‹ Études sur le vers françaisChapitre 210 sur 214 · PATHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PATHÉTIQUE

bal

me

xæ

nwa

Xp h

/(<r) ré

to

CE

ro

si

vol

per

du dà

lô

bre

dà

la

kel

fini

Iwë kar

la

mu

pib

en

mu

du

Pour que la hiérarchie des accents s’établisse, il faut que le sens l’impose réellement. Mais alors encore il est possible de tricher avec le texte, de considérer les parties successives de la phrase comme étant sur le même plan, de telle sorte que l’une d’elles, n’infporte laquelle soit affectée de la force maxima la plus grande. Inversement aussi la voix peut instituer entre deux alexandrins successifs, et du premier au second une progression dynamique que la logique ne rend pas nécessaire. Ce fait explique, dans les cas exceptionnels commentés plus haut, que les sujets ne soient' nas

tou, ours unanimes quand il s’agit d’accorder un relief particulier à un mot important ou pathétique : c’est qu’alors il y a eu divergence dans 1 appréciation de la valeur significative.

La gradation est susceptible de se marquer, qu'elle soit purement artificielle ou commandée par le sens, à plusieurs vers de distance Nous soulignons, dans les vers suivants de Ruy tilas, les syllabes mises en vedette : \

Donc, vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !

Donc, vous n’avez ici pas d’autres intérêts. . . ( (-6 )

S. chez R la constitution de la nasale a, jusqu'à un certain point, entravé l’effet, il se manifeste cependant d'une manière assez notable chez E

Le premier donc est entendu à ,05", le second à 26;-. Ailleurs au contraire la progression n'a pas été possible, parce qu'un trop grand intervalle séparé les groupes rythmiques qui se répondent : r ’ r 4 P

Mais par où commencer ? vingt fois depuis huit jours J ai voulu devant elle en ouvrir le discours ;

Mais dès le premier mot ma langue embarrassée

Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée. 28-^1 )

Ni C ni J >*nt indiqué la correspondance voulue par le poète. A plus forte raison, quand la période est de dimensions encore plus étendues sa, , 7é ^^ordinations développées, marquées par l'un quelconque des accents rythmiques, le plus fort de chaque vers crôi<

san, energie |usqu a ce que la phrase trouve sa résolution. Nous avons d'ailleurs déjà signalé que les huit derniers vers du passai d ’Andummu,

- >*• * ~ - *• - - - « * - * - sz

“ r“erVeS U"e a°iS '?“■ " “ n0table que nntensité comparée des alexandrins es, en raison directe de leur valeur expressive ' oppements qui precedent I ont abondamment montré. Inversement, la preuve est tout à fait facile. Les vers suivants présentent un

dépense de force moins considérable que ceux dont ils sont immédiatement précédés, parce que ceux-ci contiennent soit un terme exclamatif, soit un mot pathétique ou important mis en relief par la voix, soit enfin un mouvement de passion :

L’unique allègement qu’elle eût pu recevoir.

De lâches sentiments pour ta punition.

Le temps de respirer et de voir seulement !

Ou qu’une voix des nuits tendre et délicieuse...

( Cid , 16 C J.) (ib., 24 J).

(Hem., 2 E.) (ib., 23 R.)

Enfin la différence des énergies peut servir à marquer une opposition littéraire entre des sentiments dissemblables. On note le fait à l’intérieur d’un même vers :

C’est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d’écume...

mèr E le sàl E dce or blâ de ku m(œ)

Le premier hémistiche doit être dit avec beaucoup de simplicité : la voix reste en effet modérée. Le second au contraire peint la violence des éléments et la fureur de la tempête : l’intensité s’accroît immédiatement par une juxtaposition des syllabes fortes aux syllabes faibles. Voici d’autres cas :

Maître de mon destin, libre dans mes soupirs,

Je ne rendais qu’à moi compte de mes désirs.

Mais, à peine le ciel eut rappelé mon père... (Bér., 12-14 J.)

J’espérais que du moins mon trouble et ma douleur Lui feraient pressentir notre commun malheur ;

Mais sans me soupçonner, sensible à mes alarmes. . . (Ber., 32-34 J.)

Le gouffre roule et tord ses plis démesurés Et fait râler d’horreur les agrès effarés.

Lui songe à sa Jeannie, au sein des mers glacées... (P. G., 39-41 B J.)

Dans chacun de ces exemples, les sujets indiqués déploient une force moindre sur le troisième vers; ils expriment ainsi soit l’abattement moral accru, soit la tranquillité d’âme faisant contraste avec la rage d’une mer démontée. Ils ont fait effort pour distinguer dynamiquement les divers plans du texte.

Toutefois, les relations des alexandrins entre eux ne sont pas uniquement déterminées par leur valeur pathétique, car certains vers ne contiennent aucun élément de passion. 11 nous faut donc passer maintenant aux conditions qu’imposent à la déclamation les coupes des périodes. Les éventualités à envisager ont été signalées dans notre chapitre consacré aux hauteurs musicales comparées. Les successions rencontrées peuvent être en effet de différente nature : elles consistent ou bien en deux ou plusieurs vers suspendus, ou bien en deux ou plusieurs vers à sens

Se la

INTENSITÉ MAXIMA. — RAPPORTS DES VERS ENTRE EUX : SUSPENSIONS DE SENS ET CONCLUSIONS 3,

complet. Mais d’autres combinaisons sont encore possibles : soit un vers fin de phrase après un vers suspendu, soit un vers suspendu après i vers à sens complet, soit enfin un vers suspendu faisant suite à un vers qui termine une période

Nous commencerons par le premier des cas que nous venons d’énumérer. De deux ou plusieurs alexandrins suspendus qui se succèdei lequel présente l’intensité maxima la plus considérable ? La règle peut se formuler de la façon suivante : toutes choses restant égales par ailler (c’est-à-dire quand les accidents de caractère pathétique sont absents ou primés par la suspension et que par conséquent les faits restent simples celui qui possède l’accent entendu le plus loin est celui qui supporte la coupe de sens la plus forte, sauf les exceptions notées plus haut. Souver si telle voyelle est improductive au point de vue de l’audibilité, elle est suppléée à l’intérieur du même vers par une autre voyelle plus favorabl Il faut s’entendre. Quand deux alexandrins suspendus ont dans la phrase la même importance, il est différent que l’un ou l’autre présente distance de compréhensibilité la plus forte. Cet exemple le laisse voir :

La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,

Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,

Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson. . . \p. G., 22-24.)

On trouve en effet ces chiffres : v, 22 B = 125“ E = i96m, J = 9om; — v. 23 B = 65’", E = 2iom, J = 1 5om ; — v. 24 B = 85”, E = 130 J I4° • Les sujets ne sônt donc pas d accoid. Il se pourrait que dans des cas semblables une subordination fût constatée, mais elle serait alo fortuite, la logique ne l’indiquant en aucune manière.

Au contraiie, quand deux vers suspendus se suivent, faisant partie d’une même phrase, si le second se trouve avec le premier dans un rappo de dépendance étroite et sert à le compléter de telle sorte qu ils forment à eux deux un tout indissoluble, c’est le second qui nécessairement po: sède l’intensité maxima la plus grande. Nous citons deux exemples :

Cette grandeur sans borne et cet illustre rafiu Qui m’a jadis coûté tant de peine et de sang. . .

Du vieux père d’Hector la valeur abattue Aux pieds de sa famille expirante à sa vue. . .

(Cf;/., II, 3-4 C.)

(. Audi -., 25-26 A 2.)

et nous transcrivons les mesures obtenues pour le premier :

St

grà

sà

bor

Ki

mô

ja

dis

kit

té

Au delà de deux vers, il semble beaucoup plus difficile de traduire Le passage suivant en fait foi :

se

til

lus

trœ

rà

ta

dce.

pèn

dce

sà

dynamiquement les 1 dations des fragments suspendus d’une même période

1. Nous rappelons que les suspensions et les fins de phrase ne sont pas liées aux signes de ponctuation, mais dépendent des convenances individuelles. >.as. D ailleurs, nous avons juge du fait en lui-même d’après les acuités, critérium qui nous semble définitif.

2. L effet produit aurait été le même aux v. 30-3 1 d 'Andromaque (A) si l’effort principal, dans ce vers 31, n’avait pas affecté Vu défavorable du mot vous Lote. — L’alexandrin.

du moins en bien de

L ALEXANDRIN FRANÇAIS

Et, comme un voyageur, sur un fleuve emporté,

Qui glisse sur les eaux par un beau soir d’été,

Et voit fuir sous ses yeux mille plaines fleuries,

Ma pensée entraînée erre en tes rêveries! (Hem., 17-20.)

R a admis qu il y a là, précédant la conclusion, deux membres dont le second, composé de deux vers, se subordonne le premier. Les intensités concordent avec les acuités et l’on trouve : v. 17 = 190'", v. 18 = 175'", v. 19 — 230“, v. 20= 125™. Pour les deux autres sujets A et E, qui ont vu dans ce texte trois groupements en dépendance musicale mutuelle, des exceptions signalées plus haut viennent troubler l’ordre attendu.

Il faut indiquer d’autre part que la règle posée ci-dessus à l’égard de deux alexandrins suspendus consécutifs ne trouve plus son application dès que les rappoits se modifient. Si le premier veis est constitue par une proposition conditionnelle et le second par une proposition principale; si le premier vers est construit en opposition avec le second — et ici nous touchons presque à l’expression pathétique — celui-ci ne se soude plus intimement à celui-là : la voix fait ressortir le contraste, puisque le sens n’indique aucune subordination. L’audibilité maxirna est comme précédemment déterminée par la plus forte suspension, mais celle-ci est contenue dans le premier alexandrin. On peut invoquer ces exemples :

Si je t’ai fait parler, si j’ai voulu t’entendre,

Je voulais que ton zèle achevât en secret. . . (Bér.. 3-4 C.)

Je connus que bientôt, loin d’être à ce que j’aime,

11 fallait, cher Paulin, renoncer à moi-même; (Bér., 18-19 C J.)

Mais, sans me soupçonner, sensible à mes alarmes,

Elle m’offre sa main pour essuyer mes larmes,. . . (Bér., 34-35 C J.)

Nous transcrivons pour le premier la déclamation de C :

Si

'le.

fi

par

lé

vu

tô

%èl

si

je

là

tâ

drœ

va

là

krè

De même dans ces vers :

Quelle honte pour moi, quel présage pour elle Si dès le premier pas, renversant tous ses droits,

Je fondais mon bonheur sur le débris des lois! (Bér., 23-25.)

Les rapports des divers membres de phrase ont été bien établis par la voix, sous la réserve de la substitution de l’intensité à l’acuité dans les groupes pathétiques du premier alexandrin, la hauteur musicale étant plus particulièrement réservée à marquer la suspension de sens. Les audibilités maxima sont celles-ci : v. 23 C = 250'", J = 285™; — v. 24 C = 2oom, J = i8om. Il s’agit de ne point brouiller l’expression, de ne point faire dépendre le v. 24 du v. 23. L’effet est atteint. Soit, dans la diction de C :

1. L’accent se déplace oratoirement : b hauteur musicale ne laisse aucun doute sur la suspension.

Page 1