‹ Études sur les parlers de France au Canada [microforme]Chapitre 19 sur 42 · L'AGGLUTINATION DE L'ARTICLE · texte numérisé non relu

L'AGGLUTINATION DE L'ARTICLE

écopeaux (les écopeaux) ® <—les+copeaux (les copeaux).

éronces (les éronces) + les+ronces (les ronces).

épelures (les épelures) ® <— les+pelures (les pelures).

Nous avons aussi écosse pour cosse ; mais écosse, qui date du XIV* siècle et que la langue littéraire adm-+, s’est formé sur le verbe écosser. Il est inutile de dire que l’e prothétique des mots commençant par sc, st, sq, comme scandale (fr.-can. escandale), statue (fr.-can. estatue), squelette (fr.-can. esquelette), n’est pas le résultat de l’agglutination. La forme escandale est régulière, et ce serait la forme classique, si l’action des lois phonétiques n’avait été entravée.

(1) D'où un écopeau.

(2) D'où une épelure.

re à

Le parler populaire franco-canadien substitue la terminaison -eux (&') à la finale française -eur (&:r) d’un certain nombre de mots. Ex. :

fr. menteur =can. menteur (mä:té').

Il en va de même dans le Normand. Mais les formes normandes en -eux ne présentent pas autre chose que la terminaison française, avec chute de l'r finale (),

Par son origine, la terminaison franco-canadienne -euz se rattache aussi sans doute au suffixe français -eur, et la chute de l’r a pu se produire d’abord sous l’infiuence des patois du nord et surtout du français du XVII siècle. Cependant le phénomène ne semble plus, aujourd’hui, présenter le même caractère, et l'examen des mots où il se rencontre chez nous paraît indiquer une extension analogique dans l'emploi du suffixe -euz (+ lat. -osus), plutôt qu’une simple chute de l’r.

(1) La chute de l’r £nale est régulière dans le ncrmand et se produit aussi bien aprês ox, f, etc., qu'après eu. Voir Cu. G. ve Guxe, le Parler pop. dans la commune de Thaon, pp. 48, 49, 60 et 144.

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