SUITE Y
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disparut. Or la plupart des neutres latins passèrent dans le gallo-roman, et par là dans le français, sous la forme du singulier, assez semblable à celle du masculin ; ceux-là devinrent masculins : donum, n. s. — don, m.s. D’autres furent adoptés par le gallo-roman sous la forme du pluriel, semblable par la terminaison en -a au singulier féminin de la 1" déclinaison ; ces derniers devinrent habituellement féminins : pira, n. pl. — poire, f. s. () C’est ainsi que le neutre singulier folium avait donné en vieux français le masculin li feuil, et que le neutre pluriel folia donna le féminin singulier la feuille. De même, granum, n. s. — grain, m.s. et grana, n. pl. — graine, f. s.; filum, n. s. — fil, m.s., et fila, n. pl. — file, f.s. A une certaine époque, le vieux français a voulu rendre le genre masculin aux noms féminins sortis de neutres pluriels ; de là, les variations dans le genre de certains mots, comme étude, espace, évangile, foudre, œuvre, orgue, etc. Quant aux noms masculins ou féminins
en latin, le genre étymologique a généralement per-
sisté en français : Mmurus, m.— mur, m.; morlem, f. — mort, f.
(1) Abréviations : n.=neutre ; m.= masculin ; f.=féminin ; 8.=singulier ; pl. =pluriel.
C'est ce qu’explique Meyer-Lübke en quelques mots très clairs : « En général les mots romans ont le même genre que les mots latins, avec cette restriction que les neutres, la plupart du temps, à cause de leur similitude presque complète de forme avec les masculins, en ont adopté le genre, et que, lorsqu'il s’opère un changement de genre, ce n’est au fond rien autre qu'un changement de suffixe ou un changement de thème.» «
Mais diverses causes troublantes ont traversé ces règles générales, de sorte que tel mot qui étymologiquement devait être masculin est devenu féminin, et que tel autre régulièrement féminin a été fait du masculin.
Parmi ces causes de trouble, la philologie a reconnu et déterminé :
1° L'influence d’une double forme étymologique — Par exemple, Jormicum, n., avait donné le fourmi, M. ; mais formicam, Î., existait aussi et fourmi est devenu féminin.
2° L'action de la terminaison. — Féminine, la terminaison tend à donner aux substantifs le genre féminin ; masculine, le genre masculin. La désinence -e peut venir de l’a final latin de la première
(1) Grammaire des Langues romanes, tome IL, Morphologie, art. 362, p. 448 de la traduction Doutrepont.
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