‹ Études sur le vers françaisChapitre 96 sur 214 · L ALEXANDRIN · texte numérisé non relu

L ALEXANDRIN

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(Cf»., I, 4-5.)

Les durées respectives sont pour le premier alexandrin : C = }» 40, i = 3" 32, J = 2"9i, R = 5" 50 ; pour le second C = î" s 1 i n, J, 2" 80, R = 2" 69. ’ ’ ’ ’ > °3’

Il en est de même pour cet autre exemple :

Et comme notre esprit, jusqu’au dernier soupir... çqh j]

Il y a pour tous les sujets, saui pour C, une diminution de la valeur temporelle par rapport au v. io. C’est que C est justement le seul à avoir détaché la première syllabe en la frappant d’un fort accent \

Signalons enfin un cas intéressant :

Je ne te puis blâmer d’avoir fui l’infamie ;

Et de quelque façon qu’éclatent mes douleurs. . . çqj 2 5 ^

Dans toutes les déclamations le second vers, ayant plus d’accents, est plus long, sauf pour J. C’est que J a corrigé ainsi le texte proposé :

Je ne puis te blâmer d’avoir fui l’infamie.

Pour lui, les deux alexandrins ont le même nombre de temps marqués, et, en allongeant la troisième syllabe, il a établi entre eux une analogie qm n existait pas. Il est certain que si [«autres sujets, surtout C et R, avaient suivi son exemple ', les variations temporelles eussent été les memes pour tous, preuve bien évidente que le nombre des accents est, dans le langage, un élément important de la durée.

Cependant nous n en avons pas fini, au sujet de l’accroissement et de la diminution des vitesses, avec les causes qui relèvent de la constitution interne du vers. On a pu noter, par les chiffres cités jusqu’ici, que le nombre des syllabes n’est pas toujours identique. Les rimes féminines en effet, succèdent aux rimes masculines; on ajoute ou l’on retranche des * muets; on réduit les hiatus intérieurs sans tenir compte des diérèses

voulues par le poete. Le texte lui-même ou les libertés prises avec le texte expliquent un certain nombre des variations dont font foi nos tableaux généraux.

°" P'ul ai°Uler : Cii; 19 (pour C/R: h se m-iinticm ou augmente, pour G, seul sujet qui n'ait point mis mais en relief, elle diminue); - Cid, 26 (diminution pour

CGI , augmenta»» pour J qu, mtrodnu des aecen.s secondaires,; - Arnir., 2 s'allonge pour A parce qu'il contient un très for, accent de plus que le précédé»,) ■ - Zr “l <on,dm»„u»on partout, sauf cher J qu, présenta un for, accident secondaire en plus); P. G., 19 (en diminution pour tous, sauf pour J qui accentue uni syllabe de plus que te

a . i. 'importance de la durée de ce vers cher. J, sa faiblesse cher G ne sont point dues uniquement aux modifications des accents ; le présence ou la disparition des « muets V ont aussi leur part. On attire d’ailleurs l’attention sur ce phénomène. F muets > om

POURQUOI LES VERS NE SONT PAS ISOCHRONES t LE NOMBRE DES SYLLABES

L’examen des tracés permet d’aboutir à toute une série de constatations. Le vers de rime féminine ou celui qui présente un « féminin en surnombre e P u Ion toutes choses restant égales par ailleurs, que le vers de rime masculine don. il est précédé ou su, vu De meme, le vers dont nombre p us , Ion v!,leur tem elle plus forte, toutes autres choses restant égales, que celu, don. ,1 est nnmed.a-

'prié 1 suivi, quind ce dern.er présente une apocope ou une synérése. De deux vers enfin don, le nombre de syllabes est dunmue,

„ JvÙ qu ils ne manifestent pas entre eux d’autres différences, le plus long est celui dans lequel les réductions ont ete le moms frequentes.

Tout ceci se conçoit aisément, et le rôle joué par le nombre des syllabes se marque au début du morceau de Bérénice.

Pour jamais je vais ni en séparer.

Mon cœur en ce moment ne vient pas de se rendre. {Ber., 1-2.)

i ,pmpnt nremier vers placé par le poète dans la bouche du confident, n’a pas été prononcé. Les durées sont : v. 1 C = 2" 72,

Le commencement \ , P 1 ■>" Ç, x" 07 T= V' 24 R= 3" 21. Le second alexandrin, parce que

r 1 — 2" tq R = 2 ' sé. Mais pour le v. 2 on trouve . C — 3 69,0 3 °/>J 3-4» 3 f ,

complet, l emporte sur le premier. C’est assez naturel. Les suppressions d’e muets et les synérèses produisent les mêmes résultats. Mais ,1 faut , es

exemples. Nous choisirons d’abord des vers isolés :

Grands mots que Pradon croit des termes de chimie. (IX IL i°.)

C’est à vous, s’il vous plaît, que ce discours s’adresse. (X P.)

Ils on, été prononcés dans la même séance, à peu d’intervalle l’un de l’autre, et par conséquent dans un même mouvement déclamatoire. Voici les chiffres :

Grà

tnô

Pra

dô

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de

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kj

KJ

KJ

Se

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kj

kj

kj

KJ

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Les accents sont sensiblement de valeur égale et les accidents secondaires ou emphatiques se compensent. Cependant, d’une par, il y a n syllabes et de l’autre 13. Les durées s’en ressentent et l’on trouve : IX = 2" 87, X = 3" 22.

' On peut cependant refuser de se laisser convaincre, puisque ces alexandrins ont été séparés l’un de l’autre par quelques secondes, et que a , isp sition du sujet, pendant ce temps, a pu changer. Nous emprunterons donc ces deux vers à l’un des morceaux inscrits :

Enfin tout ce qu’adore en ma haute fortune D’un courtisan flatteur la présence importune...

{Cin., II, 5-6-)

Les déclamations ont été celles-ci

fi-

tu

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ma

for

tu

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KJ

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KJ

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L ALEXANDRIN FRANÇAIS

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(Cin., II, 5-6 )

La suppression de Ve muet amène une fois (5 î) la disparition d’un accent. Les durées respectives sont : v. 5 C

R = 2" 73. Pour le v. 6 on trouve : C = 3" 47, i = 2" 52, J = 2" 94, R= 2" 85. Partout le second l’emporte sur le premier, et lés* réductions de syllabes suffisent à expliquer les différences constatées.

Dans tous les alexandrins que nous allons citer, les augmentations de durée, constatées par nos tableaux généraux et pour certains sujets par rapport au vers antécédent ou subséquent, trouve leur explication partielle ou totale dans la règle formulée plus haut : le vers long est celui qui possède les syllabes les plus nombreuses :

Si tout est découvert, Auguste a su pourvoir... (C/n., I, 5.)

N’est que de ces beautés dont l’éclat éblouit... (C/n., II, 8.)

Demandait à l’ardeur d’un généreux courage. (C/d, 6.)

Et contre ma douleur j’aurais senti des charmes... (C/d, 17.)

Me quitter, me reprendre, et retourner encor... ( ’Andr ., 11.)

Bérénice a longtemps balancé la victoire. ( Bèr ., 6.)

Crois qu’il m’en a coûté pour vaincre tant d’amour... {Bèr., 9.)

Au lond, dans l’encoignure où quelque humble vaisselle... (P. G., 5.)

On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants. (P. G., 7.)

Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre... (P. G., 34.)

Notre assertion se vérifie d ailleurs par les différences des déclamations. Pour un même vers, il arrive que tel e muet n’est pas prononcé par un sujet tandis qu’il l’est par un autre. Les divergences s’expliquent aisément. Soient en effet deux alexandrins :

Ce pouvoir souverain que j’ai sur tout le monde, Cette grandeur sans borne et cet illustre rang. . ,

Les chiffres sont

(Cm., II, 2-3.)

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