Abbé Rousselot, Principes, p
l'alexandrin français
On remarque, à la ligne des intensités, que certains sommets apparaissent à des intervalles variables. C est par eux que s établit, selon les îègles que nous exposerons ailleurs, le rythme d intensité. Nous avons donc pensé, comme pour la durée et 1 acuité, que les différences entre les syllabes devaient être traduites pour l’œil par des signes particuliers. Nous avons noté par a le temps marqué principal, par A le temps marqué secondaire, sans désigner les atones d’une façon spéciale : elles sont suffisamment reconnaissables par l’absence de tout indice. Si nous reprenons par conséquent le vers cité, nous lui attribuerons définitivement la transcription suivante :
Pwè
pè
bel
fwa
ja
me
pô
vo
rr'v
rr\
L’intensité des voyelles et des semi-voyelles seules est indiquée et la sixième syllabe se lira ainsi : compréhensibilité de w — 105 m. de a, poui 520 v. s. =: 170 m., du même a , pour 460 v. s. =: 70 m.
La place du graphique où l’amplitude de la vibration doit être mesurée n’est pas indifférente. Elle est déterminée pai 1 acuité et doit être recherchée selon les indications fournies par la hauteur musicale, dans la tranche de la voyelle où le son est le plus aigu. Lorsque l’effort produit ne coïncide pas avec le maximum d élévation de la voix, nos lectures ont été faites de telle sorte que nous avons transcrit la note sur laquelle l’énergie déployée a été la plus grande : cette éventualité n’est d’ailleurs à envisager que quand il s’agit de syllabes longues. Dans les syllabes longues et brèves, il n’y a pas d’inconvénient à mesurer l’arc de la vibration immédiatement après l’explosion d’une syllabe occlusive, car cette explosion donne souvent à la voyelle une force dont il faut tenir compte. Dans tous ces cas, c’est l’amplitude la plus considérable qui doit être prise comme base du calcul. La distance de compréhensibilité peut paraître quelquefois un peu exagérée : on notera cependant que l’acuité déterminée n’est souvent pas tenue et que l’effort peut être limité à quelques vibrations pour s attenuei aussitôt.
Lorsqu’une voyelle précède une consonne explosive, il faut avoir soin de ne pas mesurer l’amplitude immédiatement avant 1 occlusion de cette consonne, car autrement on s’exposerait à des mécomptes. En effet, au moment où la bouche va se fermer, il se produit, selon la remarque de M. Bourdon ', un débit d’air plus grand, sans que l’énergie réelle en soit le moins du monde accrue. On en fera 1 expérience si 1 on prononce une syllabe comme at> contre le dos de la main. Un peu avant le commencement du p, le souffle devient plus fort; il faut donc prendre 1 amplitude de la vibration la plus éloignée de l’occlusion dans la tranche choisie.
De même quand une voyelle, dans une succession de syllabes brèves, est située entre deux consonnes explosives, on constate souvent qu elle possède à la ligne de la bouche une amplitude considérable. Celle-ci n’est point l’indice d’une intensité auditive plus importante : elle provient seulement d’une accumulation d’air produite dans le tambour 1 2 et le chiffre obtenu doit être diminué selon les indications fournies par les voyelles les plus voisines. Soit donc un groupe comme : car tu parle bâ (car tu parlais bas) ; si l’on trouve pour la voix en dixièmes de millimètre a = 6, u = 14. a = 6, e = 6, à = 12, on comptera Vu seulement pour 6 d’après les deux a placés l’un avant, 1 autre après cette voyelle. La îéduction opérée peut être de la moitié ou des deux tiers, jamais davantage ; c’est du moins ce qui ressort des nombreuses lectures faites par nous.
1. Bourdon, Année psychologique, 1897 : Application de la méthode graphique à l’étude de l’intensité de la voix.