc.
En Sicile, on fabrique avec le byssus de la pinne marine, fort abondante en ces parages, une foule de petits objets tricotés, et même du drap d’une extrême finesse.
La nacre est la matière calcaire, dure, brillante de reflets chatoyants et irisés, qui garnit l’intérieur de la plupart des coquilles marines; c’est surtout de celles fournies par la famille des ostracés et en particulier de l’avicule ou aronde perlière ou mère aux perles (avicula margaritifera) qu’on l’extrait aussi bien que la perle fine, qui est une secrétion de même nature, produite par le même mollusque. Cette espèce se trouve dans les mers chaudes (Mer Rouge, Golfe
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Persique, Détroit de Manaar, côtes du Japon, Mer Vermeille, Golfe du Mexique, Iles Philippines, etc.). Aqx environs de Ceylan, dans le détroit de Manaar, on trouve un banc de pintadines ou avicules de plus de 20 milles de long. La France importe par année moyenne un million de kilogrammes de nacre brute, valant environ 1,200,000 fr.
Si la nacre est la matière normale de la coquille d’avicule, la perle en est l’accident. On attribue sa secrétion à une lésion produite dans sa coquille par un grain de sable ou un animal perforant ; pour réparer la perte de substance, il s’établit une hypersécrétion sphérique et plus ou moins régulière qui devient la perle; quelques-unes peuvent atteindre la grosseur d’un œuf de pigeon, et une valeur de plusieurs millions de francs.
Ce sont des plongeurs indiens qui, au risque de leur existence, vont arracher à la mer les coquilles d'avicules dont ils extraient les perles d’abord, puis dont ils vendent ensuite les coquilles pour en extraire la nacre. Le produit total de cette pêche est évalué par année moyenne à dix millions de francs.
Le corail est le polypier de l’isis nobilis, qui vit dans les mers chaudes et jusque dans la Méditerranée, sur les roches exposées au midi, par des fonds de 30 à 300 mètres, et à 10 à do kilomètres des rivages. La Mer Rouge, le détroit de Messine, la côte d’Afrique, le détroit de Bonifacio sont les lieux de pêche les plus ordinaires. Quand les polypiers sont à peu de profondeur, ce sont des plongeurs qui les vont extraire ; autrement, on les recueille avec une sorte de drague. La France importe chaque année environ 10,000 kilos de corail brut, valant 350,000 francs.
Les éponges sont les polypiers de divers spongiaires (zoophytes) qui vivent dans presque toutes les mers, mais surtout dans les eaux chaudes et tranquilles (Méditerranée, Mer Rouge, Golfe du Mexique). On en rencontre aussi dans l’Atlantique et jusque dans la Mer du Nord. On les trouve à des profondeurs de 8 à 50 mètres. Ce sont des plongeurs syriens et grecs, espagnols et américains qui se livrent surtout à cette pêche. La France importe, année moyenne, près de 200,000 kilos d’éponges, #et en réexporte environ 50,000 kilos.
S’il est exagéré de dire que la mer doit nourrir la terre, même dans les contrées d’âpres climats, comme l’Islande, la Norwége, la Finlande, etc., on peut tout au moins dire que, dans les pays civilisés elle peut et doit être mise à contribution pour compléter et varier les ressources de l’industrie humaine. N’est-ce pas elle qui nousfournit les huiles de poissons, les fanons delabaleine, les viandes conservées par l’huile, le sel ou la fumée? le caviar, les éponges, le corail et les perles? Si au lieu d’employer son intelligence et son industrie à détruire sans prévoyance, l’homme mettait son génie à multiplier ces dons précieux pour en user avec discrétion, combien ne serait-il pas plus riche ! La nécessité s’impose, la science fournit les moyens d’investigation, le terrain est prêt.
Ce sont, en effet, des études toutes nouvelles à faire, et dont on ne s’est jamais occupé que dans un but indirect et tout différent; mais, ce qui a été fait, nous pouvons l’appliquer et chercher encore. Au nombre des questions fondamentales de la pisciculture marine sont : l’étude, la fonction, la situation des grandes frayères; le mode de reproduction de maintes espèces de poissons, leurs mœurs, leur régime alimentaire ; l’influence de la disposition physique et de la constitution géologique des fonds ; celle des cours d’eau douce de diverses natures qui débouchent dans les océans ; celle encore des courants permanents et temporaires, de surface et de fond, sur l’habitat et la reproduction.
Il y a à peine plus d’un siècle, le célèbre astronome Halley descendit le premier à 15 mètres sur le fond de la mer, dans une cloche à plongeur qu’il avait fait construire. En 1830 on inventait le scaphandre, et c’est au moyen de cet
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appareil de Paulin qu’en 1844 M. Milne Edwards put faire, au péril de sa vie, une exploration au fond de l’Adriatique. Aujourd’hui l’opération est beaucoup moins dangereuse, grâce à l’hydrosta de M. Payerne, et beaucoup plus facile, grâce à la lumière électrique, que M. P. Gervais semble avoir eu le premier l’idée d’employer dans ce but, à Palavas, près de Montpellier. Les expériences de M. Toselli, dans la baie de Naples (1873) et dans le port de Toulon (1875-76), démontrent la possibilité d’éclairer parfaitement le fond de la mer dans une étendue assez considérable, et laissent même supposer qu’on pourrait ainsi créer un nouveau et fructueux genre de pêche. Enfin, peut-être pourrait-on encore utiliser l’observation faite en août 1876, par MM. Duruoff et Moret, sur la visibilité du fond de la Manche, par 50 à 80 mètres, d’une hauteur perpendiculaire de 1700 mètres en ballon.
Il y a là des applications nouvelles fort intéressantes par leurs résultats probables, et dignes de tenter à la fois les physiciens et les naturalistes. C’est, en tout cas, par ces investigations, que l’on pourrait déterminer les mœurs réelles et l’habitat d’hiver des animaux appelés migrateurs (maquereaux, harengs, sardines, morues, thons, etc.), et parvenir à organiser de merveilleuses chasses dans ces retraites supposées, mais encore inconnues.
Enfin il nous reste à parler des laboratoires et des aquariums d’étude pour les poissons de mer. On sait que M. Coste avait fondé à Concarneau (Finistère) un laboratoire de pisciculture marine avec bassins et viviers destinés à l’étude des poissons, crustacés et mollusques.
En 1871, M. Lacaze du Thiers fondait, à Roscofï (Finistère), un laboratoire de zoologie expérimentale. En 1872, M. Giard créait, à ses frais, à Wimereux (Pasde-Calais), un laboratoire de zoologie maritime. Malheureusement, ces établissements sont exclusivement consacrés à la science pure.
Comme aquariums marins, nous ne possédons guère que celui d’Arcaclion et celui du Jardin d’acclimatation du Bois de Boulogne (Paris); il est vrai que nous avons eu, à titre temporaire, ceux du Champ-de-Mars (Paris, 1867), du Havre (1868), de New- York (1876) et celui du Champ-de-Mars (Paris, 1878). Il est regrettable que les énormes dépenses qu’on s’impose pour satisfaire de temps en temps la curiosité d’un public futile soient toujours refusées aux études scientifiques d’une application si directe. Ce n’est pas seulement la vaine curiosité, même la science abstraite, mais aussi l'industrie piscicole et la navigation qui profiteraient d’un aquarium marin établi en permanence à Paris d’abord, puis sur un point quelconque de nos deux rivages de TOiéan et de la Méditerranée.