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paroisse, un village nommé Cap-de-la-Madeleine. C’est un seul nom, propre et composé.
Donc, les noms géographiques de cette première catégorie (et elle comprend tous les 9ms géographiques où entrent un nom propre accompagné ou
non de noms communs, et de tous ceux dont le sens primitif est effacé — comme Paris, Madrid, etc.) ne se traduisent pas.
C’est la règle générale dans une matière où nécessairement il y a beaucoup d’arbitraire et où l'usage crée parfois des exceptions malheureuses. Un certain nombre de noms de ce genre ont cependant varié suivant la langue parlée. On peut distinguer trois cas où cela se produit :
I. Quand il s’agit de noms anciens, connus depuis longtemps dans deux langues différentes et consacrés par l’usage sous deux formes, comme London et Londres, Anvers et Aniwerp, Suisse et Switzerland, etc. Ce cas ne peut pas se présenter chez nous. ® On n’appellerait pas Londres la ville de London dans l’Ontario.
IL. Quand, par l’addition ou le changement d’une ou deux lettres, le nom de lieu peut prendre une
(1) Sauf dans quelques noms de provinces, qui n'offrent aucun danger d'erreur et que l’usage a consacrés sous deux formes : Nouvelle-Écosse et Nova Scotia, etc.
forme étrangère, sans perdre sa physionomie propre. Exemple : Louisiane et Louisiana.
III. Quand le nom propre de personne qui a servi à former le nom de lieu existe dans les deux langues et est consacré par l’usage sous deux formes légèrement différentes. Exemple : Saint-Michel et Saint Michael. (Mais scinte Menehould n'étant pas connue sous une autre forme en Angleterre, l'Anglais dit, comme le Français, Sainte-Menehould.)
Dans ces deux derniers cas, la traduction — si c’est une traduction — se fait naturellement dans le langage courant ; elle n’est pas le fait des géographes. Il faut éviter autant que possible d’employer plus d’un nom pour désigner un endroit. Les géographes, enregistrant l’usage établi, adoptent pour une ville le nom de Saint-Jean, pour une autre le nom de Saint John ; si le peuple traduit ces noms, les emploie l’un pour l’autre, et vient à confondre dans ses discours les deux endroits, c’est
un inconvénient, et les autorités ne doivent pas l’y
engager en traduisant elles-mêmes.
Dernière conclusion sur ce premier point : Les noms formés avec des noms propres, qu’ils soient simples ou composés, accompagnés ou non de noms communs, ne doivent pas être traduits ; les noms
d'origine anglaise doivent garder leur forme anglaise, et les noms d’origine française leur forme française.
2° Noms GÉOGRAPHIQUES FORMÉS DE NOMS COM- MUNS
Ces noms sont formés de noms communs, qui, pris séparément, ont leurs équivaients dans la langue étrangère. Les noms communs viennent à former un nom propre, quand, après une évolution plus ou moins longue, ils finissent par être attribués d’une manière définitive à la désignation d’un lieu. Jusqu'à ce que cette évolution soit terminée, il
arrive qu’on traduise en langue étrangère les noms communs qui sont juxtaposés sans être encore considérés comme parties intégrantes d’un om propre composé ; mais une fois que l’usage ou l’autorité a fixé ces dénominations, aucune des parties du nom ne se traduit plus. Par exemple, tant que pour qualifier une rue, les Anglais disent que c’est «a broad way » ou «the main street », les Français traduisent ces expressions et disent que c’est « un chemin large », que c’est « la rue principale » ; mais le jour où ces mots anglais sont reconnus comme formant le nom de la rue, les Français cessent de traduire et disent « la rue Broadway »,
nus çais y »,
la rue « Main». De même, on a dit d’une anse au fond de laquelle il y avait des prairies de foin naturel, que c'était « une anse au foin », et les Anglais ont pu traduire par « hay cove » cette expression purement descriptive ; mais plus tard cette expression a été adoptée pour désigner le lieu où se trouvait cette anse, et un village s’y étant établi, on lui a donné le nom de « village de l’Anse-au- Foin » ; il n’y a plus de traduction possible, et il faut dire, même en anglais : « village of l’Anseau-Foin ».
C’est ainsi que les dictionnaires Webster, Pierce et Hempl, etc., écrivent sans traduire : La Manche, le Havre, le Pas-de-Calais, Mont-Blanc, Aix-la- Chapelle, Aix-les-Bains, (Côte-d'Or, Bouche. :u- Rhône, Franche-Comté, etc.
Les ouvrages anglais les plus soignés et qui font autorité n'écrivent pas autrement les noms de lieux français.‘ - noms géographiques franco-canadiens. Nous ne cerons que la traduction des Relations des Jésuites, publiée par Feuben Cold Thwaites : The Jesuit Relations and Allied Documenis. Etc. Voir, par exemple, le volume XLIX : « Cap-de-la- Magdeleine » (p. 12), « Isle-aux-Basques » (p. 29),
« Isle-Verte » (p. 31), « Saut-au-Mouton » (-p. 43), « Notre-Dame-de-Bon-Secours » (p. 181), ete, etc(!)
On peut consulter aussi le Typographical Dictionary of Lower Canada de Bouchette. Dans cet ouvrage anglais, les noms géogranhiques français sont presque tous conservés : Anse-à-Beaufils, Ansede-Berthier, Anse-de-l’Étang, Ruisseau-des-Anges, Arbre-à-la-Croix, Baie-à-l’Aviron, Baie-des-Allouettes, Baie-des-Rochers, Baie-Saint-Paul, Rivière- Blanche, Isles-Brülées, lac Calvaire, Cap-Chat, Cap-Rosier, Cap-Rouge, Cascades, Isle-Castor, les Cèdres, Lacs-des-Chats, Rivière-des-Chênes, Rivière-aux-Chiens, Rivière-Croche, Rivière-du-Nord, Rivière-du-Loup, Rivière-de-l’'Eau-Chaude, Échaffaud-aux-Basques, Rivières-des-Femmes, Petite- Ferme, Forges - Saint - Maurice, Petite - Fourche, Grande-Fourche, la Friponne, Rivière-aux-Glaises, Rivière-du-Gouffre, Grande-Rivière, Grande-Vallée-des-Monts, Gros-Ruisseau, Grosse-Roche, Isleaux-Coudres, Isle-aux-Noix, Isle-du-Portage, Capde-la-Madeleine, Lac-Vert, Isle-du-Large, Rivière-
(1) Dans Thwaïtes comme dans les Sfatuts, on a omis presque partout les traits d'union ; nous les rétablissons, car la règle, en français, est de mettre des traits d'union entre les parties d’un nom propre de lieu, sauf après l’article qui commence un nom. Le dictionnaire Pierce & Hempl observe cette règle.
aux-Loutres, Longue-Pointe, Rivière-du-Moulin, Rivière-Noire, etc., etc.
De même, dans les Mémoires des Commissaires, au sujet des limites de l’Acadie ou du Canada (1755-1763), les Commissaires anglais respectent toujours les noms géographiques français et ne les
traduisent pas.
On doit donc conclure d’une manière générale que les noms géographiques, même ceux qui sont formés de noms communs, ne se traduisent pas d’une langue dans une autre.
C’est aussi ce que nos législateurs, à qui il appartient de constituer en cornoration nos municipalités et de consacrer officiellement leurs noms, ont généralement observé. En effet, la version anglaise des Statuts refondus de la province de Québec, sections 64 et 69, en déterminant les districts électoraux et les divisions pour le Conseil législatif, donne sans les traduire la plupart de nos noms géographiques français : Mille-Isles, () Ile-Saint-Ignace, Ile-Madame, Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland, l’Assomption, Ile-Ronde, Ile-à-l’Ours, Iles-au-Sable, Ileau-Castor, Ile-au-Foin, Ile-aux-Fênes, Ile-du-Peds
(1) Voir la note précédente,
(plusieurs pensent qu’on devrait écrire : Ile-Dupas, malgré l'orthographe donnée par M Plessis), Iledes-Plantes, Ile-à-l’'Orme, Ile-au-Noyer, Ile-à-la- Cavalle, Ile-du-Nord, Ile-du-Milieu, Ile-au-Sable, Ile-à-l’Aigle, Ile-à-la-Grenouille ®, Saint-Micheldes-Saints, Baie-des-Chaleurs, Cap-de-la-Madeleine, Saint-François-Xavier-de-la-Petite-Riière, Ile-aux-Coudres, Baie-Saint-Paul, Pointe-au-Pic ©), Saint-Joseph-du-Lac, Sainte-Brigitte-des-Sauts 6), l’Anse-de-l’Étang, la Grande-Vallée-des-Monts, Cap-Chat, Cap-Rosier, Longue-Poirte, Pointe-aux- Trembles, Rivière-des-Prairies, Sault-au-Récollet, Côte-Saint-Louis, Côte-des-Neiges, Notre-de-Damede-Grâces-Ouest, Pointe-Ulaire, Notre-Dame-de- Liesse-de-la-Rivière-Ouelle, Ile-au-Cerfeuil, Ile-au- Bois-Blanc, Saint-Roch-des-Aulnets, Saint-Jean-
(1) Dans ces mots et les autres de même forme, si l’on voulait se servir du mot «tle » comme simple mot descriptif et n’en point faire une partie du nom, on écrirait : «tle des Plantes », et l’on traduirait : « des Plantes Island ». Mais les Statuts ne traduisent pas.
(2) La version anglaise des Statuts écrit Pointe-au-Pic avec des traits d’union.
(3) Les Statuts écrivent « St. » au lieu de « Saint». C'est une faute ; car ce mot fait partie du nom et n’est pas traduit, puisque au féminin les mêmes Statuts écrivent « Ste. au lieu de « Sainte ». En français, on écrit régulièrement « Saint, Sainte », au long ; cependant, dans les ouvrages de géographie, on peut abrêger et écrire : 4 St » et « Ste », mais sans point.
upas, , Ile- -à-lasable, ichel- Tadevière, ic ©, ts (8), [onts, -auxollet, )Jame- 1e-dele-au- Jean-
si l’on scriptif île des fais les
ic avec
C'est raduit, au lieu { Saint, raphie, int.
Port-Joli, Notre-Dame-de-la-Victoire, Saint-Davidde-l’Auberivière, Saint - Narcisse - de - Beaurivage, Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup, Grosse-Ile, Ile-Sainte-Marguerite, Ile-aux-Reaux, Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, l’Ange-Gardien, Château-Richer, Notre-Dame-de-Bonsecours, Portagedu-Fort, Saint-Félix-du-Cap-Rouge, Ile-de-Grâce, Ile-aux-Corbeaux, Ile-à-la-Pierre, Ile-du-Moine, Ileaux-Raisins, Sainte-Anne-de-la-Poin:e-au-Père, Mont-Joli, Saint-Pierre-de-la-Pointe-aux- Esquimaux, Mille-Vaches, Saint - Joseph - des - Cèdres, Saint-Ignace-du-Coteau-du-Lac, la Présentation, la Pointe-du-Lac, Sainte-Rose-du-Dégelé, Sainte- Anne-des-Plaines, Sainte Âgathe-des-Monts, Saint- Antoine-de-la-Baie-du-Febvre, Saint-Joseph-de-la- Pointe-Lévy, etc., etc., etc.
De même, la version anglaise des Statuts Refondus du Canada de 1906, au chapitre 5 (Representation Act, Schedule), conserve leur forme française à la plupart de nos noms : Saint-Norbert-du-Cap- Chat, Rivière-du-Sud, Saint-Félix-du-Cap-Rouge, Notre-Dame-de-Lourdes, Saint-Louis-de -Bonsecours, Sainte - Victoire, Saint - Basile - le - Grand, Sainte-Marie-de-Moanoir, Saint-J ean-l’Évangéliste, la Présentation, Sainte-Marie-Madeleine, Notre- Dame-des-Anges, la Visitation-de-l’Ile-du-Pads,
Saint-Paul-l'Hermite, Saint-Roch-de-l’Achigan, Sault-au-Récollet (”, Saint-Joseph-de-la-Rivièredes-Prairies, Longue-Pointe, Pointe-aux-Trembles(? Côte-Saint-Louis, Côte-de-la-Visita‘‘on, Côte-des- Neiges, Côte-Saint-Paul, Notre-Dame-de-Grâce, Sainte-Anne-du-Bout-de-l’Isle, Saint-Joachim-dela-Pointe-Claire, etc., etc., etc.
Du reste, un grand nombre de ces noms ont été fixés dans leur forme française par des lois. Par exemple, la version anglaise de la loi 60 Vic., ch. 62, qui constitue en corporation la cité de Saint- Henri, ne lui donne pas pour nom 4 city of Saint Henry », mais « city of Saint-Henri » (écrit correctement : Saint-Henri, ou St-Henri). Citons encore quelques noms français, tels qu’on les trouve dans les lois qui les ont consacrés : « Municipality of Grande-Baie,» ® 22 Vic., ch. 69. « Municipalitÿ of l’Étang-du-Nord », 37 Vic., ch. 43. « Parisk of Saint-Pierre-de-la-Pointe-aux-Esquimaux », 36 Vic., ch. 30. « Village of Psinte-au-Pic », 40 Vic., ch. 41. « Village of Cote:u-Saint-Pierre », 56 Vic., ch. 61. « Village of la Côte-des-Neiges », 52 Vic., ch.
(et (2). Les Statuts mettent ici des traits d’union.
(3) Nous rétablissons seulement les traits d'union omis et nous écrivons « Saint, Sainte », au lieu de € St., Ste. ». Voir plus haut la note à ce sujet.
gan, èrees (2) desâce, -de-
L été Par , ch. aint- Jaint rrecicore dans y of ality sk of Vic., , Ch.
., Ch.
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mis et Voir
85. « Village of Grand’Mère », 61 Vic., ch. 61. « Village of la Petite-Côte », 58 Vic., ch. 59. « Pointe-aux-Trembles », 52 Vic., ch. 95. « Portage-du-Fort », 52 Vic., ch. 57. « Saint-Félix-du- Cap-Rouge », 36 Vic., ch. 36. Etc., etc., etc.
Dans les proclama'ions officielles érigeant les municipalités, on a aussi observé cette règle. Nous ne citerons que quelques noms, tels qu'ils se trouvent dans la version anglaise, avec la date de chaque proclamation : Saint-Ambroise- de-la - Jeune -Lorette G), 9 octobre 1835 ; Portage-du-Fort, 25 août 1861 ; Mont-Joli, 23 octobre 1880 ; Sainte-Anne-dela-Pointe-au-Père, 10 octobre 1882; Rivière-du- Loup, 11 janvier 1842 ; Notre-Dame-du-Portage, 19 juillet 1856 ; Sainte-Rose-du-Dégelé, 24 septembre 1885 ; Trois-Pistoles, 18 juin 1845 ; Ch4teau-Richer, id. ; Saint-François-de-la-Petite-Rivière, id. ; Saint-Louis-de-l’Isle-aux-Coudres, id. ; la Baie-Saint-Paul, 13 mars 1893 ; Rivière-Ouelle, 18 juin 1845 ; Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, id. ; Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues, id. ; Cap- Saint-Ignace, id. ; Saint-Jean-Port-Joli, id. ; Très-
(1) Nous rétablissons seul:ment les traits d'union omis, et nous écrivons « Saint, Sainte », au lieu de « St., Ste. ». Voir plus haut la note à ce sujet.
Saint-Sacrement, 2 avril 1885 ; Saint-Stanislas-dela-Rivière-des-Envies, 18 juin 1885 ; Saint-Charlesde-Charlesbourg, id. ; Saint-Félix-du-Cap-Rouge, 11 mars 1872; (dans la proclamation érigeant Saint-Charles-de-Charlesbourg en corporation, version anglaise, on trouve que cette paroisse comprend les endroits appelés « Petit-Village, Gros-Pin, Bourg-Royal, Bourg-la-Reine » ) ; etc., etc., etc.
Il nous paraît donc que les noms géographiques de la province de Québec ne doivent pas être traduits, que les noms d’origine anglaise doivent garder leur forme anglaise et les noms d'origine française leur forme française, et que par conséquent il n’y a pas lieu de faire une double nomenclature.
C’est ce qu’on a compris aux États-Unis. La Louisiane, ancien pays de langue française, a conservé la plupart de ses vieux noms. Sans doute, et suivant la règle que nous avons rappelée, on traduit en anglais les noms communs qui ne font pas partie intégrante du nom propre ; par exemple, le lac Chien s’nppelle, en anglais : «the lake Chien » ; le lac Bœuf, «the lake Bœuf » ; la pointe Coupée, {the point Coupée » ; mais la région qui emprunte son nom à cette pointe de terre se nomme, en
La conle, et iduit artie
) ; le upée, unte
anglais comme en français, Pointe-Coupée. De même, on a conservé, dans la Louisiane, sans les traduire, les anciens noms français de lieux tels que t Terre-Bonne, Grand-Chenier, Paincourtville, la Clinche, Isle-du-Pied, Grand-Marais, Bâton-Rouge, Grosse-Tête, Châtaignier, Plaquemine-Brulée, la Fourche, Rapides, Bienville, Layou-la-Chute, Fouge, Raccourci, Rigolets, Terre-aux-Bœufs, etc., etc.
C’est de pareils exemples et de ces principes q:‘il faut s'inspirer pour établir la nomenclature géc :aphique de la province de Québec.
QUESTION D'ÉTYMOLOGIE (Cheniquer)
Cheniquer (eniké) est un verbe intransitif du parler franco-canadien. Il signifie : renoncer à la lutte sans coup férir, céder lâchement devant un adversaire, manquer de courage, abandonner une entreprise par crainte d’insuccès ou de danger. Il ne va pas sans un certain mépris ; on chenique, quand on recule devant un obstacle, une difficulté, que, par honneur, devoir, ou parole donnée, on était tenu de rencontrer. Cheniquer est l’acte d’un lâcheur, d'un peureux, d’un couard, d’un lâche. Par exemple, Pierre s’est vanté qu'il frotterait les oreilles à Jean ; rendu sur le terrain, il refuse de se battre : il chenique. Deux amis conviennent de faire quelque chose ensemble, l’un d’eux refuse ensuite : il chenique. Parfois, cheniquer signifie simplement céder, plier. Aux enchères publiques, deux enchérisseurs se disputent un objet mis en vente ; le premier renonce à acquérir cet objet et retire sa mise: il chenique.
D'où vient ce mot ?
Le verbe eniké du patois manceau (=boire), dérivé de l’allemand schnick (qui figure dans Littré), n’a pu exercer ici aucune influence.
Aussi fait-on venir généralement cheniquer de l'anglais to sneak : s’esquiver, fuir comme une personne qui aurait honte, qui ne voudrait pas être vue.
D'autre pensent que cheniquer nous vient des parlers de France, et qu’il a été tiré d’une forme
latine * canicare.
Il s’est fait là-dessus, il y a quelques années, un certain débat, © et les partisans de l’étymologie ‘par le latin ont prétendu que *canicare, forme non at-
testée, avait pu exister et aurait dû donner cheniquer.
(1) Voir Semaine religieuse de Québec, 1902, t. XV, pp. 44, 73, 100, 147, 184 et 213 ; Bulletin du Parler français au Canada, 1903, t. I, pp. 121 et 144 ; Revue des Parlers populaires, Paris, 1903, t. II, pp. 43 et95. Dans la Note où il résumait le débat, M. C. Guerlin de Guer, alors directeur de la Revue des Parlers populaires, déclarait : « La forme cheniquer ne me paraît pas d’origine romane... L’hypothétique *canicare, s’il existait, donnerait tout autre chose que cheniquer »... (Sur quoi on demanda ce que * canicare eût donné en français, et pourquoi il n’eût pas donner cheniquer.) Et pour justifier l’étymologie par l'anglais, M. Guerlin de Guer ajoutait :
« J'engage les membres de la Société du Parler français au Canada à rechercher si le canadien n’offre pas quelque exemple de ch <— s + consonne dans les mots empruntés à l'anglais, ou si, par exemple, l’argot américain n’aurait pas modifié la forme de l'anglais primitif to sneak en une forme to shneak, qui donnerait le mot de l’énigme.»
tait, i on "quoi logie
is au mple s, ou orme
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