‹ Études sur le vers françaisChapitre 153 sur 214 · R. B., 3 — ib., 17 J — P. G., 43 BEG R · texte numérisé non relu

R. B., 3 — ib., 17 J — P. G., 43 BEG R

2. Semblable à l’alexandrin à sens complet sera celui qui présentera une chute de sens à l’intérieur et une suspension à la finale. Ce type, bien évidemment, peut se rencontrer, et nous en avons des exemples.

HAUTEUR MAXIMA. — RAPPORTS DES VERS ENTRE EUX : SUSPENSIONS DE SENS ET CONCLUSIONS

maxima est identique dans les deux alexandrins, que pour E G R le premier l’emporte, que pour J c’est le second. On ne voit pas que ni l’un ni l’autre, à priori, doive être privilégié.

Nous arrivons au cinquième et dernier cas : un vers suspendu succède à une fin de phrase. Nous avons déjà exposé les caractères que revêt la conclusion dans une période, et nous savons que la chute de la voix opère une réduction de hauteur sur la série des groupes rythmiques dont elle est immédiatement précédée, de façon à n’y laisser subsister qu’une coupe de sens insignifiante. C’est donc ici le second vers qui présentera l’acuité maxima la plus forte. Nous citerons en effet un fragment de Ruy Blas, déclamé par E, où la succession réelle est celle que nous venons de définir :

. . . L’Europe, qui vous hait, vous regarde en riant.

Comme si votre roi n’était plus qu’un fantôme. . .

ro

ld

vu

vu rœ

gar

dâ

ri

yà

CO

rr\

CO

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OO

Ko m(œ)

si

vo

trœ

riva

ne te

plu

kæ fà

tô

CO

Tt*

VO

Tt*

O OO

Toutes choses restant égales par ailleurs, il en est régulièrement ainsi. Voici des exemples :

. . . Digne de notre amour, digne de ta naissance;

Meurs, s’il y faut mourir, en citoyen romain...

. . . Ma gloire à soutenir, et mon père à venger.

Hélas ! ton intérêt ici me désespère...

. . . L’unique allègement qu’elle eût pu recevoir ;

Et contre ma douleur j’aurais senti des charmes...

. . . Ma générosité doit répondre à la tienne.

Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi...

On pourrait allonger considérablement cette liste.

Les exceptions sont très rares. Elles proviennent : soit d’un abaissement de la voix sur le vers suspendu qui suit la conclusion, quand il y a lieu, pour des nécessités d’expression, de parler sur un registre plus grave 1 ; soit d’un pathétique plus véhément dans la fin de la phrase 2 ; soit de ce que cette fin de phrase elle-même doit son acuité maxima à un enjambement L

Nous tenons donc maintenant tous les éléments du problème et nous pouvons, grâce aux observations présentées, formuler une règle importante. C’est que les mouvements mélodiques sont déterminés ou bien par la valeur passionnelle du texte ou bien par les suspensions et les chutes du sens. En un mot, la plus forte hauteur musicale d’un alexandrin, dépassant le cadre des groupes rythmiques les plus voisins et n’ayant jamais qu’une valeur relative, n’existe qu’en fonction de la période. Ou si l’on aime mieux : il riy a pas dans la déclamation contemporaine un accent « devers », mais seulement un accent « de phrase ». Cette marque est exacte même quand le sens est complet en douze syllabes.

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