I. 'alexandrin français
alexandrins successifs ' et du premier au second une progression musicale que la logique ne rend pas nécessaire, car il suffit d'un peu de véhémence oratoire pour réchauffer des hémistiches qui paraissent trop froids. La règle que nous venons d'exposer est donc loin d'être sans excen tiens. Cependant certaines subordinations d'accents, d’un vers à l'autre, s’expliquent seulement par la raison indiquée
La gradation peut s'établir, quelle soit purement artificielle ou commandée par le texte, à plusieurs vers de distance. Nous soulignons dans les veis suivants de Ruy Blas les syllabes mises en relief :
Donc, vous n’avez pas honte, et vous attendez l’heure,
L heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc, vous n’avez ici pas d’autres intérêts. . . (RB 4-6 )
Le second donc, pour tous les sujets, sauf pour G, supporte une élévation de la voix plus importante que le premier. Ailleurs au contraire la progi ession na pas été possible, parce qu’un trop grand intervalle sépare les groupes rythmiques qui se répondent 2 :
Mais par où commencer ? vingt fois, depuis huit jours J’ai voulu devant elle en ouvrir le discours ;
Mais dés le premier mot ma langue embarrassée
Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée. {Ber., 28-31 )
La déclamation de R est la seule où se marque exactement la correspondance indiquée par le poète.
Nous avons rencontre dans des vers isolés des phrases ascendantes très amples en opposition avec des phrases descendantes très réduites Des modulations analogues, sous l’influence de la passion, peuvent s’étendre à des périodes entières. La subordination, en l’absence de mots pathétiques qui pourraient solliciter la voix d’une façon particulière, s’établit d’un membre de phrase à l’autre, et non de vers à vers, à l’aide de l’un quelconque des accents rythmiques. ’ 2
Il faut cependant distinguer. Nous transcrirons ici un passage de China, :
Cet empire absolu sur la terre et sur l’onde,
Ce pouvoir souverain que j’ai sur tout le monde,
Cette grandeur sans borne et cet illustre rang,
Qui 111’a jadis coûté tant de peine et de sang,
Enfin tout ce qu adore en ma haute fortune D’un courtisan flatteur la présence importune,
N’est que de ces beautés dont l’éclair éblouit,
Et qu’on cesse d’aimer sitôt qu’on en jouit. (Cinna, II, 1-8.)
1. Nous donnerons un seul exemple de gradation artificielle, et à l’intérieur d’un même vers. On comparera les dictions de C et de î dans l’alexandrin suivant où C donne au second groupe rythmique une acu.te plus considérable qu’au premier, tandis que I ne fait aucune différence entre eux :
Porte, porte, chez lui cette mâle assurance... (Qn j ^
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2. Et pour une autre cause qu’on indiquera à propos des conflits.