‹ Études sur le vers françaisChapitre 175 sur 214 · I OO- I · texte numérisé non relu

I OO- I

La finale de la seconde phrase présente une disposition connue. Dans la première phrase, la terminaison comporte un accent secondaire indépendant de tout phénomène analogue de durée ou de hauteur musicale, mais la dernière syllabe, qui est longue, a retenu le temps marqué dynamique : l’explosion forte du k y a été pour beaucoup. Ailleurs, l’accent d’intensité coïncide soit avec l’accent temporel, soit avec l’accent d’acuité, soit avec tous les deux. Parfois aussi il s’en sépare, mais seulement quand il constitue un accident accessoire : cette dernière condition n’est d’ailleurs pas indispensable. Les deux phrases transcrites prouvent du moins que, si les mêmes lois sont valables pour les trois caractères du discours, en fait il n’y a pas dépendance absolue et nécessaire de l’un à l’autre. Les durées laissent le plus souvent subsister le dessin original du rythme, tandis que les accents musicaux et dynamiques se déplacent avec une facilité plus grande. On se rend ainsi compte des modifications que peuvent produire l’emphase ou la passion dans les diverses parties d’un texte déclamé, et dès maintenant nous pouvons passer au vers.

Notre enquête préliminaire est en effet terminée. Nous nous sommes élevé graduellement des faits les plus élémentaires aux faits les plus complexes. Partie de sons et de groupements simples, nous avons examiné des phrases prononcées selon des expressions différentes. Nous avons montré que l’intensité reconnue par les grammairiens et les philologues est bien une propriété certaine de la langue française. Il nous faut désormais rechercher comment elle anime et fait vivre les créations des poètes.

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