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30 Les exclamations ou interjections sont presque toujours plus longues que les accents dont elles sont immédiatement suivies ou précédé Ce n’est point toutefois une règle sans exception, et l’on pourra comparer les deux déclamations suivantes .
1. Cependant en certains cas les sujets parviennent à être à peu près unanimes, soit qu un certain schéma paraisse plus facile, soit que la voix s empare 01 ato ■ ’ '
temps marqués auxquels elle accorde une valeur significative particulière. On peut signaler à cet égard les vers XVII, XXI, PG. 31 . Mais il \ en a e auttes eue n
éclatent : PG. 14, 18, 28.
l’alexandrin français
Porte, porte chez lui cette mâle assurance...
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On constate une fois de plus par ces deux dictions que deux accents de même importance pour le sens ont rarement la même duree et que le plus souvent l’un d’eux, quel qu'il soit, l’emporte sur l’autre.
4° La subordination des temps marqués ne s’établit pas seulement à l’intérieur des hémistiches, entre les barrières constituées par la césure et la rime. Elle est au contraire conditionnée par la valeur significative des groupes rythmiques, sans considération de place \ On citera donc deux vers qui suffisent à le prouver. Dans le premier la dépendance s’étend sur trois membres métriques, de la première à la neuvième syllabe , dans le second elle n’embrasse que deux pieds, mais dans les deux cas elle est d’une évidente netteté :
Prodiguer les doux noms de parjure et de traître. Et j’aurais bien voulu mourir en ce moment.
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(. Andr ., 18 F.)
{Hem., 14 E.)
Les conséquences de ces observations ne sont point sans présenter quelque intérêt, et Ion peut, grâce à la discussion qui précède, trancher un débat toujours pendant. Il ressort des exemples que nous avons apportés que dans l’alexandrin, et plus généralement, peut-on dire, dans la poésie française, il n’y a pas de syllabe privilégiée qui reçoive de façon absolue et constante l’accent temporel le plus considérable du vers, ou, si l’on aime mieux, il ne suffit pas que la syllabe soit seconde, cinquième, huitième, qu’elle occupe dans la série tel numéro d ordre, pour qu on puisse assurer d’avance qu’elle doit être la plus longue du vers.
Or la plupart des traités de versification reconnaissent une valeur éminente à la sixième et à la douzième syllabe de 1 alexandrin. Selon Quicherat, les accents de la césure et de la rime sont les plus importants du vers; MM. Le Goffic et Thieulin : opposent au temps marqué de l’hémistiche les toniques intérieures « légères et mobiles ». L’idée, séduisante au premier abord, et qui s appuyé non seulement sui une longue tradition, mais encore sur les déclarations d’un certain nombre de poètes, semble de celles qui résistent à une vérification minutieuse. Il
1. Il ne s’ensuit pas d’ailleurs que les divers sujets admettent la subordination dont il s’agit à l’unanimité. Il y a presque toujours des divergences, même pour les exemples qu’on présente ici, et les tableaux généraux montrent que l’appréciation personnelle joue le plus ordinairement un certain rôle dans la déclamation.
2. Quicherat, op. cil. ; en particulier, p. 135; Le Goffic et Thieulin, Nouveau Imite de versification française, ^ édit., p. 97.
LE SENS ET LE RYTHME : LA SUBORDINATION DES ACCENTS
n’en est rien : l’un quelconque des morceaux que nous avons enregistrés prouve que la loi admise par les théoriciens ne va pas sans de seneuses restrictions. Il nous suffira de présenter ici les résultats fournis par le passage d ’Andromaque qui figure dans nos tableaux d ensemble en indiquant pour chaque vers et pour chaque sujet les deux syllabes qui supportent les plus forts accents temporels .
En résumé, sur un total de 160 vers où toutes les coupes sont représentées, il y en a 65, c’est-à-dire un peu plus du tiers, dans lesquels la sixième syllabe n’a point la valeur temporelle que ferait supposer l’importance accordée par les critiques à son accent. Il est hors de doute que le poète n’a point escompté de tels résultats et que sa propre déclamation devait marquer la césure avec beaucoup plus d’exactitude que nous ne le faisons aujourd’hui : il n’en est pas moins vrai que, pour des nécessités d’expression et toutes les fois qu’il n’y a pas contre-sens, les divers sujets n’hésitent pas à modifier à leur gré les règles que semble imposer la technique classique. Quant à la rime, quoique dans 27 cas cependant elle ne soit pas l’un des deux temps marqués les plus longs du vers, elle conserve davantage les qualités que les théoriciens lui reconnaissent. La cause en est évidemment due à ce fait qu’il s’agit d’alexandrins classiques, dont chacun possède une forte individualité et se sépare nettement du suivant. Au contraire dans le passage inscrit d ’Hcniani, où le pathétique de l’expression exige un relief particulier pour certains accents intéricuis et diminue par conséquent la valeur de la rime, le total des affaiblissements s élève à 47 pour 150 veis
1. Les chiffres indiquent le numéro d’ordre des syllabes dans le texte écrit sans qu’on tienne compte des transformations opérées dans la déclamation par suite de la non prononciation de \'e muet ou par la réduction d’hiatus intérieurs.
2. Il n’y a pas de différences à cet égard entre les divers sujets, qu’ils soient professionnels (A et B) ou non ; a se conforme aussi aux régies générales que nous venons d exposer.
l’alexandrin français
Mais les groupes rythmiques tels que nous les avons définis au début de ce chapitre sont-ils stables, et le principe selon lequel les coupes s établissent d’après le sens ne supporte-t-il aucune exception ? Il y a d’abord toute une catégorie de faits qui échappent à la loi posée : ce sont les accidents emphatiques, et ils se confondent quelquefois avec les phénomènes que nous allons décrire. La distinction cependant sera nécessaire et nous tâcherons qu’elle soit satisfaisante. Il y a en second lieu d’autres faits; ils trouvent leur origine dans des raisons purement phonétiques ou dans la lenteur même de la déclamation : alors se produisent des dérogations que les pages qui vont suivre ont pour but de classer et d’expliquer.
Nous commencerons par le pied monosyllabique '. Il se conserve pur toutes les fois qu’il se trouve entre deux silences nécessaires. Si au contraire il succède directement à un autre accent, il ne subsiste que si la séparation de sens est très nette et si le relief de la longue précédente est absolument obligatoire pour l’intelligence de la pensée. Ce vers :
Il est beau de mourir maître de l’univers,
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mu
rir
mè
trœ
ni
ver