L'EFFORT ORATOIRE ET L ACUITE SYLLABIQUE
un abaissement Je la hauteur et trois syllabes se succèdent avec une acuité égale, pu, s il y a une nouvelle crete qui précédé immédiatement la chute de la voix • ici le temps marqué, au lieu d’affecter la finale du fragment, tombe sur la pénultième. On peut aussi noter (exemples V et VII) que des accents plus forts marquent les arêtes les plus importantes de la phrase et semblent unir plusieurs groupes dans une étroite
^'morcellement révélé par l’analyse des tracés n’est ni arbitraire ni purement mécanique. Comme l’accent temporel, l’accent musical est fondé sur les divisions naturelles du texte. Pas plus que pour la durée, on ne voit s’établir pour la hauteur cette ondulation a sommets binaires où certains veulent reconnaître le rythme essentiel de la langue française. La seule loi qui préside à la formation des divers fragments composant une même proposition, est en effet la loi du sens, avec ce correctif que les sectionnements établis par la voix dans toute prononciation lente ne peuvent avoir une trop grande étendue. Allongements et acuités tombent sur les mêmes syllabes, pour des raisons identiques et coupent pareillement la phrase. Œ-n-om bà (article + substantif + adjectif) forme un groupe parfait, mais œ-n-avoka ehxpabke (article + substantif + adjectif) en forme deux, au point de vue musical aussi bien que temporel, car une série de huit syllabes est trop longue pour ne pas se scinder nécessairement. Par contre dans ce dernier exemple la division ne pourrait s’établir selon le schéma ••O-O-O-, sous peine d absurdité et de
contresens.
Il nous reste enfin à étudier comment la hauteur musicale se modifie sous l’influence de l’emphase. Les phénomènes sont d'ordre assez
délicat, et l’on doit distinguer entre les mots isolés et ceux qui font partie d une phrase.
Les mots isolés sur lesquels portera notre enquête sont ceux qui nous ont déjà servi pour l’analyse des durées : bravé (crever), trope (tromper), grèsé (grincer), strapôté (strapontin), eksplwatê (exploiter). Nous savons que, au cas où la \oi\ se suspend, les trois premiers sont u type «O et les deux derniers du type -O, mais qu’ils deviennent respectivement O • et * O • ou O • • si l’on veut donner 1 impression d une tm réelle, et cela, même si la complexité de certaines syllabes cause de faibles arrêts dans la progression régulière des durees.
Dans une prononciation emphatique, nous avons vu que 1 accent temporel se déplace et qu il atîecte 'hors une syllabe non finale. riences nous ont prouvé que ce déplacement ne rend pas obligatoire un mouvement semblable de la hauteur musicale ; cet exemple en tait oi :
stra
te
Ailleurs cependant, pour des valeurs temporelles analogues, l’accent d’acuité demeure à sa place normale, mais il se produit un second accident attiré par l’allongement initial et souvent plus considérable que le premier.
stra
i. Pratiquement, dans le cours du volume, des formations semblables seront notées • • O afin de bien marquer la place ordinaire de 1 accent.
l’alexandrin français
Cette att, action est surtout sensible s .1 y a intonation conclusive, car alors, dans les mots trisyllabiques ou quadrisyllabiques dont l’initiale acuo.t sa dutee sous effort oratoire, 1 accent musical se fixe rarement sur la pénultième, mais remonte généralement de façon à coexister avec a ongue emphatique. Il est utile de comparer la prononciation normale avec celle dont nous étudions ici les manifestations (cf. tableau).
Sauf dans le premier exemple.