CO
œ martô lur
lœ mâjé
mâje lœ
lœ bu-eé
UJ
btree lœ
Dans la première série (partie gauche du tableau) il y a partout suspension de la voix. On remarque que dans toutes les agglomérations insuites, dont la plus étendue il est vrai ne dépasse pas quatre syllabes, c’est la finale qui porte l’accent musical, quel que soit le mot par lequel s achevé la locution enregistrée : il n’y a d’exception que pour la terminaison féminine (avâ gardœ), conformément aux observations déjà butes. Me^o, quand on l’isole dans la prononciation, a sa dernière syllabe aiguë; elle ne l’est plus dans mexp nœv, groupe nouveau ou la progression musicale, comme la progression temporelle, s’établit de l’initiale à la terminaison, et il en est de même si l’on confronte les mots avâ, kafe, aba avec les composés avâ kurœr, kafe kôsèr , aba ]ur .
C’est en effet la place du terme qui importe plus que le terme lui-même, comme on peut s’en rendre compte par celles des formations analysées dont les éléments, tous identiques, sont différents seulement par la situation qu’ils occupent. Que la finale soit en position seconde (kafe) ou quatrième ( kafe kôsèr), elle est toujours aiguë; lur porte l’accent musical dans œ martô lur, mais non plus dans œ lur marie, tout simplement paue qu’il termine la première locution tandis qu’il abandonne cette place dans la seconde. En d’autres termes, plusieurs mots étroitement îappioehes
Lote. — L'alexandrin.
L ALEXANDRIN FRANÇAIS
par le sens s’unissent dans la prononciation pour former un organisme complet ; ils s’ordonnent de telle façon qu’il n’y a plus qu’un mot unique dont la dernière syllabe est non seulement longue, mais encore aiguë : si la syllabe est féminine, c’est la pénultième qui supporte à la fois l’allongement et l’acuité.
Enfin il faut noter que la hauteur musicale, aussi bien que la durée, est indépendante des formes grammaticales. La phonétique historique, nous l’avons dit, montre que le, ce, je sont des formes atones; cependant la prononciation peut modifier ce caractère. Les exemples mâje lœ, hue lœ nous présentent une syllabe terminale lœ sur laquelle la voix s’élève obligatoirement et d’ailleurs sans la moindre difficulté : la forme étymologiquement atone a été, par le développement de la langue, introduite dans des combinaisons où la prononciation la rend nécessairement tonique.
Pour la seconde série d’expériences (partie droite du tableau) il y a eu chute de la voix. Les mots et locutions confirment partout nos précédentes observations, à savoir que, lorsque le sens est achevé, l’accent de hauteur remonte d’une ou deux syllabes, rarement plus, et cela ad libitum. Par conséquent, qu’il y ait ou non fin de mot à l’intérieur du groupe, l’acuité maxima évolue selon la règle générale. Elle peut coïncider avec une terminaison intérieure marquée par la graphie comme dans œ-n-om brav, me~ô nœv, mc:yô superb , dus me~p, mais elle peut se manifester ailleurs : avà gardœ, avà kuràr, lese pasé, kafe Poser, etc... En d’autres termes, la séparation typographique des divers éléments importe peu, puisque ces éléments disparaissent dans un ensemble et perdent leur individualité : l’agglomération est traitée comme un mot unique où l’accent de hauteur musicale s’établit selon les lois ordinaires.
Mais les faits que nous venons de signaler apparaissent-ils toujours avec une absolue régularité? Il y a deux cas, dans la première série, qui paraissent présenter quelque difficulté : ce sont les locutions lèse pasé, œ martô lur (•••o). Il n’y a cependant là rien qui nous soit inconnu. Ou bien ces exemples peuvent être rapprochés des combinaisons artificielles apapapa, atatata, etc... dans lesquelles nous avons constaté sporadiquement la présence d’un accent binaire secondaire; ou bien cette explication restant valable pour œ martô lur, il faudrait en admettre une autre pour lese pasé : il est en effet vraisemblable qu’ici la fusion des deux mots composants n’a pas été complète et qu’il subsiste comme le souvenir de ce qu’aurait été l’accentuation normale si chacun d’eux avait été prononcé isolément.
Il reste à savoir si les groupes métriques peuvent avoir une étendue illimitée, si, dans une phrase, la progression musicale s’établit de la première syllabe à la dernière, ou si au contraire cette progression se trouve interrompue et pour quelles causes. Comme pour la durée, nous distinguerons cependant entre les diverses expressions qui sont comme la couleur de la parole, entre le ton rapide de la conversation courante et le ton soutenu du discours solennel. Dans les expériences dont le détail va suivre, on a d’ailleurs éliminé l’emphase dont nous étudierons plus loin l’influence sur la mélodie du langage.
Nous commencerons par le débit le plus vulgaire, par celui dans lequel les intonations pathétiques sont le plus absentes. Les courtes phrases que nous avons utilisées sont déjà connues : lœ strapôlè e-t-il besc (le strapontin est-il baissé), il krœva la pô d(œ) sô tàbûr (il creva la peau de son tambour), il trôpa tut(œ) le-^-es perds (œ) (il trompa toutes les espérances), il eksplwata lôlâ le min(œ ) (il exploita longtemps les mines), il gresa de dà vè fwa (il grinça des dents vingt fois). Comme précédemment nous ne donnons qu’une seule série d’expériences : pour chacun de ces exemples la prononciation a été simple et le ton familier; chacun d’eux, articulé avec une grande rapidité, présente les accidents temporels que les moyennes de durée fournies ailleurs ont fait connaître.
Les chiffres sont les suivants :
Lee
s Ira
pô
le
krœ
va
c lil
la pô
be se
tsô ta bar
l’accent d’acuité dans la phrase
Irô
pa
tut
le
%es
pe
ras
OO
lek
sphua
ta
lô
ta
min
gr'e
sa
de
dâ
ve
fwa
Partout on constate que la ligne mélodique, dont les différents points coïncident avec les voyelles, va de la première à la dernière syllabe, et que celle-ci est la plus aiguë. Nous nous trouvons donc chaque fois en présence d’un seul mot musical qui comprend six à sept syllabes; en outre la seule vue du tableau indique, du moment que l’accent de hauteur tombe sur la finale, que la voix partout a été suspendue et que nulle paît il n’y a eu terminaison réelle. On voit donc que dans un débit sans expression la modulation est extrêmement simple et que les nuances en
sont exclues. , , ,
Pris en gros, les phénomènes de durée et d’acuité, pour les phrases que nous venons d’examiner, sont semblables. Il y a cependant une egeie
différence. Nous avons noté que dans une prononciation très rapide la progression temporelle n’est point tout à fait régulière, et quelle subit e légers arrêts causés, à l’intérieur de la phrase, par le nombre des. articulations combinées qui composent telle syllabe. Au contraire, et pour s en tenir au premier exemple, si stra est plus long que pô, et tè que e, la hauteur musicale ne connaît point d’accidents semblables ; elle n est point influencée par la constitution des divers groupes en raison même de leur complexité. Cette observation permet de conclure que dans la combinaison précédemment étudiée : œ martô lûr, on se trouvait bien en présence d un accent binaire secondaire .
Toutefois les conditions de l’accent d’acuité sont différentes si le débit devient solennel. On a prononcé sur un ton soutenu ces quelques phrases : œ-n-ombd e Itelijà 1 2 (un homme bon et intelligent), œ-n-om bô et rœmarkablœmâ-t-ctelijâ (un homme bon et remarquablement inte 1gent), œ lur martô byè-n-àmâeé (un lourd marteau bien emmanché), œ lur martô by'e-n-àmàeé sœ truvè dû sa ml (un lourd marteau bien emmanche se trouvait dans sa main), œ-n-avoka 'ekapablœ (un avocat incapable), œ-n-avoka ekapablœ dœ pledé (un avocat incapable de plaider), œ-n-avo ;a èkàpable dœ pledé-r-un moves kô% (un avocat incapable de plaider une mauvaise cause).
La série examinée est celle que nous avons déjà analysée au point de vue temporel ; elle a été choisie et conservée parce quelle ne présentait aucun phénomène emphatique. L’expression de la voix, comme on l’a déjà fait remarquer, correspond assez peu au sens intime des phrases enregistrées; mais la discordance est intéressante au même titre que pour la durée : elle montre que la position des temps marqués est dans le discours indépendante des mots eux-mêmes pris en particulier, mais quelle est en relations étroites avec le caractère qui leur est conféré. Nous rechercherons à propos du vers comment se fait l’accord du sens et de l’expression. Il s’agit ici de montrer que des tons différents amènent des variations importantes dans l’accentuation. Les mesures obtenues sont les suivantes :
nom
bô
le
ja