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Clair Tisseur, Modestes observations, p. iot

COMMENT SALTÈRENT LES GROUPES RYTHMIQUES

justement montré et nous montrerons plus amplement encore que le silence, dans des exemples analogues, est seulement facultatif, que l’effet produit est dû à la forte séparation de sens qui exige l'indépendance absolue des deux membres juxtaposés.

Tisseur, par contre, juge « cacophones » ces deux alexandrins :

De ce sourcilleux roc l’inébranlable cime. (Boileau.)

Il est là, le regard croit, sous son porche obscur... (Hugo.)

Il veut reconnaître, à tort, dans les syllabes qu’il souligne, des accents en contact, et il condamne la dureté de la rencontre. En réalité, il n’y a pas de heurt, et seul le dernier terme, comme le veut le sens, reçoit le temps marqué.

Mais cette observation, erronée en ce qui concerne les exemples choisis, retrouve toute sa portée quand le texte sollicite vraiment deux aiguës consécutives. Ou bien elles subsistent sans atténuation, ou bien la voix use de supercheries diverses, comme nous l’avons mentionné, ou bien enfin et très souvent le choc disparaît par un moyen beaucoup plus radical : la voix fait de la première tonique musicale une atone en la subordonnant à la seconde. S’il s’agit de deux pieds monosyllabiques ou d’un pied monosyllabique suivi d’un trochée, on constate la formation d’un membre rythmique *0 ou ‘O*. S’il s’agit d’une syllabe isolée ou d’un trochée précédés d’une mesure polysyllabique, celle-ci s’allonge volontiers du pied dont elle est suivie en perdant elle-même son accent.

Soit donc un vers construit selon le mode qu’on vient de définir :

Bois, prés, fontaines, fleurs, qui voyez mon teint blême.

Bwâ

pré

tè n(ce)

flœr

ki

vwa

yé

mô

tè

blé m(ce)

O O OO

(XII

Le premier exemple maintient la distinction des deux premiers termes de l’énumération. Dans le deuxième exemple, au contraire, les deux pieds monosyllabiques sont remplacés par un iambe dont la syllabe aiguë l’emporte sur le grave de 100 v. s. La transformation s’opère, sous le rapport de la hauteur musicale, d’une façon plus complète que pour la durée, sans qu’on puisse saisir des points intermédiaires dans le passage d’une combinaison à l’autre.

Il est notable qu’une suite de monosyllabes tend à s’ordonner de même en pieds plus étendus :

Tel Satan à travers vaux, monts, rocs, bois, lacs, p7és.

Tel

Sa

tâ

tra

ver

vo

mô

rôle

bwâ

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