‹ Études sur le vers françaisChapitre 199 sur 214 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Commence ~ d’un ton bien affirmatif et avec un certain enthousiasme :

Oui, partout elle est bonne et partout elle est belle, Notre terre de France aux mille aspects divers ; Belle sur les sommets où trônent les hivers,

Et dans la lande fauve à l’araire rebelle,

D’un ton poétique et doux , en traînant un peu Ja voix :

D’un ton doux et tendre :

D’un ton un peu plus énergique et accentué :

Belle au bord des Bots bleus, belle au fond des bois verts, Belle et bonne aux coteaux où la vigne s’accroche,

Et dans la plaine grasse où moutonnent les blés ;

Bonne dans les pâtis où les bœufs assemblés Mugissent ;

bonne encore aux fentes de la roche Où les oliviers gris aux figuiers sont mêlés ;

D'un ton plus ferme encore, en détaillant pour faire image :

Au front des pics neigeux, où l’aigle pend son aire, Et dont le soleil fait des tours de diamant,

Dans le glacier d’où sort le gave en écumant,

• Et d’où parfois, avec un fracas de tonnerre,

L’avalanche bondit sur nos champs de froment, Belle et bonne toujours, à la fois forte et douce, Notre terre se dresse en granit menaçant,

Tourne vers l’étranger son plus âpre versant,

D'un ton doux et en ralentissant :

Et nous déroule l’autre en gradins, sans secousse, Comme un tapis moelleux qui d’un palais descend.

D’un ton grave et sonore, avec l’accent plaintif :

Et là-bas, tout au bout du large promontoire D’où s’élèvent, le soir, les cris et les sanglots Des mères et des sœurs pleurant nos matelots.

D'un ton ferme et très affirmatif :

Notre terre est superbe en sa double victoire De ses feux sur la nuit, de ses rocs sur les flots.

L ALEXANDRIN FRANÇAIS

De telles notations peuvent suffire pour guider la déclamation de diseurs novices et pour servir de base à l’enseignement. Elles ne pourraient toutefois satisfaire le psychologue et le phonéticien qui réclament des précisions plus délicates et des détails plus pénétrants. Les nuances subtiles que 1 oreille peut malaisément définir, nous allons nous efforcer de les rendre sensibles par une analyse comparée des intensités, en étudiant t <1 oi énergie maxima, ensuite 1 énergie minima des vers. Nous fonderons toutes nos observations sur nos tableaux généraux Si l’on s’y reporte on y trouvera, pour chaque morceau et pour chaque sujet, d’abord la distance auditive la plus forte, puis la distance auditive la plus faible des v ers pris un à un, selon les estimations qui résultent des amplitudes corrigées par les hauteurs musicales et les timbres.

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