‹ Études sur le vers françaisChapitre 171 sur 214 · KO · texte numérisé non relu

KO

àplœr

âplifé

âplijikasyô

MOTS FRANÇAIS : COMPOSITION ET INTENSITE DES SYLLABES

(fia

ba

(Oà

batây

1 5 5-1 1 5-75-25-ro A

(fia

batayô

MO

Ut

(fi*

kôtyé

co

(fit

(f)iv

kôtwayé

som

somty

someyé

Toutes les règles que nous avons établies se trouvent vérifiées. Il n’y a pas d’intensité absolue frappant certaines syllabes; celles qui reçoivent le signe a ne sont fortes que par rapport à celles dont elles sont précédées, et l’énergie maxima n’est point proportionnelle à la longueur du mot. On notera que la période initiale de faiblesse n’est guère manifeste, à s’en tenir aux chiffres donnés, quand le mot commence pai une consonne. Il faut en conclure que l’effort le moins grand est fourni au début de cette consonne. Dans le mot som : 120"’ est seulement 1 audibilité de la du nière tranche de 1 ’o ; il faut comprendre que la voix s'affaiblit de plus en plus sur Ym terminale, par un mouvement inverse de celui qu elle a accompli sur IV.

l’alexandrin français

Cependant, si l’on veut étudier le rapport des syllabes entre elles, il n'est point nécessaire de reproduire toutes les mesures prises. Comme pour les combinaisons factices, il suffit d’indiquer pour la première voyelle la compréhensibilité la plus faible, celle sur laquelle s’opère le départ de la voix ; puis, pour les autres, l’intensité la plus forte qu’on aura constatée, bref de procéder aux réductions dont nous avons donné 1 exemple. Ainsi le mot âplifyé, au lieu d’être conservé dans sa transcription première :

peut se restreindre aux chiffres suivants :

peut être résumé comme ci-dessous

pli

fyé

85 100- no-45 A

pli

fyé

luit dans ses

variations

multiples :

ko

twa

yé

éO-IOO I I 5

kô

tiua

yé

Ces mesures permettent de reconnaître que dans âplifyé la voix attaque la première syllabe en lui conférant une audibilité minima de 5m, que l’audibilité maxima de la seconde est de 50™, que l’effort fourni dans la troisième permet au y et à ïé d’être perceptibles le premier à 50™, le second à nomet que cette dernière voyelle, au moment où elle s’éteint, n’est plus entendue qu’à 45™. Même observation pour kôtwayé : l’audibilité maxima de la première syllabe est de 75m (l’audibilité minima, non mesurée, devant être attribuée au début du k où la pression musculaire a dû être plus faible); l’audibilité maxima de la seconde syllabe est également de 75™ sur Va, tandis que le w atteint seulement 50™ ; l’effort fourni sur la syllabe finale permet au y et à Yé d’être perceptibles le premier à ioom, le second à i30m, et cette dernière voyelle, au moment où le son s’éteint, n’est plus entendue qu’à 20m. Dans les deux exemples cités, la modulation est suffisamment indiquée une fois que la réduction des nombres est faite. Dans le mot someyé, au contraire, nous conserverons seulement le premier chiffre qui indique à la fois la place et la valeur de l’accent secondaire et nous transcrirons :

so me ye

L’observation la plus importante est cependant celle-ci : les mots, considérés au point de vue des rapports syllabiques, sont l’équivalent exact des formations factices analogues; ba est semblable à a (a), ramâs à ata (*a); kôlwayé à atala (* *a), someyé à alala etc. Ainsi la syllabe la plus intense est en règle générale la dernière du mot, du moins dans une prononciation non emphatique et quand il n’y a pas fin de phrase. Notre

MOTS FRANÇAIS : COMPOSITION ET INTENSITÉ DES SYLLABES

enquête confirme l’opinion des grammairiens, opinion selon laquelle la dernière syllabe d un mot français est toujours dynamique . c est elle que l’on désigne communément sous le nom de tonique. Nous ajouterons qu’elle l’est seulement selon la loi de relativité que nous avons exposée.

Il y a cependant dans le précédent tableau une exception pour le mot âplifikasyô, dont 1 intensité syllabique est la suivante .

pli

fi

ka

syô

Ici, c’est la pénultième qui porte l’accent. Ce phénomène pourtant ne nous est pas inconnu et nous en possédons la clef. Voici quelles ont été les amplitudes : pour a on trouve B = 12, N = 1 ; pour y B = 3, N = 2; pour ô B = 7, N — 23, soit au total a = 13, y = 5, ô = 3°- L intensité brute se rencontre bien à sa place normale, mais l’intensité potentielle ou psychologique n est pas la même : 1 air a passé davantage pai le nez que par la bouche, donc a possède une puissance acoustique plus considérable que celle de 6, selon les indications que nous avions fournies dans notre premier chapitre.

Mais la règle formulée ci-dessus touchant la place de la tonique est seulement valable si la finale du mot est masculine. Lorsque la terminaison au contraire est féminine (consonne -J- e muet), c’est la pénultième qui est généralement accentuée.

C’est sur elle que s’opère l’effort principal. Le phénomène est absolument semblable à celui que nous avons constaté pour la durée et l’acuité. En effet, pour les mots qui figurent dans notre précédent tableau, toutes les fois que ïe muet a été prononcé, nous nous trouvons en présence d’un schéma ou AA a (cf. ci- contre).

Partout on constate sur Ve muet une dépression de l’intensité : en règle générale et presque absolue 1 , il ne peut supporter l’accent de force.

De plus, la règle des toniques trouve seulement son application s’il y a suspension, mais non plus s’il y a terminaison du sens. Tout mot prononcé dans des conditions de déclamation différentes, c’est-à-dire considéré comme fin de phrase, se comporte autrement. La distance maxima d’audibilité 11e coïncide plus alors avec l’accent de durée, mais, comme le temps marqué musical, remonte d une ou deux syllabes. En même

1. Dans les vers enregistrés, j’ai rencontré quelques cas où Ve muet est affecté d’un accent d intensité. C est là un fait excessivement rare.

ramâsæ

(rn)â

âkajœ

balâsœ

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