On l’appelle aussi ternaire
ALEXANDRIN CLASSIQUE ET ALEXANDDIN ROMANTIQUE
Læ
syc.
Le siècle ingrat, le siècle affreux, le siècle immonde.
klè gra læ syè Ida frœ læ syc
kliin
mo
(XXI O i°.)
Mais c'est purement accidentel, et pour que cette longue secondaire fût la caractéristique du vers romantique, il faudrait quelle ne pû, trouver place qu'à la césure seulement ; or, elle se rencontre à l'intérieur de tout pied rythmique, comme nous 1 avons montre dans les pages qu, pic
cèdent et comme le premier des deux exemples cités le prouve une lois de plus. . . , u
Il est même certain que la voix qui déclame se préoccupe assez peu des prescriptions formulées par les poetes, et que 1 alexandrin de Hugo, qui devait, dans son intention, se présenter « toujours sous la forme d'un vers pseudo-classique », s’inquiète assez peu de remplir ses destinées.
Il suffit ici de laisser parler les chiffres :
Des dots bénis, des bois sacrés, des arbres prêtres.
De
ûô
be
ni de
biua sa
kré
de
%ar
brœ prè
trœ
KJ ^
KJ
kj
KJ
KJ
Le siècle
ingrat, le siècle affreux, 1
e siècle immonde.
Læ
sye
klè
g ra
sye Ida
frœ
læ sye
kliin
mô dœ
- (XXI p 2°.)
Le premier cas est d’autant plus notable que l’on constate dans chaque groupe la présence d’un accent secondaire, sauf dans le groupe médian a la place de la césure ; mais ceci n’a rien de bien surprenant, puisque le diseur a surtout en vue, bien plus que tel mot particulier, le mem ue métrique et le temps marqué qui termine ce membre métrique. Il reste cependant que, dans les deux alexandrins cités, a majeure partie des sujets fait subir un léger allongement à la seconde syllabe de chaque pied, et par conséquent à la sixième du vers, mais la cause en est dans la constitution même de ces péons : si dans chacun d’eux un mot important ne s’achevait pas à la seconde place, l’allongement en question ne se produirait pas '. Disons donc que la présence d’un faible accent à la césure ne caractérise pas le vers romantique.
Le fait le plus intéressant que révèle notre enquête est cependant le suivant. Le ternaire, malgré l’intention de ses créateurs, a rendu possible et pourrait-on dire, fatale, une déclamation qui s’étendrait à toutes sortes d’alexandrins, sans préoccupation de la syllabe où tomberait le temps marqué. Sans vouloir empiéter sur les discussions qui ont trait à la césure et qui feront l’objet d’un chapitre spécial, on peut signaler que e vers classique connaît lui aussi dans la diction contemporaine, qui n’est point celle du xvne et du xvnff siècle, une sixième syllabe réduite a supporter, non plus le « frappé » du membre rythmique, mais un simple accent secondaire :
D’un héros qui n’est point esclave de sa foi.
e rô Ici ne pwè tes Ida vÇœ') dœ
sa
fwa
( Andr ., 16 A.)
1. Il n’apparaît d’ailleurs pas régulièrement, même quand les conditions sont les plus favorables, comme le montrent les deux exemples qui précèdent.
2. L’exemple est très caractéristique, caria 6^ syllabe n’est affectée d’aucun accent musical, ce qui prouve qu’il n’y a pas eu coupe effective.