RAPPORTS DES VERS ENTRE EUX I SUSPENSIONS DE SENS ET CONCLUSIONS
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(Bér., 23.)
Les divers plans de la période ont été mis en valeur par la voix.
Nous passerons maintenant au second des cas qui peuvent se présenter : deux vers à sens complet 1 se succèdent. Ici la solution est beaucoui plus simple. L’un ou l’autre en effet peut être affecté de l’accent d’intensité le plus considérable, selon la suspension de sens qu’il renferme ou Pim portance accordée à tel de ses éléments. Souvent la volonté du sujet est seule décisive, et le texte permet 'qu’on accorde la prédominance ; n’importe lequel des deux alexandrins en contact 2. Nous citerons :
J’aimais, je soupirais dans une paix profonde :
Un autre était chargé de l’empire du monde; (Bér., 10-11 C J.)
La Savoie et son duc sont pleins de précipices.
La France pour vous prendre attend des jours propices. \ (R. B., 24-25 R.)
Comme il faut combiner sûrement les manœuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres; (P . G., 37-38 EJ.)
Dans les deux premiers exemples, le premier alexandrin l’emporte pour tous les sujets. Le second, au contraire, est dominant dans le derniei exemple. On se rendra compte du détail en se reportant aux tableaux d’ensemble.
Troisième cas : un vers qui termine une période fait suite à un vers suspendu. Il n’y a pas de difficulté : l’alexandrin de conclusion présente 1 intensité maxima la moins forte, soit que la coupe offerte par le texte y soit réellement moins importante que dans l’alexandrin antécédent, soit que la fin de phrase opéré une réduction générale de l’énergie sur tous les groupes rythmiques qui précèdent la rime. La règle se vérifie toutes les fois qu il n’y a pas une des exceptions dont nous avons montré les causes. Nous signalerons donc :
Il se ramène en soi, n’ayant plus où se prendre, Et monté sur le faîte, il aspire à descendre.
Même soin me regarde, et j’ai, pour m’affliger, Ma gloire à soutenir, et mon père à venger.
Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi ; Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.
Et ne prévoit rien moins de cette obscurité Que la fin d’un amour qu’elle a trop mérité.
(■ Cinna , II, 1 3-14 C.) (Cid, 1 1 - 1 2 J . )
(Cid, 27-28 J.)
(Bér., 36-37 C J.)
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2. s agit naturellement du vers a sens complet reel, c’est-à-dire de celui que le sujet rend tel.
l’alexandrin français
Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter;
Et vous ne me cherchez que pour vous en vanter. ( Andr ., 7-8 A.)
Les deux premiers de ces vers, déclamés par C, nous ont donné les mesures suivantes :
ra
mèn
swa na
yâ
plu
prâ
drœ
mô
sur
fèt i
las
ph-
de
sâ dr(œ)
ilo
La règle ne paraît souffrir
d’autres
exceptions que
celles dont nous avons rendu
compte,
exceptions
involontai
res
quand elles sont
causées par un
timbre insuffisant, volontaires quand le sujet a voulu mettre en relief, comme C dans le second des précédents exemples, un mot important situé dans l’alexandrin de conclusion.
Quatrième éventualité : un vers suspendu succède à un vers à sens complet. Ils sont indépendants l’un de l’autre. Comme ils contiennent chacun une coupe suspensive, c est d après celle-ci que s’établira leur audibilité maxima. Les tracés montrent que l’accent dominant peut appartenir à 1 un ou à 1 autre. Nous nous contentons de citer le début des Pauvres Gens (1-3) :
11 est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Le logis est plein d’ombre, et l’on sent quelque chose
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.
Le \ers à sens complet est le premier, le vers suspendu le second, et la déclamation de tous les sujets concorde à cet égard avec les indications du texte. On trouve : v. 1 B = 85™, E = 145™, I = 200m — v. 2 B = 95™, E = 130"’, J = 200m. C’est-à-dire que pour B c’est le second alexandiin qui 1 emporte, que pour E c’est le premier; quant à J, il leur a accordé la même intensité maxima à tous les deux. On ne voit pas, en effet, que ni l’un ni l’autre, à priori, doive être privilégié.
Nous en arrivons ainsi au cinquième et dernier cas : un vers suspendu succède à une fin de phrase. Nous avons déjà exposé les caractères que re\ét la conclusion dans une période, et nous savons que la chute de la voix opère une réduction d'énergie sur la série de groupes rythmiques dont elle est immédiatement précédée, de façon à n’y laisser subsister qu’une coupe de sens moins forte, quelquefois même insignifiante. C’est donc le second vers, c’est-à-dire le vers succédant à la conclusion, qui présentera l’audibilité maxima la plus forte. Soit donc ce fragment des Pauvres Gens, déclamé par E, où la succession réelle est celle que nous venons de définir :
Il livre au hasard sombre une rude bataille,
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,...
Il li vro a \ar sô bru nœ ru dœ ba
A A AA
tà y(œ) 50-30
INTENSITÉ MAXIMA. CONFLITS ENTRE LES INFLEXIONS PATHÉTIQUES ET LES SUSPENSIONS DE SENS
Pliui
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Toutes choses restant égales par ailleurs, il en est régulièrement ainsi. Voici quelques exemples
la y(œ) 185-245
Je ne te puis blâmer d’avoir fui l’infamie;
Et de quelque façon qu’éclatent mes douleurs,...
L unique allègement qu’elle eut pu recevoir;
Et conti e ma douleur j aurais senti des charmes,... Ma générosité doit répondre à la tienne :
Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi...
Il fallait, cher Paulin, renoncera moi-même;
Et que le choix des dieux, contraire âmes amours...
(Cul, 2-3 J.) (Cid, 16-17 C J.) (Cid, 26-27 VJ.)
(Bér., 19-20 J.)
«.H* d“ JCUS qUi Süit ^ f* “ — <* Plus considérable. Les exceptions son,
nofrÜnT e" VCrtU n Jémonstr4"> «H» P°nvo„s repérer en toute certitude ce que nous avons avancé quelques pages plus haut car
cadre des groupes rythmtques les plus voisins et „ ayant jamais quune valeur relative, existe seulement en fonction du contexTou s lin Je
déji rut'' dyna,”iqUement COm'”e mUSiCalemem- «■» Entent. Nous allons les examiner brièvement : certains d'entre eux son,
les timbres déjouent la volonté du diseur. Nous chotsirons dot’tc ^
Et vous osez ! — Messieurs, en vingt ans, songez-y.
l’alexandrin français
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