Abbé Rousselot, Principes, p
2. Abbé Rousselot, Principes, p. 1048. Les notes sont indiquées en vibrations doubles; nous comptons toujours en v.s., c’est-à-dire que sol, = 196 v.d. X 2— 392 ou en gros
3. La seconde édition 11e 111’a servi que pour les tracés du sujet a.
tr* IG . 20.
l’alexandrin français
préhensibles plus loin que /, ü, û, enfin que pour une amplitude égale, â par exemple est entendu à une distance beaucoup plus grande que û
Dans le tableau de M. l’abbé Rousselot, que j’ai reproduit ci-dessus, chaque petit carré de la surface quadrillée représente soit 2 mètres de distance, soit 2 dixièmes de millimètre d’amplitude, soit 2 vibrations doubles. La première édition sur laquelle j’ai travaillé était de dimensions beaucoup plus considérables. Chaque petit carré de la surface quadrillée représentait soit un mètre de distance, soit un dixième de millimètre d’amplitude, soit une vibration simple.
J’ai procédé de la manière suivante pour l’analyse des vers enregistrés.
Il me fallait d’abord connaître les amplitudes. Je les ai mesurées au moyen du microscope. L’instrument dont nous disposons au Collège de France a été construit par la maison Nachet. Il est assujetti au-dessus d’une boîte en verre sur laquelle je posais mes tracés. Ceux-ci étaient éclairés en dessous par une ampoule électrique placée à l’intérieur de la boîte en verre. Un micromètre renfermé dans l’oculaire permet de prendre les dimensions de la vibration, de l’extrême base à l’extrême sommet, pour la ligne du nez et pour celle de la voix. Les deux chiffres sont additionnés. C’est à cause de ce micromètre que j’ai dû soumettre à un triage l’ensemble de mes graphiques, éliminer ceux qui ont été obtenus à 1 aide de grands tambours, car dans bien des cas les vibrations énormes ne pouvaient être couvertes par 1 echelle micrométrique et toute mesure exacte était par conséquent impossible. Pour la même raison, mes vers isolés 11e m offrant pas de tracés convenables, j ai dû adjoindre à la liste primitive de mes textes les alexandrins numérotés de XXII à XXV. Je les ai fait inscrire en priant mes sujets de marquer très fortement les accents d intensité .
on en verra plus loin les motifs.
Mais revenons au micromètre. Chacune de ses divisions est égale à un quart de dixième de millimètre. Pour réduire le chiffre obtenu en dixièmes de millimètres, il m’a donc fallu le multiplier par 4. Par conséquent, si la vibration examinée correspond, la somme du nez et celle de la voix une fois faites, à 10 divisions du micromètre, l’amplitude sera de 10X4 = 40 dixièmes de millimètre.
Soit donc à déterminer la distance d’audibilité pour une voyelle ê d’une acuité de 300 v. s. dont 1 amplitude est celle donnée ci-dessus. Il faut construire, sur une feuille de papier quadrillé au millimètre, une échelle mobile. Chaque petit carré représentera un dixième de millimètie. Le o de cette échelle sera reporté sur la ligne des ordonnées de dans la table de réduction jusqu au point où le 40 coupe la ligne de é. A gauche, les distances en mètres sont indiquées : nous constatons que \’ê en question a été prononcé avec une intensité qui permettait de lentendie avec son timbre exact à 65 mètres (en chiffres ronds, toutes nos mesures ayant été prises de 5 mètres en 5 mètres, sauf pour des compréhensibilités très faibles : alors, quand il a fallu indiquer des différences peu considérables, nous avons fourni des chiffres précis).
S’il faut au contraire trouver sur le tableau l’intensité d’une voyelle dont l’amplitude, la hauteur ou le timbre n y figurent pas, c est encore possible. Pour une amplitude supérieure, on prolonge simplement la courbe. Pour une hauteur de 35° v- s- Par exemple, étant donné un é semblable au précédent, on établit l’audibilité qu’il posséderait s’il était de 300 v. s., puis celle qu’il aurait s il était de 400 v. s. (té2 s°h'),
enfin, on réunit les deux points ainsi déterminés par une ligne droite. La ligne des abcisses permet de rencontrer 350 v. s. On prend la peipendiculaire pour axe des ordonnées et l’on agit ensuite comme précédemment. Au point où l’échelle mobile coupe la nouvelle construction, on a la distance cherchée. Nous n’avons usé de ce procédé que quand il s’agissait de faire apparaître des variations minimes ; généralement les courbes ordinaires nous ont suffi, et nous avons considéré 230 v. s. comme l’équivalent d’un ré2, 360 v. s. comme 1 équivalent d un soL. C était suffisant pour nous permettre de reconnaître l’accent rythmique.
Quant aux timbres pour lesquels aucune courbe n’a été fournie, nous les avons traités comme ceux qui leur sont le plus voisins. « Quelques voyelles ont été omises, dit M. l’abbé Rousselot 1 2 à qui nous laissons la parole; ce sont : a , à, è, e, i, à, 0, œ, u, œ, u. Mais nous savons par les
1. Du moins dans les limites indiquées par M. l’abbé Rousselot : « les voyelles prononcées de façon à être comprises entre 20 et 60 mètres, excepté pour les notes graves, ont des courbes qui se confondent. C’est en deçà et au delà qu’elles divergent » ( Principes , p. 1045).