ENGINS DE PÊCHE
depuis 1864, il n’en est pas de même des autres pêches de grand art (morue, hareng, maquereau) qui tendent à se développer et nous offrent deux améliorations principales : la substitution, au fur et à mesure que les ressources le permettent, des filets de coton à ceux de chanvre, comme plus favorables à la capture, plus résistants et plus durables. Dès 1859, on avait fondé, à Dieppe un atelierécole pour la fabrication des filets de coton : une fabrique s'établit, en 1873, à Fécamp, et à la même époque, la municipalité de Boulogne-sur-mer, ouvrait un atelier-école exclusivement affecté aux enfants des marins pour la fabrication des mêmes filets. Ceux-ci ont 250 à 300 mailles, de profondeur et 25 mètres de longueur; ils sont carrés et d’une seule pièce; les anciens filets de fil avaient 200 à 250 mailles de profondeur, 17 mètres de longueur et 4 ou 5 coutures.
En second lieu, un grand nombre de bateaux (chalutiers, lougres, etc.) destinés à la pêche du hareng et du maquereau, des quartiers de Boulogne et de Fécamp, sont pourvus de cabestans à vapeur , pour faciliter le relèvement des filets, les opérations de chargement et de déchargement, le mâtage et le démâtage. Enfin, un certain nombre de patrons de bateaux de Calais se sont associés pour pratiquer leur industrie en commun. Un bateau, à tour de [rôle, transporte le poisson dans les ports, tandis que les autres continuent leur pêche. C’est là une pratique des plus logiques et des plus fructueuses. Ajoutons qu’une trentaine de pêcheurs de Trouville s’étant éloignés, en 1873, de nos côtes, pour pratiquer la pêche au large par le travers de Calais, Dunkerque et Ostende, ont vu leur activité si bien couronnée par le succès qu’il n’ont plus oublié cette route.
Mieux encore: dans les quartiers de la Rochelle et de la Teste, on emploie des Bateaux à vapeur , au nombre de six dans le premier et de quatre dans le second en 1874. Ces bateaux-chalutiers à vapeur atteignent promptement et facilement les gisements du large où se tiennent les gros poissons, peuvent sans danger s’aventurer plus loin que les bateaux à voile dont la marche est plus lente, plus irrégulière et qui sont, par suite, contraints de longer le littoral.
Il n’est pas enfin jusqu’au télégraphe qu’on ait employé à la pêche du hareng, afin de pouvoir signaler instantanément à tout un quartier de pêche l’apparition et la marche d’un banc de poissons et indiquer, sans perte de temps, à tous les pêcheurs, le lieu du rendez-vous. En 1875, le Gouvernement norwégien a fait établir, sur 200 kilomètres de ses côtes, un télégraphe spécial dans ce seul but.
La pêche des crevettes se faisait exclusivement sur les rivages, à l’aide d’un bouqueton, truble ou huxenau, sorte de filet à papillons dont un tiers du cercle est droit et qu’on emploie à ratisser le fond des flaques d’eau à marée basse. En 1862, un pêcheur de Saint-Gilles-sur-Vic eut l’idée de créer la pêche au large et en bateaux, avec les mêmes engins, un peu plus grands seulement, qu’il suspendit autour de son bateau tenu à l’ancre ; dès la même année, son exemple fut suivi (1864), et aujourd’hui, cette pêche emploie dix bateaux de Saint-Gillessur-Vie; à Dunkerque on y emploie à la même pêche une quinzaine de bateaux jaugeant chacun de 1 à 6 tonneaux.
La pèche à pied se pratique dans de bas parcs temporairçs ou à l’aide de lignes de fond tendues sur le sable à la marée basse; pour les crustacés et les coquillages, on explore, à basse mer, les anfractuosités des rochers ; pour béquille (ammodites Tobianus), il faut se munir d’une petite bêche triangulaire ou d’une fourche à dents plates que l’on enfonce rapidement dans le sable pour le soulevèr et avec lui le petit poisson si alerte que l’on a vu s’y dérober si prestement.
La pêche des anchois se fait de nuit, par un grand nombre de barques, dont chacune porte, à la poupe, un brasier que l’on entretient ardent ; les poissons, attirés par cette lumière insolite, viennent se mailler dans les filets ^rissoles) dont est enceint le groupe des barques. La pêche de la sardine s’opère par des
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barques montées chacune par 4 ou 5 hommes, et au moyen de grands filets bottants ou de seines à mailles serrées (40mde long, 4ra à 50 de haut), dans lesquels, après les avoir tendus, on jette de la rogue comme appat ; les poissons, attirés par fodeur forte de la rogue viennent se mailler dans les filets, que l’on relève de temps en temps. La pêche du hareng se pratique également la nuit, au moyen d’immenses filets (10 à 12m de long, 4 à 5m de haut), tenus verticaux par des barils vides, en haut, et par des pierres, en bas, et dans les mailles desquels vient se prendre, par les ouïes, le poisson attiré par un feu que portent les barques. A Boulogne-sur-Mer, on compte à peu près cinquante ateliers de préparation pour le hareng ; cés ateliers occupent près de 2,000 personnes (tonneliers, saleurs, hommes de peine, charretiers, femmes, enfants). Boulogne a expédié, en 1877, 13,893,188 kilogr. de harengs, sur 23,686,000 kilogr. de poissons frais mis à terre dans la même année.
Le maquereau se capture par les mêmes moyens, mais le filet ayant les mailles plus larges ; ou avec des lignes amorcées de morceaux de harengs ou de maquereaux mêmes. La morue se pêche ordinairement à la ligne garnie de mollusques, de fragments de harengs ou de morue, quelquefois d’un simple morceau de drap rouge; cette pêche se fait principalement à Terre-Neuve (190 navires) et sur les côtes d’Islande (220 navires).
Dans les étangs littoraux de la Méditerranée qui sont en communication avec la mer, le poisson entre et ressort, suivant les saisons, non pour s’y reproduire (à l’exception du muge peut-être), mais pour y trouver une nourriture plus abondante. L’étang de Berre communique avec la Méditerranée par un canal assez long et étroit, étranglé surtout en face des Martigues où se trouve une petite île, resserré encore vers son dernier quart par la présence de quatre ilôts allongés dans le sens du courant, terminé enfin, à l’entrée de la mer par les deux avancées sur lesquelles se trouve le fort de Bouc. Il en résulte deux bassins naturels ; l’un ù l’Ouest qui s’appelle l’étang de Caronte, l’autre à l’Ouest qui forme le port de Bouc, dans lequel vient déboucher le canal de navigation d’Arles. Les pêcheurs des Martigues ont creusé de nombreux canaux, communiquant avec l’étang de Caronte ; ces canaux étant munis de vannes, dès que les poissons y ont pénétré, on les retient captifs en abaissant les vannes, pour les y pêcher quand on le désire ; quant aux poissons, ils pénètrent dans ces canaux pour remonter le courant qui y est alimenté par de petits ruisseaux d’eau douce qu’on y détourne. Dans les autres étangs à fond plat, l’anguille est le principal produit ; on l’y prend, à la descente, lorsqu’elle se rend à la mer, au commencement de l’hiver, dans des bordigues ou labyrinthes en roseaux imités de ceux établis depuis longtemps à Commaccio.
Tout le monde sait que les huîtres se récoltent à la drague, sorte de râteau ou de pelle en fer lestée et munie d’une armature en fer sur laquelle est monté un filet en forme de poche ; cet engin est attaché par une longue corde à l’arrière d’un bateau de pêche que le vent pousse à pleines voiles, et racle le fond de la mer, détachant le mollusque qui tombe alors dans le lilet. On récolte le naissain à l’aide de collecteurs placés à proximité des bancs naturels, pour le porter ensuite dans des parcs d’élevage. Quand les huîtres ont atteint la taille marchande, on les transporte parfois dans d’autres parcs dits d’engraissement, où leur chair s’améliore en s’accroissant et où elles prennent cette coloration verte (que l’on croit due à une maladie du foie) qui caractérise celles provenant de nos parcs de Marennes et de la Tremblade et de ceux belges d’Ostende.
Quant aux éponges et aux perles , on se les procure en plongeant dans la mer à des profondeurs de 3 à 23 brasses (5 à 42m), opération très-périlleuse, nonseulement pour la santé à cause de la pression atmosphérique, mais aussi pour la vie, à cause de la présence de nombreux requins dans les parages de ces
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champs de pêche. La pêche du corail s’exerce par des fonds de 5 à 300m, au moyen d’une drague particulière appelée engin, formée d’une croix lestée de madriers en bois, dont chaque bras est muni d’une corde portant six filetspoches à grandes mailles ou Fauberts qui s’étalent en rosettes, s’éparpillent dans l’eau, s’accrochent à toutes les irrégularités du fond, brisent ou détachent les branches du corail et les emmaillent. Cette pêche pratiquée autrefois par nos pêcheurs provençaux, ne paraît plus l’être aujourd’hui par eux que dans le quartier d’Antibes (5 à 6 bateaux).
La 'pêche en eau douce emploie des engins extrêmement variés que nous ne passerons pas ici en revue, nous contentant de nommer : la bordigue, pour la pêche aux anguilles, à la descente ; les globes ou filets horizontaux, man-œuvrés à l’aide de treuils, pour les petits cours d’eau et les canaux ; les nasses , encore pour l’anguille; Yéperviér, la seine , le guideau, le verveux , le tramait , les lignes volantes et de fond, etc., etc.
Disons pour conclure que, actuellement, l’industrie des pêches donne à la France, un revenu moyen annuel de 86 millions de francs, savoir :
Pêche en eau douce . 7.000.000
Pêches à la mer. Grande pêche (morue, hareng, maquereau) . . 27.000.000
Pêche côtière. Poissons .
— Huîtres .
— Moules et autres .
— Crustacés .
Pêche à pied. Poissons, crustacés, mollusques.
— Warech, goémons, tangue, etc.
Total .
Il est bon de noter qwe M. Schnitzler, en 1408, n’évaluait ce produit qu’à 30 millions de francs, etM. Block, en 1838, qu’à 63 millions.
Les produits de la mer, nous l’avons déjà dit, sont multiples : les poissons nous fournissent leur chair qu’on consomme fraîche ou conservée par la dessication en plein air, le feu, le sel ou l’huile ; les cétacés nous donnent la baleine, l’huile, une sorte d’ivoire; les mollusques nous procurent, outre leur chair, le byssus, la nacre, la perle ; les zoopliytes, l’éponge et le corail. Ces divers produits ne sauraient tous être utilisés dans leur état naturel ; un grand nombre doivent être préparés ou même transformés ; c’est dire qu’ils sont la source d’industries assez nombreuses. La mer, qui fait vivre directement de la pêche près de 200,000 âmes, en occupe encore, plus ou moins complètement, plus de 130,000 aux industries qui s’y rattachent.
D’après la statistique officielle de 1832, la préparation des poissons destinés à être conservés occupait 13,300 ouvriers, répartis entre 692 établissements, se partageant un bénéfice brut de 4,900,000 francs.
La pêche fournit, année moyenne, 8 millions de kilog. de sardines , représentant près d’un milliard de poissons et valant 13 millions de francs. Une partie, soit au moins la moitié, est consommée à l’état frais ; le reste est conservé. Jusqu’en 1823, le seul mode de conservation consistait dans le salage et le pressage en barils. Depuis lors, on a employé simultanément le procédé d'Appert, qui consiste à enlever la tête et les intestins et à renfermer les poissons, après leur avoir fait subir une préparation bien connue, dans des boîtes en fer blanc, soudées et qu’on a remplies d’huile d’olives. On confectionne environ 60,000 barils contenant chacun 2,700 sardines et pesant environ 30 kil. l’un, et plus de 26 millions de boîtes renfermant chacune, en moyenne, 20 poissons. L’industrie de ces conserves est établie : dans la Loire-Inférieure (Le Croisic, Nantes), la Vendée (les Sables d’Olonne), le Finistère (Concarneau,
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Douarnenez), les Pyrénées-Orientales (Port-Vendres), l’Aude (la Nouvelle), les Bouches-du-Rhône (la Ciotat), le Var(Lavandon), les Alpes-Maritimes( Antibes), etc.
L 'anchois est pêché dans la proportion moyenne de 6 à 800,000 kilog. par an. Un tiers seulement est consommé à l’état frais, le reste est préparé en salaisons. Pour cela, on coupe la tête, on enlève les intestins, on lave à plusieurs reprises dans l’eau de mer, et quand les poissons sont égouttés, on les dispose par lits horizontaux, dans des barils ou des bocaux, en stratifiant chaque couche de sel gris pulvérisé et mélangé d’un peu de bol d’Arménie ou ocre rouge. Le principal atelier de salaison pour les anchois, est établi à Antibes et à Cannes.
Nous ne pensons pas que le produit moyen de la pêche du thoil dépasse o millions de kilog. par an, ce qui, au poids moyen de 50 kilog. l’un, représente cent mille thons. Un cinquième, à peine, est consommé à l’état frais ; un autre cinquième est salé ; le reste est mariné dans l’huile. Ces préparations s’effectuent à Toulon, Marseille, Ajaccio, Bastia, etc. Quant au saumon, on consomme à peu près exclusivement à l'état frais les 12 à 1500,000 kilog. que (fournit sa pêche en France; au Canada et en Norwége, on le sèche ; sur le littoral nord de l’Allemagne et en Russie, on le fume; en Écosse, on le sale; en Angleterre, on le conserve plus ou moins longtemps dans la glace.
Le produit moyen de la pêche de la morue est, pour la France, de 30 millions de kilog. environ, valant 12 millions de francs. Ce n’est que par exception que ce poisson nous arrive frais ; on le prépare presque toujours, soit à bord du navire même, soit dans des établissements formés sur la côte. Il y a, pour ce poisson, deux modes de conservation : on le sale et on le sèche. Dans tous les cas, on enlève la tête, les viscères et une partie de la colonne vertébrale, puis, on étend le poisson ainsi ouvert, entre deux couches de sel ; au bout de 10 à 12 jours, on l’entasse dans des barils en le stratifiant avec du sel neuf ; c’est la morue verte ou green-cod ou picked-cod des Anglais. Ou bien, après la première salaison, on le fait sécher et on le met en balles ou mieux en boucauts, c’est la morue sèche ou dried-cod des Anglais. Une partie de nos pêcheurs sèche sur les bancs de Terre-Neuve, de Saint-Pierre ou de Miquelon; une partie sur les grèves de Granville.
La pêche fournit environ 7 à 8 millions de kilog. de maquereaux ; la moitié, au moins, de ce produit se consomme fraiche; l’autre est salée dans les ateliers de Dunkerque, Calais ou Boulogne. La pêche du hareng produit en moyenne, 20 à 25 millions de kilog. dont un quart seulement est consommé frais ; c'est celui résultant delà pêche faite du 1er janvier au 1er juillet. Le reste, c’est-àdire le produit de la pêche d’été (Ier juillet à 1er octobre) ou pêche d’Écosse, et celui de la pêche d’automne (1er octobre à 1er janvier) ou pêche d’Yarmoirth, subit deux sortes de préparations : le salage ou le saurage.
Près du quart des navires employés à cette pêche font la salaison à bord et traitent ainsi près de la moitié de la production totale. Aussitôt retiré de la mer, le poisson est vidé, nettoyé et stratifié avec du sel, dans des barils ou caques ; à l’arrivée, au port de retour, il est livré aux saleurs qui le décaquent, le lavent et l’encaquent à nouveau avec du sel neuf et une forte saumure. Pour faire le hareng saur ou fumé, le poisson, sorti de la mer, est entassé, sans être vidé, dans des barils, avec du sel; au retour, il est livré dans cet état, aux saleurs qui le détassent, le lavent dans la saumure et le suspendent, au moyen de baguettes passées dans les ouïes, dans une hutte ou roussable, où il subit l’action du feu et surtout de la fumée, durant un temps qui varie de 4 à 15 jours. Le produit de la pêche de ce poisson se divise à peu près ainsi : un quart consommé frais, un second quart sauré, le reste ou la moitié salé (1).
(1) Voir t. ix, page 132, fig. 4, cheminée pour le saurissage des harangs.
ËNGINS DE PÊCHE.
L'anguille, dont nous ne saurions évaluer la capture annuelle et moyenne, à moins de 4 millions de kilog. se consomme presque exclusivement chez nous à l’état frais ; en Italie, en Allemagne et en Russie, on la sale ou on la fume.
Il est évident qu’à mesure que le réseau de nos chemins de fer se multiplie et établit des communications plus rapides et plus économiques, de la circonférence (littoral) vers le centre (continent), la consommation du poisson de mer frais s’accroît ; mais aussi, celle des poissons conservés (salés ou saurés) de la morue, du hareng, du maquereau, de la sardine, particulièrement, tend à diminuer dans une proportion à peu près parallèle. C’est pourquoi le prix de ces conserves s’abaisse successivement devant un débouché qui se restreint peu à peu. Pourtant, cette baisse de prix ne paraît pas devoir être exclusivement attribuée à l’insuffisance des débouchés : « Au dire d’hommes compétents,
» depuis une trentaine d’années, les saleurs n’ont fait aucun progrès en France,
» dans la préparation du hareng. Alors que les communications étaient plus » difficiles, et que les produits n’arrivaient à destination qu’après un délai sou- » vent long, il était nécessaire au point de vue de la consommation, de faire » prendre deux ou trois sels au hareng blanc et de fumer fortement le hareng » saur; mais aujourd’hui que le réseau des chemins de fer abrège la durée des » transports, ce mode de salaison forcée n’a plus la même raison d’être. Arri- » ver à donner au poisson une saturation plus faible, c’est-à-dire le préparer » au goût des consommateurs, ce serait sans doute assurer à la consommation » le développement qui lui manque. Les Hollandais et les Anglais sont déjà » entrés dans cette voie (M. de Bon. Rapp. au Ministère de la marine, 1875). » Terminons enfin par quelques considérations de statistique comparée, bien que les documents publiés à ce sujet par les diverses nations européennes soient aussi rares qu’incomplets. — Angleterre. Vers 1812, les pêcheries de saumons et celles de Tweed étaient affermées de 375,000 à 450,000 francs par an, et celles du Tay, de laDee, du Spey, dans des proportions semblables; Londres, en 1841, consommait par an, 1,446,280 kilog. de saumon frais, provenant de l’Ecosse, valant 2,910,000 francs, ou 0f,49 le kilog. La sardine se pêche surtout dans les parages des côtes de Cornwall et de Devon, depuis la pointe de Boit jusqu’aux caps de Padstow et de Bossinev, au moyen de seines ; les principaux centres de préparation sont établis à l’est du cap Lizard, à Mounts-Bay, à Saint- Yves, à Newquay, etc. En 1848, cette pêche employait 260 seines simples, manœuvrées par 1,600 hommes, et 230 bateaux montés par 1000 hommes, employant des filets traînants; l’exportation totale s’élevait à 166,984 barils, contenant chacun 2,600sardines. La pêche du hareng est très-productive sur les côtes anglaises : en 1842, l’exportation s’élevait à 667,245 barils de harengs salés et 190,922 barils de harengs fumés ; en 1868, le produit en harengs frais s’éleva à 87,500,000 kilog. et en outre, 165,434 barils de harengs conservés; 11,741 bateaux, en 1855, étaient occupés à cette seule pêche, et en 1867, 14,208 bateaux montés par 46,219 pécheurs.
La pêche de la morue occupait, en 1841, 449 navires, jaugeant ensemble 54,064 tonneaux et montés par 9,239 hommes ; le produit était d’environ 900,000 barils de morue séchée, valant, 12 francs l’un, près de 11 millions de francs. Le produit total de la grande pêche, en 1864, a été de 818,800 kilog. de morues prises ou achetées, plus 5,466,080 kilog. de morues séchées, plus 19,000 hectolitres ou environ 1 million de kilog., ensemble 14,644,080 de morues; ajoutons-y 836,110 kilog. de harengs frais et 736,890 hectol. de harengs salés ou saurés, soit ensemble 1,573,000 hectolitres ou à peu près 46 millions de kilogrammes.
Londres, peuplé en 1829 de 1,200,000 habitants, consommait 45,446 saumons, 3 millions de maquereaux frais ; 3,300,000 harengs frais et 1,900000 homards;