‹ Études sur le vers françaisChapitre 91 sur 214 · POURQUOI LES VERS NE SONT PAS ISOCHRONES · texte numérisé non relu

POURQUOI LES VERS NE SONT PAS ISOCHRONES

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' -c orrpnK le second encadré entre deux vers classiques (du moins le sujet a conservé cette forme au pic- Il y a là un vers romant.que a trois accents, le second, encadre en ^ r s-c„ lenir aux durées réelles et en

felsant^a^ractkin1 ^^süerKeloe^remTe^ale'xandX^esT^e 3" 56, le second de ^2> 'e nombre des temps marqués n’est point l’unique facteur des variations dont il s agit.

Ces accélérations et ces ralentissements dans le mouvement des vers vont maintenant attirer notre attention. Pour chacun des morceaux enre- ^ s pour chaque suiet et pour chaque alexandrin, les durées on, été calculées par l’addition de toutes les syllabes, et les résultats de ces opérerions ’ quelque' peu fastidieuses on, été consignés dans de longues listes incorporées à nos tableaux généraux. La discms, .0" qm vr t sutvre ^ basée sur les chiffres ainsi obtenus. Nous nous sommes efforcé de rechercher la raison d être des var.at.ons temporelles et de formuler g

q1ZTfahSee ^sZ"rde compte > Nous nous sommes décidé pour la négative, malgré l’opinion de Becq de Fouquiéres e, de Guvau : d’ailleurs, nous avons déjà vu, par les exemples fournis ci-dessus, que les pauses ne rétablissent ,ama,s I .«chrome ^ absente t une sen de vers consécutifs Nous avons pourtant, pour un seul morceau, celui du Cii, a,oute la duree des arrêts de la votx a celle des articulât, réelles! afin de bien montrer que le phénomène n’étai, point particulier au passage analysé plus haut;. Partout ailleurs les tableaux cout.ennent

exclusivement la somme des syllabes qui constituent l’alexandrin, sans égard pour les éléments extrinsèques. |

Il faut justifier notre décision. On n’a pas fai, intervenir le silence dans la déterminatton de la valeur du vers, pas plus que dans ce e de 1 v leu de l’accent parce qu’il n’y a point là uniquement, si l’on peut dire, un fait d’expression. On le montrera plus amplement ailleurs, mais . maintenant quelques indications sont obligatoires. Des nécessités d’ordre purement physiologiques peuvent en effet forcer e ^ura ^une pa n tandis qu’un autre sujet, dont les provisions d’air on, été plus amples ou dont la capacité pulmonaire est simplement plus grande pourn , ecite plusieurs alexandrins successifs sans avoir besoin de reprendre sa respiration. En outre, les divergences entre les de e a Vincompte des silences, ne sont pas moins considérables que dans le cas contraire, mais 1 incorporât™ du temps d arrêt a la duree to ale a convénient de masquer les différences importantes, celles qui tiennent à la constitution du vers e, a sa valeur littéraire. « eca

pauses il y a un avantage certain de simplification, car, si on les néglige, on dissocie un tout trop complexe, et Ion isole ainsi des éléments don, chacun mérite un examen minutieux. Donc, valeurs temporelles d’une part, silences de l’autre, notre exposition ne peut quy gagner en clarté : tel est le parti que nous devons adopter.

1. Nous espérons que nos additions sont exactes, sans pouvoir le garantir. Elles ont cependant été vérifiées plusieurs lois. raisonne toujours

2. Pour ce fragment du Cid, les tableaux généraux donnent donc deux séries de chiffres, la première calculée sans la pause, la seconde avec la pause, je )

d’après la première. l6

Lote. — L’alexandrin.

L ALEXANDRIN FRANÇAIS

L’alexandrin le plus long que nous ayons rencontré a été déclamé par A. C’est celui-ci :

Regarde ! Plus de feux, plus de bruit. Tout se tait. (Hem., 9.)

Il est de 6" 12. Le plus court est de 1" 75 ; le voici :

Et toute la Comté jusqu’au dernier faubourg. (R. B., 15 J.)

mais il a été diminué d’une syllabe par la chute d’un e muet. On trouve au contraire 1" 98 pour celui-ci :

Il s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit (P -O., 27 GR.)

sans qu’il y ait eu réduction d’aucune sorte. Par conséquent, le vers le plus court et le vers le plus long sont dans le rapport approximatif de 1 à 3. Les variations de durée les plus considérables survenues dans un même morceau et pour une même diction sont les suivantes : 1" 75 à 3" 7 6 (R. B., 15 et 8 J), i"8i à 4" 01 ( Andr ., 12 et 22 J), 1" 95 à 3" 93 (P. G., 32 et 41 G), 2" 62 à 5" 29 (P.G., 23 et 9 B), soit un écart de plus du double.

Quant aux sujets, ils manifestent des habitudes de déclamation différentes. Les moyennes comparées sont surtout intéressantes en ce qui concerne les comédiens (A et B) et l’illettrée (a). Ce sont les premiers qui parlent le plus lentement, car ils ont été formés par et pour le théâtre. Ils savent la nécessité de se faire entendre, de mettre les mots importants en relief, et tout cela ne s’obtient que par une prononciation très distincte et peu précipitée. L’illettrée au contraire articule beaucoup plus vite et l’emporte à cet égard sur tous les autres sujets. Elle ne connaît pas les nuances et sent assez peu les effets. Elle ne met qu’un écart de 57e5 dans les 19 vers du Cid et un écart de 56e5 dans les 15 vers de Bérénice qu’elle a récités. Particulièrement dans le premier morceau, il y a chez elle des suites d’alexandrins dont les différences de durée sont insignifiantes. Visiblement elle tend vers l’égalité, et les variations temporelles de son débit concordent rarement avec celles qui se manifestent dans les autres déclamations.

Deux causes sont déterminantes de l’accroissement ou de la diminution de la vitesse :

i° La constitution interne des vers, la valeur, le nombre de leurs accents et de leurs syllabes.

20 Leur importance littéraire et le sens qu’on leur accorde.

Nous allons essayer de démontrer ces deux propositions. Mais il est besoin de quelques explications préliminaires.

Il nous a paru superflu de transcrire tous les exemples fournis par nos tableaux généraux, et quelquefois, sans qu’on en ait fait mention spéciale, les échantillons choisis ne réunissent pas toujours l’unanimité des sujets. C’est qu’alors telle divergence est tellement minime qu’on l’a jugée négligeable, ou bien elle a une cause accidentelle parfaitement définissable et qui rentre dans le cadre d’une des observations qui seront faites ailleurs.

D’autres difficultés ont surgi. Parfois un vers est seulement plus long que celui dont il est suivi, tandis qu’il est plus court que celui dont il est précédé. C’est que ce dernier vers lui-même est long pour un autre motif. Ou, si l’on veut, les causes de rapidité ou de lenteur entrent en conflit. Il est vrai d’autre part qu’un alexandrin riche en accents est plus long que les autres. Mais si deux vers de constitution analogue se succèdent, on 11e peut préjuger de celui qui aura la durée la plus grande : il est cependant certain qu’ils seront tous les deux dans un mouvement relativement lent. Toutefois à supposer que le second soit plus court, et qu’il soit suivi lui-même d’un alexandrin de valeur diminuée, il se trouve être seulement plus long que ce dernier sans s’isoler clairement dans le groupe auquel il appartient. On a cependant considéré, pour les raisons indiquées, que l’on pourrait faire état d’exemples semblables, sans qu’il fût besoin que le vers appelé long le fût à la fois plus que les deux alexandrins dont il est encadré L

1. La question s’est posée plusieurs fois, par exemple, pour les vers 4, 5, 6 d’Hernani.

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